JJ
J! . \ ( T °tal : - / Total :
- J.) 15 rj 4
Les arriérés s'attardent dans les écoles au delà des termes réglementaires, tandis que les instables sont presses d en sortir avant l'heure. Ainsi, les arriérés forment comme un fond inerte, un poids mort qui encombre 1 ecole et, trouvant là un moyen de vivre
Ie y oh,?T : '? ParentS ° nt Une P r °P“si°n à laisser le plus longtemps possible l'arriéré à l'école parce
ütuteiirs SaVent ^ fcire; Ct P rob aWement les insarriél “ P ^ pastro P' ils! supportent ces
SSfcT “ l PaS 18 di8Cipline ' A « “«faire,
la dtcilr r M da " S 1,éC ° le m hostile, doni
parent sa a f Sei “ 06 U6nt pas à ? ^ ses cause des I T’ “ P8S 4 J > “aintenir à
mal res nel . 6S “ œSSanteS des maîtres, et les Stable en h f BentpaS n °" Plus ' Conclusion!
caraot<W • p ut j3ien ’ de P ar son
t-aractere, devenir un nuisit ,
disant mm , , We * »ref, résumons en
,S@SÊS:
ans, et même à huit ans, nous devons en conclure que, chez plusieurs, l'instabilité mentale n est pas produite par la perturbation qu’amène l’approche de la puberté. L’explication tirée de cette cause physiologique n’est donc pas générale, comme on l’a quelquefois supposé 1 .
La fréquence du type mixte, à la fois arriéré et instable. — La troisième catégorie d’anormaux que nous avons proposée renferme les enfants d un type mixte, qui sont à la fois arriérés de l’intelligence et instables. Nous ne serons pas étonnés d’apprendre que ces sujets ont des caractères qui sont la moyenne de ceux des arriérés et des instables, puisqu ils réunissent en eux les deux formes différentes d’arriération. Ainsi, au point de vue de l’intelligence, on constate qu’aucun ne fait partie du cours supérieur, qu’ils sont en majorité dans le cours élémentaire (71 p. 100) et en petit nombre dans le cours moyen (29 p. 100), ce qui prouve qu’ils sont en moyenne moins intelligents que les instables purs, et plus intelligents que les arriérés purs. N’insistons pas sur ces détails faciles à comprendre et même à prévoir. — La question la plus importante est celle du nombre des cas mixtes. Les deux groupes simples que nous venons de men-
1. Dans son rapport, le D r Abadie a aussi étudié la répartition des anormaux suivant leur âge; mais n’ayant point pensé à faire une distinction entre l’arriéré et l’instable, il n’a pas eu l’occasion de constater le fait curieux que nous signalons; il aboutit simple ment à cette conclusion globale que le maximum de fréquence des anormaux à l’école coïncide avec l’âge de dix ans. (Op. cit., p, 17.)
tionner sont à peu près de même valeur numérique 1 Nous ne trouvons au contraire que 21 cas mixtes dans une population où les instables qu’on nous a signalés sont âu nombre de 44 et les arriérés au nombre de 57 de sorte que les cas mixtes représentent seulement un cinquième du total, tandis que les cas simples en forment les quatre cinquièmes. Ces proportions bien différentes signifient que le plus souvent Vinstabilité mentale et l’arriération intellectuelle se présentent à l’état d’isolement ; ce ne sont pas les fragments d’un même état pathologique, mais bien deux états pathologiques qui peuvent bien coexister chez le même sujet, comme cela se produit par exemple pour l’alcoolisme et l’épilepsie, mais qui n’en sont pas moins distincts, puisque le plus souvent ils ne coexis-, tent pas.
Portrait psychologique de l’arriéré. — Examinons de plus près les enfants qui vont être appelés à peupler les écoles d’anormaux. En feuilletant les réponses à notre questionnaire, nous sommes frappés du retour de certaines phrases par lesquelles l’instituteur arrive à caractériser synthétiquement l’élève arriéré. Voici des exemples de ces phrases; elles ne résument que des impressions, mais la fréquence d’impressions concordantes vaut bien qu’on s’y arrête.
