LE LION ET LERAT
(Fable 11, Livre IL.)
Il faut, autant qu’on peut , obliger tout le monde: On à souvent besoiu d’un plus petit que soi; De cette vérilé, deux fables feront foi,
Tant la chose en preuves abonde,
Entre les pattes d’un lion Un rat sortit de terre assez à l’étourdie ; Le roi des animaux en cëtte occasion Montra ce qu'il était, et lui donua la vie.
Ce bienfait ne fut pas perdu :
Quelqu'un aurait-il jamais cru
Qu'un lion d’un rat eût affaire!
Cependant il advint qu’au sortir des forêts
Ce lion fut pris dans les rets, Dont ses rugissemens ne le purent défaire.
Sire rat accourut, ct fit tant par ses dents Qu'une maille rongée emporta tout lPouvrage,
Patience et longueur de temps
Font plus que force ni rage.
À l'instant où Mathilde finissait cette fable, qu'elle avait dite avec autant d’intelligence que de goût, on entendit la cloche du soir, dont le son. mélancolique
ramène loujours à des pensées de repos éternel , dontlesommeil n’est que l'image ; et nos amis Xen réfléchissant au terme de la vie, relouruérent vers leurs parens qui les attendaient,
* M. DE RIDÉMON.
Hé bien, mon cher Philippe, où en es-lu de Les leçons ?
PHILIPPE
J'ai fini ce soir Les principes généraux qui composent mes deux premières par- Lies; je passerai demain au journal de nos voyages, où nous Lrouverons l’application de ce que nous avons dit.
M. DE RIDEMON.
Courage, mon ami, je ne doute point que Lu n’arrives au but que tu l'es proposé, d'instruire et de plaire.
PIILIPPE.
Je le désire, mais je ne m'en flute
pos.