‹ Les Endocardites Typho-Paratyphiques: Contribution à l'Étude des Septicémies ÉberthiennesChapitre 6 sur 17 · HO N · texte numérisé non relu

HO N

Le 12 octobre 1928 au matin, l’enfant se réveille mal à l’aise avec une température de 38°; le soir, elle accuse une céphalée frontale avec photophobie; le thermomètre s’élève à 40°1. Les jours suivants la fièvre persiste, en diminuant graduellement, et elle a de la diarrhée. Au bout de 10 jours, la température devient normale, 37° le matin, 36°8 le soir.

Le 22, elle sort ; mais le soir la température remonte à 38°4. Les jours suivants, elle présente des oscillations ascendantes, jusqu’au 25 octobre, où elle atteint 38°6 le matin et 40° le soir. En même temps la diarrhée reparaîit.

On fait entrer l’enfant à l’hôpital le 26 octobre.

La malade est légèrement prostrée ; elle reste immobile. Elle est pâle, a les yeux cernés, la langue saburrale au centre, rouge sur les bords. Le ventre est un peu ballonné, mais indolent. On ne voit pas de taches rosées.

La rate est palpable ; comme elle est mobile, il est difficile d’affirmer la splénomégalie. Le foie a un volume normal.

Dans la journée surviennent trois selles diarrhéiques.

Les poumons sont normaux à l’examen clinique et radioscopique ; les bruits et le volume du cœur sont normaux ; le pouls est rapide (140 pulsations), la pression au Vaquez est de 10-7.

La cuti-réaction à la tuberculine est négative.

On pense à une fièvre typhoïde sans oser l’affirmer.

Le 27 octobre, l’état est le même ; la température est de 38°9 ; 38°4.

Le 28, la température qui est de 38°9 le matin s’élève à 40°2 dans l’après-midi, en même temps qu'apparaît pendant quelques heures un érythème scarlatiniforme.

Le 29, on pratique une hémoculture qui donne du bacille d’Eberth : le diagnostic de fièvre typhoïde est donc confirmé.

Le 30, la température est de 38°8 et 39°, le pouls tou-

jours rapide, à 135. On entend, dans le quatrième espace gauche, près du sternum, un bruit râpeux succédant au premier bruit, qui augmente dans le décubitus latéral gauche ; il paraît bien être un frottement péricardique.

Le 31 octobre, le bruit anormal est plus fort ; à la radioscopie le cœur présente un volume normal ; le thermomètre marque 38°, 38°8.

Le 2 novembre, la température est de 38°2, 38°1. Pouls à 140, la pression au Vaquez un peu abaissée : 9,5-5.

On perçoit, au foyer mitral, un premier bruit sourd et un souffle systolique ; ce souffle, qui siège exactement sur la pointe, et est constant, paraît bien être organique. On croit devoir porter le diagnostic d’endocardite mitrale.

Depuis cette date, la température s’abaisse jusqu’à 37° le 5 au matin ; puis elle persiste irrégulière, montant certains jours à 38°3 et à 38°5 et même à 40°2 ; enfin le 13, l’apyréxie s’installe et persiste. Le pouls tombe à 100, le premier bruit mitral reste sourd, le souffle systolique persiste plus ou moins intense suivant les jours.

Les orthodiagrammes dessinés par M. Duhem montrent un agrandissement du cœur portant surtout sur les cavités droites et un peu aussi sur le ventricule gauche.

Le 3 décembre la température est de 36°8, l’état général satisfaisant, l’enfant a maigri un peu, ne pèse plus que 14 kgs 600 ; le pouls est à 100.

Le cœur reste un peu gros. Le premier bruit mitral est sourd. Sur la pointe on entend un souffle systolique léger, un peu vibrant, constant, qui se propage jusque vers le milieu de l’aisselle. Le foie et la rate ont un volume normal. Les urines sont normales, ne contiennent pas d’albumine.

L'enfant poursuit sa convalescence en complète apyrexie. Son poids augmente. Son pouls est à 96, régulier, bien frappé. La pointe du cœur bat dans le cinquième

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