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Défauts de nutrition

1. Anomalies crâniennes. — ■ La plus importante est certainement la microcéphalie. Comme nous l’avons dit précédemment, non seulement les dimensions réduites, mais aussi la forme caractéristique de la tête, indiquent cette anomalie (voy. p, 64). Considérant la circonférence moyenne de la tête à neuf mois, comme étant de

Etiologie , Diagnostic et Pronostic .

1/ pouces, et à douze mois de ig pouces, un défaut notable dans la longueur de cette circonféîence chez un emant ciont la taille est, pour les autres parties du corps, normale, peut être consi” déré comme indiquant la microcéphalie. Il a été dit que, dans certains cas, on trouve la disparition des fontanelles et d autres signes de synostose prématurée, mais ceci est l’exception et non la règle, dans la microcéphalie ; ici le crâne réduit est simplement l’enveloppe atrophiée d’un cerveau dont le développement normal s’est arrêté probablement dès le cinquième mois de la gestation.

Nous nous en rapportons à notre première description delà microcéphalie (voy. p. 54) ; nous ferons seulement observer que la défectuosité sensorielle et la faiblesse musculaire sont généralement peu prononcées, de sorte que le pouvoir de saisir les objets, de sucer, etc,, n’est pas altéré, Le palais est haut et étroit ; sa forme ressemble à un V ou à une ogive ; et une telle anomalie du palais peut être considérée comme signe diagnostique d’une anomalie congénitale.

L'hydrocéphalie intra-utérine aura probablement donné lieu à un accouchement laborieux, et la difformité de l’enfant n’aura pas échappé à l’attention. Fréquemment, on trouve des cas de défectuosités sensorielles, comme, par exemple, de la vue et de Foule, qui accompagnent cette variété.

Le type appelé Mongol se reconnaît non seu-

lement à la physionomie, mais aussi à la forme de la tête, qui a déjà été décrite; et il m'est pas difficile a diagnostiquer, même dans la tendre enfance.

Une asymétrie marquée du crâne se rencontre dans les cas d’hémiplégie; d’autres déformations existent parfois, surtout après une parturition difficile. Des blessures par le forceps laissent des traces permanentes; mais, d’après notre expérience, celles-ci ne sont pas plus fréquentes chez les enfants arriérés que chez les enfants normaux. L’asymétrie ne doit pas, en elle-même, être prise comme un signe de défectuosité mentale ; en effet, dans la vie adulte, elle est regardée comme un signe de culture intellectuelle ! La dolichocéphalie (crâne allongé), avec un sillon médian longitudinal situé spécialement sur la suture sagittale, se rencontre à la fois chez les enfants normaux et chez les anormaux, et par conséquent la forme scaphocéphalique ne peut pas être considérée comme signe diagnostique. Mais la persistance de la suture médio-frontale ou Inexistence d’un sillon médio-frontal, avec un iront étroit et terminé en pointe, peuvent être pris comme des signes de développement imparfait des lobes frontaux.

2. Vices de formation et de développement. — Comme des signes de développement physique imparfait sont souvent associés à la défectuosité mentale, nous devrons tenir compte des anomalies de formation, telles que le bec-delièvre, le palais haut et déformé, des lobules auri-

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culaires mal conformés, parfois adhérents à 3a face et irrégulièrement placés, des pavillons auriculaires supplémentaires, représentés par des saillies de la peau, des plis épicanthiques s’étendant à travers la caroncule, l’opacité des milieux transparents, le coloboma iridien, le dos du nez anormalement dentelé ou déprimé, des tumeurs ou des taches garnies de poils, sur le front ou la face, des nævi, une peau rude et écailleuse, des ongles imparfaits, une coloration bleuâtre de la face et des lèvres, provenant d’une malformation cardiaque, la coloration bleuâtre et le refroidissement des mains et des pieds. Aucun de ces stigmates physiques n’ implique nécessairement la défectuosité mentale, mais s’ils se rencontrent chez un sujet, elle peut être soupçonnée.

