‹ Les enfans peints par eux-mêmes: sujets de composition donnés a ses élèvesChapitre 15 sur 32 · DUMARSAIS · texte numérisé non relu

DUMARSAIS

« Âristote ayant fait l'aumône à un homme que Ton connaissait pour être un vagabond et un mauvais sujet, on lui représenta quMl ferait mieux de distribuer ses bienfaits à des personnes qui en fussent plus dignes : ce n'est pas l'homme que j'ai secouru^ répondit le philosophe , mais, l'humanité souffrante. »

(A. Ë. DE Saintes.)

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ENDiER !... Suivre à pas honteux lepaisant qui, préoccupé du soin de ses affoires, traverse rapidement la rue, inattentif et coudoyant, sans l'entendre, celui qui, au défaut de la charité, invoque l'humanité d'une vois gémissante; tendre la main pour recevoir l'obole qu'y laisse tomber le riche, autant par fetigue et par dégoût, que par pitié , et bénir sa générosité ! Est-il rien au monde de plus misérable, de plus vil, de plus dégradant pour l'humanité t Ne nous hâtons pourtant pas de condamner sans réflexion tous ces malheureux qui, sur la voie publique, cherchent à émouvoir en leur faveur notre compassion.... Oui, la plupart ne'méritent que trop le mépris dont on les couvre; mais il en

jeter sur lui, comme des hyènes à la première odeur du sang^ et, par leur odieux empressement, précipitent sa chute et sa

ruine Il leur faut leur argent 1... Voilà des familles sans

asile, sans vétemens, sans painL.. Comprenez-vous maintenant qu'il puisse se trouver des mendians vraiment dignes de compassion?. . . Cependant^ il faut le dire à l'honneur de Thumanilé et de la philantropie française, ils ne sont pas entièrement abandonnés , la Commune vient à leurs secours ; et c'est une belle et noble institution que celle des Comités de bienfaisance; c'est une admirable et généreuse pensée que celle d'un centre de charité^ toujours ouvert^ où sont reçues^ avec cette pohtesse bienveillante^ toujours due à l'infortune, les déclarations des pauvres gens qui ne peuvent trouver de suffisantes ressources dans leur activité. Là , il n'est point fait acception de croyances religieuses, ni d'aHections politiques; on n'y connaît que la religion du malheur. Sublime administration, que celle où le titre de pauvre suffit pour attirer l'intérêt et le respect !

Puisque je suis sur ce sujet, votre bon cœur^ votre sensibilité me sauront peut-*étre gré d'entrer dans quelques détails. Vous vous intéressez, comme moi, j'en suis bien sûr, à tout ce. qui a pour but d'adoucir l'infortune, de prévenir le désespoir ; vous apprendrez avec une douce satisfaction ce que la société, a fait pour les classes malheureuses.

Les détails que je vais vous donner sont rigoureusement vrais^ je les tiens d'un parent de M. Desesserts, notre éditeur, du res-» pectable M. Yerel , commissaire de charité du YP arrondissement :

Tout endroit où le public se réunit pour se distraire : le» théâtres, les bals publics, les concerts, doivent la douzième part de leur recette brute à l'Administration des Hospices : la ville y ajoute une certaine somme, que viennent encore augmenter les offirandes des particuliers charitables. Ce total se répartit suc les hospices ; puis, entre dans la caisse des Comités de bienfeisance, proportionnellement au nombre de pauvres, que renferme chaque arrondissement. M'admirez- vous pas cette pieuse et ingénieuse mesure, qui impose au plaisir l'obligation de nour-

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