Charles fait à peu près ce qu’il peut.
Augustin écoute bien.
Émile est très docile et très doux.
Paul se rend utile par une foule de petits services.
Marcel est serviable et poli.
Jeanne rougit à la moindre observation.
La sévérité paralyse Ernestine et lui fait perdre le peu de moyens qu’elle a.
Camille sourit dès qu’on lui parle, fait immédiatement ce qu’on lui dit.
Louis se montre complaisant.
Angèle ne riposte pas quand ses camarades la taquinent et s’en prend à ses yeux.
Eugénie se montre affectueuse; elle est aimée de ses compagnes qui la font jouer : c’est une enfant de huit ans, bien qu’elle-même en ait quinze, qui lui a appris à parler et à lire.
Il ressort de toutes ces notations que l’arriéré est un sympathique ; il l’est même en proportion de son degré d’arriération. Nous avons examiné avec cette pensée diverses observations ; et voici la constatation bien curieuse que nous avons faite. Plus le portrait de l’enfant est sympathique, plus on peut supposer avec exactitude qu’il a d’années de retard, et rarement cette supposition est en défaut.
On vante la douceur de caractère de l’arriéré. S’il ne comprend pas le travail qui se fait en classe, du moins il ne manifeste pas son incompréhension de manière bruyante; tranquillement assis sur son banc, il se laisse oublier. On peut faire comme s’il n’était pas là, et le plus souvent c’est même le parti qu’on prend. Il serait injuste de reprocher cette négligence à un maître qui a la charge de 40 à 60 élèves. La lenteur d’esprit de ces sujets, leur torpeur corporelle
sont comme des qualités négatives qu'un maître surmené a parfois la faiblesse d’apprécier. Lorsque l’arriéré vient en contact avec la discipline, on nous dit qu’il n’y résiste pas; car il est obéissant, respectueux, et probablement suggestible. Quelquefois même, le maître lui reconnaît quelques qualités plus positives. Certains arriérés aiment à rendre service, ils sont presque empressés, ils sont bons avec leurs camarades, affectueux, reconnaissants des attentions qu’on leur montre. Comme en général ils sont plus âgés que ceux de la même classe, le maître s’en sert pour différentes commissions. Autant qu’on peut juger la moralité, dans des natures dont le niveau intellectuel est si inférieur, il semble que la source des sentiments altruistes est abondante chez l’arriéré; il reste par exemple à savoir si sa docilité et sa complaisance ne font pas illusion sur la vraie valeur de ses sentiments, car c’est encore un trait de l’arriéré que la tendance à répéter des formules de politesse ou des déclarations de principes moraux qui lui ont été inculqués. Il a une moralité de surface, toute verbale 1 . Notons un dernier trait; l’arriéré est sensible aux punitions ainsi qu’aux récompenses, bien que l’effet des unes et des autres soit rendu très fugitif par son défaut d’intelligence.
1. Visitez un établissement d’arriérés; vous remarquerez que les plus polis sont les plus déficients. Ce sont eux qui quittent le rang, viennent à vous, vous serrent la main avec de comiques expressions de civilité, puis vous déclarent qu’il faut être poli, bien élevé, aimable, etc. Toutes ces manifestations bruyantes nous paraissent s expliquer à la fois par un manque de réserve sociale, et par le besoin qu’ont les arriérés d’afficher des sentiments moraux.
Portrait psychologique de l'instable. — Ce portrait forme un contraste curieux avec le précédent; et cela ne nous étonne pas : l’instable est pour l’École une gêne perpétuelle; le maître juge sans bienveillance ce mauvais élève qui trouble constamment l’ordre dans la classe et compromet son autorité.
Comme nous l’avons fait pour l’arriéré, nous citerons ici quelques-unes des phrases par lesquelles nos correspondants apprécient les instables.