3. Action nerveuse anormale. — Une activité musculaire spontanée, qui se manifeste par de petits mouvements (le « microkinésis » du Dr F. Warner), et ne cesse jamais pendant l’état de veille, telle est la caractéristique du bébé bien portant. Si ces mouvements sont absents ou excessifs, nous pouvons raisonnablement suspecter quelque chose d’anormal dans le système nerveux, et prédire des défauts mentaux.

Dans le premier cas, nous trouverons une expression de physionomie stupide, égarée, souvent associée à une imperfection de Faction réflexe, qui fait que même les fonctions de succion ne sont pas accomplies convenablement. Dans le

y 6 Les enfants anormaux au point de vue mental.

second, il y a une mobilité exagérée, peut-être du nystagmus et* des mouvements convulsifs des muscles de la face. Un tremblement général se rencontre souvent aussi dans ce cas. Pour formuler les indications diagnostiques des cas de défectuosité mentale, nous devons tout d’abord être guidés par le degré de la déviation, dans l'une ou b autre direction. A l’âge auquel l’enfant grandit, nous devons soigneusement surveiller révolution de ses sens, et les vices du toucher, de la vue, de Fouie, etc. A un degré plus avancé, l'absence de tentatives faites pour parler, lorsque 1 ouïe n est pas affectée, sera de grande valeur comme signe diagnostique. On pourra considérer de même le manque de coordination musculaire, indépendant d’affection paralytique, produisant l’inaptitude à la marche.

4. Défauts de nutrition. — Les bébés considérablement amaigris qu’on voit si souvent dans les salles d’enfants des hôpitaux de East-End, fournissent un exemple extrême de ces défauts. Cela peut parfois provenir d’une nourriture mal appropriée, mais il existe sans aucun doute un état congénital de malnutrition , très évidente par exemple dans les cas de syphilis héréditaire. Des troubles persistants de la nutrition, en dépit d’une bonne nourriture, sont symptomatiques d’un défaut originel de constitution, et se rencontrent fréquemment chez les enfants anormaux. Ce fait fut remarqué par le Dr Warner dans son inspec-

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lion des ecoles publiques pauvres , dans lesquelles nonobstant une bonne nourriture, la tendance à une nutrition ralentie était beaucoup plus fréquente que dans les écoles ordinaires d’enfants.

En résumé, nous nous aiderons dans le diagnostic de la défectuosité mentale congénitale, en notant les anomalies de conformation de la tête et l’état des sutures crâniennes, en recherchant les stigmates physiques, si pas de la dégénérescence, en tout cas d’un arrêt de développement, et en constatant les signes d’une activité nerveuse anormale, et une tendance constitutionnelle à une nutrition imparfaite. L’asphyxia neonatorum (i), l’absence du cri normal, un

DÉFAUT D’ACTION RÉFLEXE ET DU POUVOIR DE SAISIR LES OBJETS AVEC LA MAIN, UNE RÉACTION IMPARFAITE A LA LUMIÈRE ET AU SON, L’ABSENCE OU L’EXCÈS DE MOUVEMENTS SPONTANÉS, ET PLUS TARD, L’INHABILETÉ A FIXER LES OBJETS ET A FAIRE ATTENTION, AVEC DU RETARD DANS LES EFFORTS POUR PARLER ET POUR MARCHER, sont souvent les symptômes qui distinguent l’enfant anormal.

Les cas NON congénitaux sont différenciés par l’absence de ces signes. On trouve alors une enfance normale, mais il est survenu quelque accident — maladie ou émotions graves — qui a été suivi d’affaiblissement mental. Il faut être prudent

(i) Asphyxie des nouveau-nés.

en recevant les explications des parents à ce sujet, et se rappeler que, dans un certain nombre de cas, quoiqu’il n’y ait pas de défaut congénital évident, les enfants sont nés avec un cerveau si faible, qu/ils ne sont pas capables de résister aux accidents pathologiques de la vie, et ils peuvent être abattus pendant une crise de développement infantile, ou après une lésion relativement peu grave, qui laisserait absolument intact un enfant normal.

