ACTE I , SCÈNE III
Et^ le complot détruit, tout calmé, pourquoi feindre?
Rendant pleine justice à Rivers méconnu ,
Je Tembrasse, et lui dis : Soyez le bienvenu.
De tout ce que fai fait tel est Faveu sincère :
Eh bien ! ai-je à ma sœur répondu comme un frère ?
ÉLISABETH
Sous cet amas d'horreurs mon cœur reste abattu ; Peut-on se faire un jeu de noircir la vertu!
GLOCESTER
Eh! que diriez-vous donc, si dans leur folle haine Ils osaient insulter jusqu'à leur souveraine ?
ELISABETH
Moi?
GLOCESTER
Vous : de votre hymen la légitimité Par de sourdes rumeurs est un point contesté ; Et, comme leur fureur ne peut être assouvie Qu'en frappant mes neveux dans leurs droits ou leur vie, Ils vont plus loin.
ÉLISABETH
Comment ?
GLOCESTER
Et cette indignité
Réussit en raison de son absurdité!
Plus une calomnie est difficile à croire
Plus pour la retenir les sots ont de mémoire.
ELISABETH
De grâce ; expliquez-vous.
GLOCESTEll.
Je comprends ces discours Quand une Jeanne Shore est du mépris des cours Retombée à sa place ^ et meurt en criminelle^ Dans la fange, oii déjà son nom traîne avant elle ; Fussent-ils, ses enfans, issus du sang des rois^ Le dernier des Anglais peut contester leurs droits. Ils étaient nés flétris , ces fruits de l'adultère ; Mais vos fils î ... .
ÉLISABETH
Ose-t-on déshonorer leur mère ?
Répondez-moi, milord : l'ose-t-on?
GLOCESTER
Bruits menteurs , Dont je voudrais connaître et punir les auteurs.
On l'ose!
ELISABETH