ER
espace. On entend toujours, au foyer mitral, le souffle systolique propagé dans l’aisselle.
Somme toute, cette enfant tombe malade le 12 octobre ; elle a une fièvre pour laquelle on ne porte pas de diagnostic. Elle entre ici pour une reprise de la fièvre ; il s’agit d’une fièvre typhoïde, très vraisemblablement d’une rechute. Au neuvième jour de cette rechute, on entend un frottement péricardique discret ; le douzième jour on constate un assourdissement du premier bruit et un léger souffle systolique mitral. L’hémoculture ayant montré la présence dans le sang du bacille d’Eberth, il est permis d’admettre l’existence d’une endocardite mitrale à bacille d’'Eberth.
Obs. VI (MARCHAL, FATOU, HEIM DE BaALsac) (Bull et Mém. de la Soc. Méd. des Hôp., Paris, 1932, 10 juin, p. 996).
RÉSUMÉ. — Typhoide atypique. Crises d’hypertension artérielle. Rechute. Guérison. Insuffisance aortique apparente à la convalescence, six mois après le début de la maladie.
M. Dum.….., âgé de 38 ans.
Le 1° juillet 1928, malaises encore peu précis, céphalée, température à 38°5, courbature générale, asthénie.
Les deux jours suivants, la température monte à 39°6. Diarrhée. Dès ce moment, application en permanence de glace sur l’abdomen. La langue est très saburrale et humide. Pas d’épistaxis.
Les deux jours suivants, amélioration apparente, la température tombe à 38°. Cependant, le météorisme abdominal et la diarrhée persistent. Apparition de taches rosées, D'ailleurs, quinze jours auparavant, le malade, en
villégiature à Saint-Cast (Bretagne), avait bu de l’eau de puits et mangé des coquillages crus. Plusieurs jours avant la constatation du début fébrile : céphalée tenace.
Le 6 juillet, apparition brutale d’une hémorragie intestinale abondante (sang rouge) et prolongée (mélæna durant cinq jours) ; la température reste à 38° ; le pouls à 100, sans dicrotisme.
Le 7 juillet, la température reste à 38°, le pouls tombe à 90, la tension artérielle (Vaquez-Laubry) à l’humérale est de 20-13.
Les deux jours suivants (fin du melæna) la température tombe à 37°4 alors que la tension artérielle est de 19,5-12,5.
A partir du 9 juillet, la température remonte en échelons jusqu’à 39°, légère prostration. Diurèse abondante (2 litres), avec albuminurie légère et transitoire. La tension artérielle est de 17-11 le 13 juillet.
Du 14 au 25 juillet, la température revient en lysis à 37° ; le pouls passe de 100 à 78, et la tension artérielle après une courte phase ascensionnelle (20-14 le 18 juillet) tombe progressivement à 14,5-10 le 23 juillet. Simultanément disparition progressive de la diarrhée, de la céphalée et de l’hébétude. Diurèse : 1.400 ce.
Le 26 juillet, réalimentation prudente (potage, compote) malgré l’anorexie persistante.
Le 27 juillet, début de la rechute, la température remonte à 38°6, avec pouls à 90.
Le 28 juillet, la réascension thermique atteint 40°2; le pouls est régulier à 128 ; la tension artérielle est 16,5-9. L'état de tuphos est bien plus marqué qu’à la première atteinte. Un point vésiculaire douloureux existe à la palpation ; le météorisme abdominal est marqué. La rate, augmentée de volume, est percutable sur un travers de main. Langue saburrale, mais non rôtie. La diurèse atteint 1.200 cc. dans les vingt-quatre heures,
Le 29 juillet, même état de tuphos avec température à 40°8, tachycardie et léger assourdissement des bruits du cœur ; la tension artérielle est toujours de 16,5-9 ; la diurèse tombe brutalement à 400 cc.
Le 30 juillet, léger abaissement de la température à 39°6 et reprise de la diurèse à 850 grammes ; réapparition de diarrhée.
Le 31 juillet dans la soirée survient brutalement une crise particulière caractérisée par de l’agitation désordonnée, sans délire, mais avec sensation momentanée de contraction musculaire généralisée, et douleurs abdominales assez vagues (sensation de chaleur, puis écrasement osseux baso-thoracique). Très vite apparaît une angoisse extrêmement profonde, avec sensation de mort immiinente. Alternatives de pâleur et de rougeur de la face et transpirations profuses.
Comme subtratum biologique de cette crise, on note : l’abaissement de la température de 40° à 38°5, l’accélération du pouls jusqu’à 155 par minute, l’élévation subite de la tension artérielle à 21,5-11,5 au lieu de 16,5-9 dans l'après-midi.
A ce moment, assourdissement marqué des bruits cardiaques et nombreuses extrasystoles. Injection intraveineuse de 1/8° de milligramme d’ouabaïne.
Le 1° août dans la matinée, l'amélioration est très légère ; le ventre est moins météorisé ; il y a eu émission de gaz. La température est à 39°. Le pouls, redevenu régulier, bat à 110 ; les bruits du cœur sont moins assourdis, la tension artérielle : 18,5-10. Un état de somnolence alterne avec des périodes de loquacité lucide.
La tension artérielle continue à baisser : dans l’aprèsmidi elle est de 14,5-10, alors qu’en pleine poussée paroxystique au cours de la nuit précédente elle était de 21,5-11,5. Elle remonte progressivement dans la soirée à 16-9. Diurèse : 1.500 cc.