Le diagnostic et le pronostic des différents cas de défectuosité mentale sont si intimement unis qu’il convient de les examiner ensemble. Si nous considérons la grande division en cas congénitaux et non congénitaux , nous pourrons remarquer que le pronostic, chez les premiers, est, en règle générale (contrairement à l’idée courante), meilleur que chez les seconds. En effet, chez les uns il existe un simple défaut de développement, qui, par des procédés appropriés, peut être aidé et renforcé; chez les autres, il y a des lésions manifestes du tissu nerveux cérébral, plus ou moins irrémédiables. Les apparences superficielles sont en faveur des cas non congénitaux, tandis que les autres sont jugés d’après leurs traits difformes et souvent répugnants ; cependant, notre expérience est tout à fait d’accord avec celle du Dr Langdon-Down(i), qui dit que ce le pronostic

(i) Obsiei. Trans., vol. XVIII.

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est, contrairement à ce qu’on pense si souvent, défavorable quand l’enfant est joli, beau à voir et d’aspect séduisant ». Il y a cependant quelques cas de traumatismes légers et même de lésions post-inflammatoires, dans lesquelles on peut espérer une amélioration, surtout à notre époque de chirurgie cérébrale.

Passons maintenant à l’étude des groupes typiques et occupons-nous d’abord de ceux qui présentent une tête petite, de ceux qui sont atteints d'un degré plus ou moins considérable de microcéphalie. Le pronostic est en général favorable chez eux, et d’autant plus que les dimensions de la tête sont plus grandes. Lorsque la tête a moins de 18 pouces de circonférence, la manifestation de pouvoir intellectuel est habituellement si faible, que l’idiotie peut être diagnostiquée ; entre 18 et 19 pouces, on aura affaire à des imbéciles ; et de 19 à 20 pouces on aura la mesure fréquemment rencontrée chez la plupart des faibles d’esprit. Il y a espoir d’amélioration par l’éducation, surtout dans les degrés les plus élevés de ces types, et l’auteur a eu en traitement pendant quatre ans un enfant faible d'esprit dont la circonférence de la tête a augmenté pendant ce temps de 19 à 20 1/2 pouces. Comme les sens spéciaux et le sens musculaire sont habituellement bons dans les cas de microcéphalie, la majeure partie de ces malades peut être éduquée utilement par le travail manuel, et nous avons connu une jeune

So Les enfants anormaux au point de vue mental.,

fille dont la tête mesurait x8 pouces, qui était employée comme servante auxiliaire dans le dortoir, et un garçon dont la tête mesurait ig pouces qui travaillait intelligemment dans une boulangerie. La santé physique des microcéphales Lest habituellement pas mauvaise, et s’ils se trouvent dans de bonnes conditions, iis peuvent vivre jusqu’à Fâge adulte, et même jusqu’à un âge avancé. Une occupation simple, ne demandant pas de travail intellectuel, est ce qu'il y a de mieux pour eux, leur développement mental étant limité par

leur capacité crânienne.

Mais comme le vieux Fuller l’a si originalement dit : « Les têtes sont parfois si petites qu’il n’v a pas de place pour l’esprit, et elles sont parfois si longues qu’il n’y a pas assez d’esprit pour un aussi grand espace. » Nous avons déjà fait remarquer que des têtes longues ne caractérisent pas toujours la défectuosité mentale, au contraire, parfois ; et si Fuller avait écrit grandes têtes au lieu de longues , il serait mieux d’accord avec notre expérience. Nous renvoyons le lecteur au type Il y d roeép h a 1 i q u@, dont les caractères ont déjà été décrits (i). Ici nous pouvons ajouter que certains soins doivent être pris pour faire le diagnostic, et qu’il faut distinguer ce type de F enfant atteint d’ hypertrophie de la tête, qu’on rencontre parfois. Dans l’hypertrophie, la circon-

(i) Voyez pï. XV, fig. 2.

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férence est moindre que dans l'hydrocéphalie, et 1 augmentation est plus marquée juste au-dessus des arcades sourcilières, et non vers les tempes. La forme générale de la tête n’est pas aussi globulaire, mais le vertex est plutôt aplati. L’hypertrophie se rencontre souvent dans le rachitisme ; I entant se plaint fréquemment de céphalalgie * parfois on rencontre dans ces cas l'encéphalite et la manie aigue. Le pronostic de l'hypertrophie du cei veau est par conséquent défavorable ; toutefois, dans l’hydrocéphalie, après que les symptômes aigus se sont dissipés, on peut espérer, par une éducation judicieuse, obtenir une amélioration considérable.

