‹ Les Endocardites Malignes dans la Chorée de SydenhamChapitre 20 sur 34 · PHARE · texte numérisé non relu

PHARE

n’a jamais présenté d'accidents rhumatismaux ni de fièvre éruptive. Cette jeune fille eut à l’âge de 8 ans une première attaque de chorée durant six semaines et qui s’accompagna d’endocardite. Depuis cette époque, elle $é plaint de céphalalgje, de dyspnée, de palpitations, d’œdème des jambes et d’un certain degré d’œdème de la face.

Cette malade rentra pour une aggravation de ces signes fonctionnels. L’examen du cœur révéla un souffle systolique de la pointe et un double souffle au foyer aortique. Le souffle au deuxième temps était aspiratif, le souffle au premier temps était au contraire rude. :

On vit bientôt se déclancher les signes les plus nets d'insuffisance cardiaque. La malade eut de petites hémoptysies, des épistaxis, les veines du cou étaient turgescentesS, les lèvres et le nez cyanosés. Le foie déborda les fausses côtes; l’ascite, et l’aidème des membres inférieurs complétèrent ce tableau clinique déjà si intense.

Puis on assista à une diminution considérable de la tonicité du myocarde : le choc de la pointe devint imperceptible, la matité cardiaque s’agrandit aussi vers la droite que vers la gauche et on constata un souffle systolique rude près du bord gauche du sternum, à hauteur du choc de la pointe, que l’on considéra à juste titre comme un signe d'insuffisance fonctionnel de la tricuspide en raison des signes précédents et de l'apparition de battements hépatiques très nets synchrones au pouls qui était irrégulier et faible. Il y avait de l’albumine dans les urines.

L'enfant mourut six mois après son admission.

Autopsie. — Elle révéla un épanchement ascitique abondant et un hydrothorax droit.

Le cœur était, ainsi qu’on pouvait s’y attendre, énorme car il était hypertrophié et dilaté. Il pesait 600 grammes. On notait des adhérences péricardiques à la pointe. Une des valves de la mitrale a disparu presque complètement

nANTEe

et elle est remplacée par un moignon de consistance cartilagineuse, En même temps, on note une rétraction des muscles papillaires qui aurait entraîné certainement un rétrécissement de l’orifice imitral si le cœur n’avait été considerablement dilaté. L’orifice aortique est rétréci par les valvules sigmoïdes dont les surfaces tomenteuses sont considérablement tuméfiées et insuffisantes par suite de la perte des substances marginales. Quelques végétations récéntes sur le bord libre de la tricuspide. On note de l’inflammation de loreillette gauche sur la cloison interauriculaire. À

Noyau d’apoplexie pulmoraire dans le poumon droit. Foyers apoplectiques dans le poumon gauche. Rien à l'examen des centres nerveux. |

(Docteur ComBy, in Thèse de Dyvrande. — Résumée).

Comby rapporte l’histoire d’une fillette âgée de 10 ans dans les antécédents de laquelle on note une rougeole à 3 ans et une angine à 9 ans. Cette jeune fille présente depuis 10 jours une chorée généralisée, d’intensité moyenne, avec bon état général. À l’auscultation du cœur on entend un souffle présystolique. Tachycardie.

Dix jours après son entrée la malade présente une légère température vespérale et meurt dans la nuit.

Autopsie. — Endocardite mitrale ancienne avec rétrécissement de ses orifices et endocardite végétante récente. Le poumon est criblé de noyaux apoplectiques et il y a deux embolies pulmonaires volumineuses, conséquence du rétrécissement mitral, qui ont entraîné la mort subite.

OBSERVATION N° 24 (Résumée).

Cook et CLIFFARD ont rapporté une observation dans

PSE L: EE

laquelle une fillette de 9 ans fut prise d’hémichorée droite bientôt généralisée et compliquée de délire. Dès son entrée à l'hôpital on constata des mouvements choréiques yiolents, le pouls est à 160 pulsations, le visage exprime la terreur. Les jours suivants, la petite malade pousse des cris, les selles sont involontaires, il y a incontinence d'urine; les battements du cœur sont précipités et le pouls devient imperceptible, la respiration irrégulière et saccadée. La malade meurt au sixième jour de sa chorée,

Autopsie. — Le cerveau et la partie supérieure de la

moelle sont sains. Quelques végétations sur la valvule mitrale.

Ainsi, dans la plupart de ces observations, il r’existe pas d’antécédents infectieux quelconques, la chorée éclate et en même temps l’endocardite. De tels faits sont en faveur de l’origine choréique de l’endocardite, opinion soutenue par Osler, Brukley et Pianese. Dans ces conditions, l’endocardite maligne que l'on constaterait serait une véritable endocardite maligne spécifique, primitive ou secondaire à une prerière inflammation du péricarde.

Cette théorie permet de comprendre la nature de ces chorées, qui surviennent indépendamment de toutes espèces d'infections d’une façon tout à fait solitaire (19 cas sur 76 dans la statistique de Marfan, 23 dans la statistique de Roger.

D'ailleurs, il est à remarquer que dans les autres groupes, si la nature choréique ne peut être affirmée parce qu’il existe d’autres manifestations susceptibles de déclancher une endocardite, elle ne peut cependant

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