CONTROLE DU DEGRÉ D’INSTRUCTION
On présente à l’inspecteur un élève comme appartenant par exemple au cours moyen I re année. Est-ce exact? Il se peut que cet enfant soit le dernier du cours, ou même soit incapable de suivre l’enseignement et y reste étranger; il se peut que le cours soit extraordinairement faible comme niveau. Tout cela arrive, et très souvent nous l’avons constaté. Il y a bien des cas ou le directeur place par complaisance pour les parents un sujet dans un cours trop fort pour lui Un rapide examen permettra le contrôle du classement ; ce contrôle est tout à fait nécessaire, et nous savons que les inspecteurs primaires y sont particulièrement habiles. Ils se feront présenter le cahier de quinzaine, examineront les notes de l’élève, ses cahiers de : devoir, ce qui donnera un premier aperçu. Pour les interrogations à faire, nous ne présenterons d’observation que sur un point, mais ce point a quelque importance, car il s’agit de méthode.
Il est ; possible d’examiner de deux manières un degre d instruction : il y a, qu'on nous passe Pexpres-
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l’examen pédagogique des anormaux D’ÉCOLE 79 procédé méthodique , qui consiste à poser des questions arrêtées d’avance, dont la difficulté est connue, et pour lesquelles une sorte de barême des connaissances indique le nombre moyen d’erreurs que commet l’enfant normal de chaque âge. Le procédé méthodique ne prend pas plus de temps que l’autre ; il est même plus facile, puisqu’il n’exige pas chaque fois le renouvellement d’un effort d’imagination; nous le croyons en outre tout à fait indispensable pour fixer de manière objective le degré d’instruction des anormaux le jour de leur entrée à l’École. Il est extrêmement important que ce degré d’instruction soit connu; c’est un repère auquel on aura besoin de recourir toutes les fois qu on voudra se rendre compte de la mesure dans laquelle un enfant profite de l’enseignement spécial. Nous reviendrons sur ce point en détail dans notre chapitre sur le rendement scolaire des écoles.
Il nous a semblé que l’examen d’instruction peut porter sur trois exercices qui sont facilement contrôlables : la lecture, le calcul et l’orthographe. Voici un tableau très simple de connaissances qui nous a beaucoup servi pour faire ces examens. Il a été dressé avec la collaboration si dévouée de M. Vaney, qui s’est spécialisé dans la question importante de la mesure du savoir. Le tableau convient au cours élémentaire et au cours moyen, et cela suffit pour rechercher les anormaux, puisqu’il n’y en a pas dans le cours supérieur.
Il est à peine besoin de dire que l’établissement de
ce barême de connaissances scolaires résulte d’expériences précises. On a établi, pour chaque âge, la moyenne des connaissances de tous les enfants ayant cet âge, et disséminés dans l’école ; on aurait pu tout aussi bien ne tenir compte que des résultats donnés par les enfants réguliers, typiques, occupant la classe de leur âge; mais à la réflexion, nous avons rejeté ce procédé comme arbitraire; car il est influencé par la difficulté des programmes, lesquels sont une œuvre a priori , tandis que la moyenne fournie par tous les enfants d’un même âge est une moyenne moins artificielle, elle est une expression adéquate delà réalité. Remarquons en passant que ces deux procédés de calcul ne conduiraient nullement à des résultats équivalents ; la moyenne fournie par les enfants réguliers est plus haute que celle fournie par tous les enfants, car, ainsi que nous l’avons montré plus haut, il y a plus d’enfants en retard qu’en avance^ Enfin, 1 époque de l’année où l’on fait les épreuves n est point indifférente. Pour le calcul et l’orthographe, 1 époque choisie a été fin février^ au milieu du cours des études; pour la lecture, nous sommes obligés d’utiliser des résultats un peu trop élevés, car ils ont été fournis plus tard, en juin.
Donnons quelques détails sur les trois exercices" portés sur notre barême.
La lecture. — Le procédé que nous adoptons consiste essentiellement à distinguer 5 degrés de lecture 1 .
1. L’idée de séparer nettement ces différents degrés de lecture
Barême des connaissances acquises par les enfants d’école primaire.
/EXAMEN pédagogique des anormaux d’école 81
Voici la définition de ces S degrés.
1° Lecture sous-syllabique ; l’enfant syllabise, mais avec une lenteur extrême et beaucoup de fautes.
2° Lecture syllabique ; elle consiste à faire des pauses à chaque syllabe, mais en lisant celles-ci assez correctement. L’enfant qui fait de la lecture syllabique prononce ainsi : Le — sol — dat — p 0r — tait — un — grand — fu — sil, etc.
3° Lecture hésitante. Il y a des arrêts comme dans la lecture précédente, seulement ils sont moins fréquents ; ils ne se produisent pas après chaque syllabe, l’enfant procède par mots ou groupe de mots. Exemple : Le soldat portait — un grand fusil.
4° Lecture courante ; pas d’autre arrêt que celui des signes de ponctuation, mais avec une accentuation monotone, comme si l’enfant ne comprenait pas le sens de ce qu’il lit. Il peut y avoir des chutes de voix à la fin des phrases.
S° Lecture expressive ; elle exprime par la variété de ses intonations au cours de la phrase que l’enfant a l’intelligence de ce qu’il lit.
Il y a lieu, croyons-nous, d’employer non seulement les formules lecture syllabique, lecture courante , etc., mais des types mixtes, comme lecture hésitanle-courante, lecture couranle-expressive , et même des typés mixtes avec accentuation d’une des épithètes, comme
“î 1 M - Va t ne> ; qui a fait tout récemment une commur
l’examen pédagogique des anormaux d’école 83 lecture HÉsrrANTE-eouranfé. Cela est très commode en. pratique.
Nous avons dit que le barême de lecture a été établi par des expériences faites par M. Yaney à la fin de l’année scolaire. Nous l’avons légèrement modifié par des expériences faites par nous-mêmes en février. Quoi qu’il en soit, il est intéressant de donner ici le tableau dressé par M. Yaney, il a été dressé non par âge, mais par classe.