Charles ne peut rester assis ou en rang et son étourderie empêche que les observations portent sur lui.
Albert n’obéit jamais que de mauvaise grâce.
Marthe prend toujours un air étonné quand on la gronde.
Maurice reçoit les observations avec des gestes d’impatience.
Suzanne les accueille par des mouvements de dépit.
Eugénie, par des hochements de tête; elle mime sa maîtresse et fait rire les autres qu’elle pousse en cachette.
Octavie répond : Je m’en-moque; éclate de rire et continue ce qu’on lui défend.
Léontine ergote, répond et exprime tout haut sa mauvaise humeur.
Raoul accueille les réprimandes en maugréant; il se pose en martyr, victime d’injustice, menace même quelquefois. Les punitions provoquent chez lui des intempérances de langage.
Victor prend une attitude de révolte, pâlit et refuse d’obéir dès qu’on lui fait une observation.
Lucie en colère a brisé son plumier.
Hélène, dans les mêmes circonstances, bouscule tout ce qui est à sa portée.
Louise frappe les coudes sur la table et a même un jour donné un coup de pied à son institutrice.
Léon est querelleur; ses camarades le craignent.
Georges ne fait que taquiner ses camarades, tache leurs cahiers, arrache les pages de leurs livres et les en accuse.
Charles, que la dureté heurte, que les punitions ne font qu’irriter, paraît heureux quand on s’intéresse a lui.
Eugénie, que les punitions surexcitent, que les recompenses font sourire, aime à être flattée et choisie pour rendre service.
Les trois traits suivants se rencontrent constamments dans les portraits d’instables : ils sont turbulents, bavards et incapables d’attention. C’est à cela que se réduit la psychologie des moins fortement caractérisés; c’est une instabilité du corps, du langage, de l’attention qui peut provenir soit d’un excès de nervosité, soit tout simplement d’une nature dont l’exubérance' répugne à l’étude sédentaire et silencieuse. Mais chez beaucoup le tableau est plus chargé : aux symptômes précédents s’ajoutent la méchanceté vis-à-vis des camarades, et l’indiscipline vis-à-vis des maîtres. On les dit brutaux, menteurs, cruels; et quant à leur résistance au maître, les détails abondent dans les questionnaires, preuve du souvenir peu agréable que ces enfants ont laissé au personnel scolaire. C’est pour eux surtout qu’on a réclamé des écoles spéciales. Leur manière d’accepter les sanctions de la discipline est bien intéressante. On nous dit qu’ils sont peu sensibles aux récompenses, ils les reçoivent souvent avec dédain, rire ou ironie, quand ils ne les refusent pas. Mais ce sont surtout les punitions qui produisent un mauvais effet. Presque toujours l’instable s’irrite et s’insurge contre
la punition, de sorte que les maîtres en arrivent à éviter de lui en infliger. Il y a là un signe de caractère fort intéressant pour le psychologue, mais en revanche bien embarrassant pour la pédagogie. Comment donc devra-t-on faire pour soumettre les instables à une discipline quelconque? Gros problème, qu’il sera d’autant plus nécessaire de résoudre que ce sont lés instables qui profitent le plus de l’éducation des anormaux; c’est d’eux qu’on tirera le meilleur parti *. Notre avis est que, pour diriger les enfants, il faut d’abord se rendre compte de leur tendance dominante. La lecture des réponses aux questionnaires nous laisse entrevoir qhe le principal ressort de l’instable, c’est l'amour-propre, l’orgueil, la vanité, en un mot toute la gamme des penchants égoïstes. Sur les natures de celte trempe, la punition ne peut pas réussir facilement, puisqu’elle l’encontre comme obstacle un orgueil souvent indomptable. On arriverait plus directement au but, non pas en brisant la résistance orgueilleuse, mais en lui donnant une orientation différente. Complimenter l’instable, quand il a bien agi, est déjà meilleur que de le punir de ses fautes. Nous voudrions aussi qu’on lui témoi-