‹ Les Endométriomes du Périnée: Contribution à l'Étude de la Pathogénie des EndométriomesChapitre 14 sur 19 · AN · texte numérisé non relu

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il y avait un certain nombre d’ilots qui présentaient typiquement la structure de la muqueuse utérine. Ces cavités glandulaires, apparaissent limitées par une seule rangée de cellules cylindriques, dont certaines sont ciliées et sont entourées par une couronne de cellules du stroma. Il est probable que les espaces glandulaires s'ouvrent dans les cavités kystiques, mais le fait ne peut être mis en évidence sur la coupe étudiée. L'ensemble ressemble à un utérus accessoire et les cavités kystiques semblent correspondre aux cavités utérines en miniature décrites par Cullen. Lorsque la malade fut revue cinq mois après l’ablation de la tumeur, la plaie périnéale était complètement cicatrisée et il n’y avait plus aucun trouble, mais les fragments des tissus endométriaux n’attirent l'attention qu’au bout de pas mal de temps, comme le fait fut observé, lors de la récidive décrite dans l'observation de Palmer.

Obs. IX. — JEFFCOATE (Liverpool) (The Lancet, vol. 231, n° 5910, 5 décembre 1936, p. 1.336).

Femme de 45 ans nullipare.

Petite tumeur à la partie postérieure de la grande lèvre droite. Douleurs juste avant les règles l’obligeant à cesser de travailler. Suintement sanglant au niveau de la tumeur pendant les règles.

Opérée en 1931. Excision d’un kyste de Bartholin, droit, douze jours avant les règles sous-anesthésie locale. Un mois plus tard, un abcès se forme qui est incisé. Dans les six mois suivants, 7 abcès se reforment. En mai 1932, ponction de l’abcès et injection de teinture d’iode. En juin 1932, excision de la glande infectée. Suture, infection. Les

sutures lâchent, et la plaie est béante. Deux jours plus

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tard, survient la menstruation. La plaie ne se cicatrise jamais complètement et saigne toujours un peu avant les règles. La tumeur apparut quatre mois après l'opération, elle n’est visible qu’au moment des règles et disparaît en quatre ou cinq Jours.

Jeffcoate voit la malade en février 1936, soit quatre ans et demi plus tard ; état cicatriciel de la paroi postérieure de la grande lèvre droite, et au-dessous petite tumeur dure. Il n’y a rien au toucher vaginal. Excision de la tumeur qui contient de petits kystes bleus. L’un d’eux se rompt au cours de l’opération et laisse s’écouler du sang noir.

Anatomiquement, la tumeur qui avait été enlevée le vingt-cinquième jour du cycle menstruel est de forme sphérique. Sa taille est de 3/4 de pouce de diamètre ; on y voit deux à trois petites cavités contenant du sang.

Histologiquement, il s’agit d’un endométriome typique.

Obs. X. — Weis et H. Fo8e (Soc. d’Obst. et de Gyn. de Strasbourg, séance du 13 janvier 1936, in Bull. Obst.et Gyn., n° 1,t. 25, p. 99).

Il s’agit d’une femme de 33 ans, dont les antécédents ne présentent rien de particulier ; trois grossesses avec accouchement normaux à terme .Le premier de ces accouchements eut lieu en 1924 avec présentation du siège. Il entraîna une déchirure partielle du périnée qui fut aussitôt suturée. En 1933, la malade constate à gauche de l’anus et à environ 1 cm. de celui-ci une petite tumeur de la taille d’une noisette située sous la peau. Depuis 1934, elle remarque qu’à certains moments et plus particulière-

ment à l’époque de ses règles, la tumeur devient doulou-

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dé

reuse pendant deux à trois jours. Un peu plus tard, elle voit au niveau de la tumeur quelques gouttes de sang qui perlenf à la peau. Au cours de ces derniers mois, la malade a maigri et se trouve dans un état d’irritabilité nerveuse particulièrement marqué. Pendant les quelques mois qui précèdent l’hospitalisation, la tumeur augmente de volume et les douleurs deviennent de plus en plus violentes pendant une dizaine de jours après les règles.

