MO
* M. se sentait relativement peu coupable d’un acte qu’il aurait commis par mégarde, sans mauvaise intention. Il ne suppose pas qu’on châtie l’homicile par imprudence. Il se laisse persuader qu’il est l’auteur d’un crime, car son imagination est seule sollicitée, et il se sent incapable de lutter par la réflexion. Et bientôt il ne sait plus ce qui lui appartient en propre et ce qui lui a été suggéré. Sa mémoire entrant seule en jeu lui permet de reproduire sans variante un thème qu'il a retenu. C’est précisément par cette répétition monomane que M... se laisse juger, il suffisait de la mise en train pour entendre se dérouler dans leur immuable succession les mêmes termes, les mêmes détails. L’enfant substituait, à son insu, des données acquises, à la manifestation d’événements aux-
quels il aurait pu prendre part.
Observation III. — Moxer U)
Un écolien rentre en retard. « Qu’as-tu fait ? » Pas de réponse. « Tu as encore été courir ? » — « Oui, Maman. » — « Où cela ? Avec des hommes peut-être ? Dis la vérité, où tu seras battu. » — « Oui, Maman. » De question en question, l'enfant finit par raconter un prétendu attentat à la pudeur commis par un commerçant d’une rue voisine. À l’arrivée du père, la mère s’écrie avec colère : « Répète à ton père ce que tu viens de m’avouer. » Et l’enfant raconte l’histoire désormais fixée dans son esprit, et la répète mot pour mot devant le commissaire de police et devant le juge d'instruction. Le commerçant incriminé proteste de son innocence, donne la preuve qu’il n’était pas seul au moment où l'attentat aurait été commis. Le Professeur Lasègue est chargé d'examiner l’enfant. Celui-ci finit par avouer que l’attentat à la pudeur n’avait jamais existé que dans l’imagination de sa mère.
ET Te 0
(1) Morer. — Les faux témoignages des enfants devant la justice. (Annales d'Hygiène et de Médecine légale, 18837).