En ce qui regarde le type Mongol (i), la: physionomie, la forme de la tête, la langue fendillée avec ses papilles hypertrophiées, les lèvres fissui ées et 1 état rugueux de la peau et des muqueuses, sont tout a Lit caractéristiques i il en est de même de l'état mental. Le pouvoir d’imitation des individus de ce type est parfois extraordinaire ; leur amour de la musique, très grand, leurs notions de la mesure et du ton, remarquables, de sorte qu’ils sont aptes aux exercices musicaux et à la danse. On rencontre des degrés variés de ce type, depuis l’enfant arriéré ayant seulement de légers caractères du « Mongol » jusqu’à l’idiot dont les )éux obliquement placés et taillés en amande

(i) Voir pi. V, fig. i.

rappellent très nettement le « heathen Chinee » (i).

Pour ce qui concerne leur éducation intellectuelle, les résultats, spécialement parmi les grades supérieurs, sont tout à fait satisfaisants, et nous connaissons des jeunes gens, du type Mongol peu accentué, qui, après une éducation appropriée, marchent de pair avec leurs frères et sœurs. Des exercices d’imitation simples, comme l’écriture et le dessin, sont acquis sans grande difficulté, mais le cerveau aux circonvolutions grossières n’est pas apte aux opérations intellectuelles plus élevées, et le calcul est la pierre d’achoppement de leur éducation. Des occupations manuelles simples, comme celles du jardinage et des travaux de la ferme, leur conviennent, mais leurs doigts mal formés et inhabiles ne leur permettent pas d’obtenir quelque succès dans les travaux manuels qui demandent une certaine finesse.

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Quant au côté physique, le pronostic n’est jamais bon dans ces cas. Les « Mongols » sont en général délicats et très susceptibles au froid ; ils souffrent facilement d’engelures (2). Ils sont sujets surtout aux affections catarrhales des appareils digestif et respiratoire et la majorité d’entre eux meurent de phtisie avant d’arriver à l’âge mûr.

(1) Ce païen de Chinois.

(2) Le Dr Archibald Garrod, dans une communication à la Clinical Society , a décrit cinq cas de lésions cardiaques congénitales chez des idiots de ce type. ( British Medical Journal, 22 octobre 1898, p. 12 55.)

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Quant à ceux chez lesquels les stigmates de la scrofula sont fortement marqués, nous pouvons dire que le pronostic varie suivant F intensité des symptômes. Chez beaucoup de ces enfants, Finfluence d’un milieu favorable est très importante et il est intéressant de remarquer combien ces cas s'améliorent à la fois physiquement et intellectuellement lorsqu'ils sont retirés de leur milieu insalubre, et placés dans de bonnes conditions hygiéniques, spécialement quand ils sont employés à des travaux au dehors dans des contrées où Fair est pur.

Dans les cas de défectuosité mentale associés à des paralysies congénitales (i), l’histoire du cas, le fait que l’enfant a eu des convulsions pendant les quelques premiers jours après la naissance, la prédisposition à des mouvements atiiétosiques, distinguent cette forme de celle associée à l’hémiplégie infantile. Dans ce dernier cas, il y a eu des convulsions plus tard, dans Fenfance, avec paralysie subite d’un . côté ; et lorsque celleci commence à s’améliorer, les contractures spastiques disparaissent, mais il y a toujours une allure, une marche hémiplégique caractéristiques. Dans la première classe, celle qui suit la paralysie congénitale, la défectuosité mentale est souvent plus apparente que réelle, et les malades s’améliorent étonnamment sous l’influence d’une éduea-

(i) Voir pi. IV, ftg. 3.

