‹ Les Endocardites Typho-Paratyphiques: Contribution à l'Étude des Septicémies ÉberthiennesChapitre 3 sur 17 · ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE

ENDOCARDITES CURABLES

Nous serons bref sur les faits de cette catégorie : s’ils sont les plus nombreux, ils restent tous contestables.

Il est remarquable qu’à l'inverse des endocardites de l’éberthémie sans typhoïde clinique, tous les cas publiés d’endocardite curable au cours de la fièvre typhoïde s’échelonnent entre 1874 et 1900, à très peu d’exceptions près.

Est-ce à dire que cette éventualité, jadis relativement fréquente, ne se rencontre plus aujourd’hui ? Ce n’est guère vraisemblable, encore qu’il ne soit pas douteux que les maladies se transforment avec le temps. Il est plus logique de penser que la clinique moderne permet une plus grande exactitude diagnostique, et que de nombreux faits jadis étiquetés endocardites curables de la typhoïde, seraient aujourd’hui rangés dans un autre cadre, et en particulier dans celui du rhumatisme cardiaque. On n’a pas assez remarqué, en

Etap

effet, que la plupart de ces faits ont été décrits chez l'enfant : « sur la centaine des cas d’endocardite épars « dans la littérature, près de la moitié intéresse l’en- « fance. Or, 30 % seulement des cas de typhoïde se « produisent avant 15 ans » (1). Mais on sait aujourd’hui combien est fréquente chez l’enfant l'atteinte cardiaque rhumatismale en dehors de toute « coïncidence » avec des manifestations articulaires bien nettes. Et précisément parce que ces faits sont de notion assez récente, comment ne pas penser que bien de ces anciennes endocardites, prétendues typhiques, étaient, en réalité, rhumatismales ? Dans un ordre d'idées analogue, on doit aussi tenir compte de ce fait que ia fièvre typhoïde présente souvent, chez l’enfant, une symptomatologie plus fruste que chez l'adulte.

Il n’est pas douteux, d’autre part, que, pour rendre indéniable l'existence de l’endocardite typhique curable, il faudrait pouvoir lui donner une individualité séméiologique et évolutive particulière. Or, rien de plus disparate, rien de moins homogène que ce groupe de faits; rien de plus banal aussi. Et tous les auteurs s’accordent pour dire que ces endocardites sont « tout à fait comparables à celles que cause la maladie de BouiLrauD » (2). Rien donc, sauf la coïncidence avec une fièvre typhoïde, ne les distingue des endocardites rhumatismales.

Tels sont les arguments préjudiciels qui permettent

(1) STEpowsKkI. Thèse de Paris, 1908, p. 11.

(2) Professeur NoBÉCOURT. Journal des Praticiens, 27 avril 1929, p. 275.

A pers

de suspecter, dans l’ensemble, la spécificité de ces endocardites curables.

Toutefois, il faut reconnaître que, l’existence de lendocardite typhique maligne n’étant pas contestable et celle-ci pouvant montrer tous les types connus de lésion de l’endocarde, il reste vraisemblable que le bacille d’Eberth puisse également produire l’endocardite simple, curable.

BoucxurT, en 1874-75 ; le Professeur NoBÉcouRT, en 1908 dans la thèse de son élève Srepowsxi, et en 1929 dans une leçon clinique; LANDouzY et SIREDEY, dans un mémoire souvent cité, ont spécialement étudié ces formes curables, ceux-ci chez l’adulte, ceux-là chez l'enfant. Des faits isolés ont, d’autre part, été publiés ; soit, au total, et en éliminant ceux où la simple indication : « souffle », ne saurait rien prouver, ainsi que les cas d’arthro-typhus, une quarantaine d'observations.

Notons d’abord qu’il s’agit toujours d'infection à bacille d’Eberth, sauf deux cas à bacille paratyphique À, et un cas à bacille de Gaertner. Ces trois cas de parathyphoïde ne diffèrent d’ailleurs cliniquement en rien des cas éberthiens ; il est donc possible que parmi ces derniers, dont la plupart sont antérieurs à la découverte des bacilles paratyphiques (1896), il s’en trouve quelques-uns qui soient des paratyphiques.

Voici maintenant, plus ou moins résumées, quelques observations qui nous ont paru les plus intéressantes par l’abondance des détails.

SRE. MAD

Obs. 1 (GUINON) (Société de Pédiatrie, avril 1900, t. IX, p. 132).

RÉSUMÉ. — Typhoide au cours d’une épidémie. Péricardite puis endocardite. Guérison. Séquelle : Insuffisance mitrale et peut-être rétrécissement.

Marie H..., 15 ans, est prise en septembre 1899, d’une fièvre typhoïde au cours d’une épidémie qui atteignit six personnes dans un même château et causa la mort de l’une d’elles.

Au quatrième jour, la température est à 39°5. On fait le diagnostic de fièvre typhoïde, mais, frappé par la pâleur de l’enfant, on ne prescrit que des bains tièdes.

Dès le sixième jour, le cœur est trop bruyant, mais régulier et peu rapide.

Peu à peu, la température restant aux environs de 39°, le pouls s'accélère et passe de 90 à 100 et 110; il s’affaiblit un peu. La région précordiale est soulevée par une ondulation violente. Cependant, à ce moment-là, dixième jour, il n’y a pas de bruit anormal, mais les bruits normaux sont très violents. On donne de la strychnine.

Treizième jour : A l’auscultation, bruit fort, superficiel, difficile à localiser, très inconstant, qui ressemble à un frottement péricardique ou à un bruit extracardiaque.

Cœur dilaté. Pâleur. Polypnée. Douleur profonde à l’épigastre.

Seizième jour : pouls 120. Bruits du cœur plus sourds. Le bruit anormal est devenu franchement diastolique et a pris nettement le caractère du frottement, Diagnostic: péricardite avec faiblesse du myocarde. Suppression des bains. Glace sur le cœur. Spartéine.

Les jours suivants : persistance du frottement. Bruits du cœur sourds.

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