A l'examen, on constate l’existence, dans la fosse ischiorectale, d’une tumeur mal délimitée de la taille d’un œuf de poule adhérant à la peau. Au centre de cette tumeur on aperçoit le vestige d’une fistule cicatrisée. Par le toucher rectal on sent la tumeur qui fait saillie vers la lumière intestinale, mais qui n’adhère pas à la muqueuse rectale.

La malade est opérée le 5 janvier 1935. La tumeur mal délimitée ne peut être enlevée que dans sa presque totalité. L'examen histologique montre qu’il s’agit d’un endométriome avec réaction inflammatoire. Suites opératoires simples.

Obs. XI. — VALERIO BELGRANO.

Il s’agit d’une femme de 41 ans. Elle a été réglée à 14 ans. Mariée à l’âge de 26 ans ; elle a eu un avortement de 6 mois, deux ans après son mariage. Le 11 octobre 1926, accouchement à terme d’un enfant du sexe féminin. L'expulsion fut pénible, compliquée d'une rupture étendue du périnée qui fut suturée et dont on peut observer encore Ja cicatrice qui va jusqu’à la région anale. Au mois de septembre 1933, elle a été opérée pour kyste de l'ovaire droit qui, à l’examen histologique, ne présentait aucun

caractère de malignité. Six mois après l'opération, la

malade note l'apparition d’une tuméfaction douloureuse dans la région périnéale. La douleur et le gonflement augmentaient pendant la période menstruelle, proyoquant une interruption de travail. Les différents symptômes cessaient au bout de dix jours environ, pour réapparaître à la menstruation suivante.

La malade a été examinée le 22 novembre 1935. On constate, sur la ligne médiane du périnée, une tuméfaction, allongée dans le sens entéro-postérieur, débordant davantage du côté droit, et ayant approximativement la taille d’une grosse noix. La peau qui recouvrait cette tumeur était un peu adhérente sur les plans profonds. La tuméfaction était, au moment de l'examen, douloureuse à la palpation, de consistance molle et à limites peu nettes. Par le toucher rectal on percevait la tuméfaction, mais la muqueuse rectale était lisse, mobile, non adhérente à la tumeur.

D'après ces symptômes nous avons fait le diagnostic d’endométriome et proposé l’ablation de la tumeur qui fut faite sans grande difficulté. La tumeur était mal limitée surtout dans la profondeur et l’ablation fut effectuée aux dépens de tissus adjacents, afin de ne laisser aucun fragment de la néoformation. Les suites opératoires furent absolument normales. A l'examen, la tumeur est du volume d’une grosse noix, de consistance uniformément ferme. A la section, elle apparaît de couleur rouge foncé, surtout au centre. Elle ne comporte pas de capsule propre ni de limites nettes. L'examen histologique donne les renseignements suivants : les éléments constitutifs de la tumeur sont de trois ordres: du tissu glandulaire, du tissu conjonctif, du tissu musculaire lisse. Le tissu glandulaire est constitué de tubes différemment orientés sur

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le plan de la section. Certains de ces tubes sont pleins d’une substance amorphe dans laquelle on observe un certain nombre de leucocytes plus ou moins altérés et des cellules épithéliales ; d'autres tubes sont vides. L'épithélium de revêtement, est en tous points semblable à l'épithélium normal de la muqueuse utérine et tapisse uniformément la lumière du tube. Les cellules épithéliales sont de forme cylindrocubique, plus où moins volumineuses et comportent un noyau central. Certaines de ces cellules sont munies de cils vibratils. Dans d’autres tubes glandulaires, on observe quelques formations kystiques de petit volume, revêtues d’un épithélium constitué de cellules plates à noyau allongé. Elles peuvent être interprétées comme des tubes dilatés à épithélium aplati par compression par le produit de sécrétion de ces tubes. Si l’on examine la tumeur à un plus petit grossissement, on constate que la disposition des éléments glandulaires est irrégulière, mais qu’ils prédominent dans les zones centrales. Le tissu conjonctif entoure les formations glandulaires déjà décrites et il est constitué par un tissu, en majeure partie jeune, particulièrement riche en noyaux, tout autour des formations glandulaires elles-mêmes. Ces éléments sont semblables au stroma cytogène des endométriomes. Les éléments du stroma apparaissent moins denses à mesure que l’on s'éloigne des alentours immédiats des tubes glandulaires. Le tissu intersticiel prend alors l’aspect du tissu fibreux habituel. Toutefois des condensations cellulaires se trouvent ça et là dans le tissu conjonctif qui, par leur structure, sont équivalentes aux condensations péritubulaires déjà décrites. Les vaisseaux ne sont pas très nombreux et sont de structure banale. En quelques rares endroits, on note la présence d'extravasa-