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tion appropriée. Les mouvements athëtosiques, les rendant incapables de Fusage ordinaire des mains, peuvent être traités par des exercices des doigts tels que nous en décrirons plus loin, et comme le malade possède souvent un grand pouvoir de volonté, il sera souvent capable d’aider le médecin à combattre ses infirmités. Nous avons souvent vu des enfants de ce type, incapables au début de tenir un crayon, de venir d’excellents dessinateurs; le don du dessin semble en effet être fréquent dans ces cas. Des modèles Macramé compliqués et de la délicate gravure sur bois ont été faits parues enfants. Les différents degrés de la défectuosité mentale, depuis la simple faiblesse d’esprit jusqu’à l’idiotie profonde, sont associés avec F hémiplégie infantile et le pronostic varie suivant son degré. De tels cas sont d’ordinaire soignés aussi au point de vue physique, et les atrophies musculaires, les contractures, sont traitées par l’électricité et le massage; dans les cas légers, une amélioration considérable, à la fois physique et mentale, peut être espérée.

Les caractères du crétinisme sporadique ou myxædème sont si évidents, que la vue seule ne laisse pas de doute sur le diagnostic (i). Inférieurs, physiquement et mentalement, avec une réaction iaible, une peau molle, un gros ventre, des jambes torses, des mains et des pieds larges

(i) Voir pi. IV, fig. 4, et pi. VI. %, i.

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et trapus, tels sont quelques-uns de leurs caractères généraux. Il y a alors la tête « carrée », les joues grosses et rouges, le nez échancré et épaté, les lèvres boudeuses et la langue saillante ; le tout îorme une physionomie qui, une fois vue, ne s oublie jamais. L'examen montre l’atrophie ou 1 absence de la glande thyroïde et dans beaucoup de cas, des tumeurs graisseuses sus-claviculaires. Le pronostic de cas semblables était, il y a quelques années encore, très défavorable. Maintenant, gi âce aux recherches de Victor Horsley, Schiff et d’autres, leur traitement par l’administration de glande thyroïde, se fait couramment, j-e développement physique et fonctionnel marcne rapidement et l’hébétude, la torpeur intellectuelle, caractéristiques de ces cas, sont transformées en une activité et une vivacité qui contrastent étrangement avec l'état antérieur. Il semblerait cependant que pour assurer une amélioration durable, le traitement doive être permanent; et nous ne pouvons dire encore si le crétinisme diagnostiqué et traité d’une façon précoce peut être guéri.

Les cas de nervosité ooogéûitafe devront être soustraits à l’influence familiale qui est très préjudiciable (l’état nerveux des parents et de l’enfant réagissant défavorablement l’un sur l’autre). Judicieusement dirigés ces enfants peuvent être beaucoup améliorés par les travaux manuels ; on peut guérir les mouvements

convulsifs et nerveux si communs dans ces cas.

Q uant aux cas éc I a ni pti q U es , leur histoire devra aider à les diagnostiquer ; le pronostic varie avec la gravité des attaques , mais en général il n’est pas très favorable. On peut en dire autant des cas d’épilepsie. Là où l’épilepsie est associée aux grades inférieurs de l’idiotie, la probabilité de lésions organiques étendues rend le pronostic défavorable.

Dans les cas moins graves ou F épilepsie est associée â de la faiblesse mentale, un traitement qui arrive à diminuer le nombre d’attaques est suivi, d’une amélioration mentale considérable et si les attaques cessaient d’une façon permanente, la défectuosité mentale disparaîtrait graduellement.

Les cas syphilitiques (i) se distingueront par l’histoire du malade et par les signes de la syphilis héréditaire. Il est des cas où les manifestations extérieures ne sont pas sensibles, mais où les traces n’en existent pas moins et où elles sont un facteur probable de défectuosité mentale. Quand dans les cas de syphilis, les symptômes se montrent à l’époque de la seconde dentition, le pronostic est grave; la démence infantile progressive, avec paralysie et crises d’épilepsie, mènent en trois ou quatre ans à une issue fatale (2).

(1) Voir pi. V, fig. 2 .

(2) Voir le travail des Drs Macdonald et Davidson sur la Paralysie générale congénitale et les remarques par l’auteur dans le British Msd. Journ i6 septembre 1899, pp. 706-709. — ■ Voir aussi Neuroses of Development , par Clouston, pp. 74-90.

