‹ Les enfans voyageurs, ou les petits botanistes - tome secondChapitre 6 sur 15 · CHAPITRE X VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE X VU

Tous les enfans se réunirent à la grotte ; il n’y eut que Félina qui ne vint point de suite; enfin elle arriva, et demanda pardon à ses amis de fes avoir fait altendre; mais sa mère. avait eu besoin d'elle. Phi- Bippe lui dit que cela n'avait faitqueles priver un instant de plus du bonheur de la voir ; Félina rougit, et pria son cousin de commencer ; ce qu'il fit en ces termes:

La fécondation des plantes était connue des anciens : Hérodote parle de la manière dont les habitans des côtes de l’Afrique faisaient produire les palmiers-dat-

tiers, qui sont au nombre, des plantes dioïques dont le sexe est séparé , de sorle que l’un est mâle et l’autre femelle. Ils avaientremarqué que lorsque les palmiers étaient séparés les uns des autres, ils ne produisaient pas; au lieu que lorqu’ils étaient réunis ils portaient du fruit. Ils virent que tous fleurissaient, et qu'il y en avail environ moitié dans les mêmes arbres qui portaient du fruit : ils observèrent qu'ils’ échappait une poussière des fleurs dé ceux qui ne portaient point de fruit, et qu’elle se répandait sur les autres palmiers : ils essayérent, en coupant de ces fleurs, de secouer cette même poussière sur les palmiers femelles isolés, qui jusque-là n'avaient point produit; et, à leur grande satisfaction, ils y virent du fruit.

Tous les anciens qui ont parlé des palmiers s'accordent à dire que les Arabes ne plantent qu'un très-pelit nombre de palmiers mâles; et qu'avec une

adresse extrême ils montent à des palmiers de soixante à qualre-vingts pieds, y cucillent les fleurs mâles, et descendent avec la même agilité ; ils remontent sur les palmiers femelles, secouent la poussière sur leurs fleurs épanouies ; et, certains du Succès, ils l'attendent sans inquiétude ; en effet, il n'a jamais manqué de couronner leurs soins.

Nous avons plusieurs plantes dioïques, comme le palmier, le chanvre, le houblon,, le tamnus, les peupliers , etc.Toutes ces espèces ont, sur différentes tiges , des fleurs mâles et femelles; mais le plus grand nombre de fleurs réunissent les deux: sexes dans le même calice; et l'on voit les pétales s'épanouir pour que le pislil reçoive la poussière qui s'échappe quelquefois des élamines.

Les étamines gapprochent des pisüls : partout la vie se montre sous la forme du mouvement; partout le feu élemenlaire agit, et force la matière brute

à céder à son aclion, qui la vivifie, varie les formes, et, de concert avec la lumière, embellit toute la nature. On a fait beaucoup d'expériences pour prouver que lesvégélauxse fécondaient parle concours des sexes : on a coupé les étamines à des plantes hermaphrodites , avant la sortie du pollen, et elles n’ont pas donné de graines. Lorsque les individus mâles des plantes dioïques sont éloignés des femelles , celles-ci restent stériles ; et on a remarqué que leurs fleurs étaient plus long - temps ouvertes que quand elles étaient fécondées.

On ne doit pas oublier dans les organes des fleurs, le nectaire qui sert à contenir celte liqueur que les mouches à miel vont recueillir; et pour former celte substance douce et aromatique , qui nous a si long-lemps tenu lieu de sucre, et dont les qualités salutaires nous sont encore si utiles.

La forme des nectaires varie, ainsi que

L ) sf):

a e Pots hce

cle Chataignier, 2 la Maraute de Singe, à le Pourpier,

4 le Réséda, 6 les Oxalis, 6 Cardamine.

leur position ; mais ils sont toujours en forme de vases, et dans l’intérieur de la fleur. Nous dirons, en passant, que c'est sur les étamines des fleurs que l’abeille recueille la cire.

Le fruit est, à proprement parler, le berceau qui renferme la jeune plante destinée à reproduire celle sur laquelle elle se forme. On distingue dans le fruit le péricarpe, les graines, et les parties de la graine.

Le péricarpe est l'enveloppe extérieure du fruit ; sa couleur estinfiniment variée; il faut y distinguer trois parties, 1° les valves, 2° les cloisons, 3° les loges.

Les valves sont les piéces qui composent le péricarpe.

Les cloisons sont les séparations intérieures du péricarpe, qui le divisent en plusieurs loges.

La manière dont s'ouvre le péricarpe présente beaucoup de variétés; il s'ouvre le plus souvent de haut en bas : le chà-

taignier , le hétre; quelquetois longitudiualement sur un côté, la pivoine, l'ancolie ; horizontalement par le sommet, comme dans fa jusquiame et la marmie de singe; c’est alors une capsule à couvercle.

Dans le mouron, le pourpier, le plantin, l'amaranthe, la capsule se fend circulairement, comme une boîte à savonnelte.

Dans le fruit mür des campanules, il se forme quelquefois au milieu de la capsule trois à cinq ouvertures, suivant le nombre des lozes.

La capsule du réséda s'ouvre au sommet par un trou.

Le fruit du pavot est surmonté par le stigmat persistant, au-dessous duquel se forment de petits enfoncemens , qui s'ouvrent pour donner issue aux graines.

Le. stigmat ressemble ici au couvercle d'un réverbère, :

Dans le fruit du nymphæa dotos, qui

evoit sur les bords de l'Euphrate , il ÿ a un grand nombre de loges disposées sur un même plan; chacune d'elles renferme une graine.

La capsule £ouvre transversalement , de manière que le plan de division passe par le centre de toutes les loges, et les partage: en plusieurs hémisphères creux.

Le péricarpe des onadis s'ouvre par les angles, et lance les graines avec élas- Licilé : dans les balsamines, ce sont Îles valves qui se séparent les unes des autres, comme en autant de ressorts.

Dans la cardamine et la dentaire, les valves s'ouvrent élastiquement de la base au sommet, se roulent en dehors elles-mêmes, er jettent la graine au loin.

Le fruit du concombre sauvage est charnu, oblong, élastique; quand il est mür il se détache spontanément de son pédoncule; il en résulte un trou, par lequel les graines sortent avec une impétuosité telle, qu’elles sont poussées au

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