H. Laumonnier 4

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tions hémorragiques avec des hématies bien conservées. Le tissu musculaire se compose de fibres musculaires lisses, disposées en faisceaux plus ou moins volumineux. Ils sont également répartis dans toute la tumeur et en quelques zones de la périphérie, tendent à se confondre avec les fibres musculaires striées de la musculature du périnée. En certains points de la périphérie nous avons encore noté, l'existence de tissu adipeux qui, comme le tissu musculaire strié, ne semble pas faire partie de la tumeur proprement dite. Cette description sommaire de l'aspect histologique de la tumeur, montre qu’elle ne peut pas être interprétée autrement, qu’une néoformation mor-

phologiquement semblable au tissu de l’'endomètre.

Obs. XII. — A. G. Weiss et M. SyNEPHIAs (Annales d'Anatomie Pathologique, t. 15, n° 7, juillet 1938).

Il s’agit d’une malade de 36 ans qui n'a jamais eu d’autres maladies auparavant. Réglée depuis l’âge de 13 ans, elle eut toujours des règles régulières d’une durée de quatre ou cinq jours et indolores. Il y a sept ans, elle eut un accouchement au forceps qui provoqua une déchirure du périnée, allant du vagin à l’anus ; ce dernier fut légèrement entamé. La plaie fut immédiatement suturée. Pendant un an, elle ressentit une certaine gêne au niveau de la cicatrice. Puis tout rentra dans l’ordre et la malade pendant cinq ans, ne présenta rien d'anormal. C’est en 1936, que remontent les premiers symptômes de son affection actuelle. À ce moment apparaît au périnée un noyau dur, qui atteint rapidement le volume d’une noix. Siégeant à la droite de l'anus, cette tuméfaction se manifeste bientôt par des phénomènes douloureux ; ceux-ci consis-

À tenten poussées congestives douloureuses, qui commen-

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cent avec les règles et se terminent trois ou quatre jours après elles. Au cours de ces crises douloureuses, la malade constafe que la tumeuraugmente sensiblement de volume. Petit à petit, les périodes douloureuses deviennent de plus en plus longues et un an environ après le début de l’affection, la malade se plaint de douleurs qui persistent penpendant dix et même quinze jours après chaque menstruation : ces douleurs sont parfois assez vives, pour obliger la malade à s’aliter. Elles ne présentent pas d’irradiations spéciales. Un peu plus tard, une fistule s'établit au niveau de la tumeur. Pendant les périodes menstruelles, elle donne issue à un écoulement hémorragique, mêlé à du séro-pus. Cet écoulement persiste pendant une dizaine de jours et setarit avec la cessation des phénomènes douloureux. À cette époque, la malade consulte uu médecin qui procède à un tamponnement après ouverture du trajet fistuleux. La malade quitte la clinique après un séjour de deux semaines, mais aucune amélioration ne se produit.

Nous voyons la malade pour la première fois au mois de juillet 1937, c'est-à-dire un an et demi environ après le début de la maladie. Elle nous dit qu’actuellement, elle souffre presque continuellement et qu'elle n’a plus que cinq à six jours de répit entre ses règles. Elle se plaint de suffocations, de bouffées de chaleur, de palpitation, lipothymies et de céphalées persistantes dans la région occipitale. Son entourage fut frappé au cours de ces dernières semaines par son amaigrissement et son état de nervosité extrême. Il n’y eut jamais de douleur à la défecation ou pertes sanglantes par les selles. A l'inspection de la région périnéo-anale on trouve les traces de l’ancienne périnéorraphie qui va de la fourchette à l’orifice anal. A droite de

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