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Dans le diagnostic des cas de traumatism®, 1 histoire d’une chute ou d’une énorme blessure à la tête doit être acceptée, comme nous l’avons dit déjà, sous réserve; mais les chutes des bras de bonnes insouciantes, d’une voiture d’enfant renversée, d’escaliers de pierre et de graves coups à la tête, sont des causes pouvant être admises. La présence de gonflements extérieurs, d’hémorragies, l’arrivée d’attaques après l’accident, confirmeront le cas. Le pronostic varie avec la gravité des blessures et de leurs suites, et l’influence de l'hérédité névropathique ne doit pas être oubliée. Nous avons vu des cas heureux d’imbécillité traumatique guéris dans la suite de la croissance et du développement ; et les ressources modernes de la chirurgie crânienne rendent, dans beaucoup de cas, le pronostic de ces affections plus favorable que précédemment.

Il y a plusieurs degrés parmi les ©es émotion nefs survenus, en général, à la suite d’une frayeur. Leur histoire sert naturellement à leur classification et l’absence d’anomalie congénitale avec du nervosisme persistant, quelquefois une expression particulière de frayeur, peuvent aider au diagnostic. On obtiendra de bons résultats en plaçant un tel malade dans un bon milieu, en lui donnant une éducation convenable qui lui inspirera graduellement confiance en lui-même, et nous avons connu des enfants qui avaient été victimes de frayeurs graves et qui, après avoir reçu une

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éducation spéciale, sont devenus des membres utiles de la société. S’ils sont exposés aux rudesses de l’école ordinaire, où ils seront raillés, il y a grand risque que leur état mental devienne plus mauvais.

Les cas post-fébriles ou inflammatoires

sont de même diagnostiqués par l’histoire du malade et l’absence de défauts congénitaux. En général, le pronostic n’est pas favorable pour ces cas ; cependant il dépend naturellement du degré des lésions cérébrales ou du degré d’atrophie consécutive à l’épaississement des méninges. Dans certains cas, des lésions irrémédiables peuvent s’être produites ; dans d’autres, l’arrêt de développement, suite de la nutrition défectueuse, peut, sous l’influence de circonstances favorables, être conjuré.

Les cas fox Iq y es se caractérisent par les m anifestations pathologiques se produisant chez un enfant normal, qui a pris, par exemple, de l’alcool ou de l’opium. Les lésions ont un caractère atrophique ; le traitement comporte la suppression du poison et l'octroi d’une nourriture appropriée à F âge de l’enfant.

On ne peut pas ramener tous les cas de défectuosité mentale à un type. La majorité des cas sont mixtes, mais l’expérience nous aide à distinguer et à taxer 1a. valeur de chaque facteur morbide. Ainsi le traumatisme combiné avec des antécédents nerveux dans la famille est moins

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favorable au point de vue de Faméîioration mentale, que quand les ascendants n’ont aucune tare, et le pronostic physique de l’imbécillité du type dit Mongol alliée à de la tuberculose héréditaire, est des plus défavorables.

La différence entre l’idiot I@ et rimbéoillstê consistant seulement dans le degré de la défectuosité, il suffira de dire que la première appellation désignera les grades les plus bas et la seconde les grades plus élevés de défectuosité mentale, qu’elle soit congénitale ou acquise. La faiblesse maritale (faiblesse d’esprit dans le sens moderne anglais) désigne un défaut qui s’écarte du développement mental normal, mais moins que les cas cidessus. Le retard dans le développement mental peut consister ici seulement en un degré plus ou moins grand d’arriération ( backwardness ) et la meilleure façon de l’estimer est de comparer le malade avec un enfant normal du même âge. Ainsi, un garçon de dix ans peut se trouver être au même niveau intellectuel qu’un enfant normal de cinq ans, et s’il a été soumis aux mêmes conditions d’examen que ce dernier, nous pouvons conclure qu’il est faible d’esprit {menially -feeble) . Les manifestations plrysiques de cet état, précédemment envisagées, telles que les défauts de développement, les manifestations nerveuses et la mauvaise nutrition, peuvent aussi aider au diagnostic. Un œil exercé peut aussi découvrir parmi ces cas, des formes typiques, telles que la microcéphalie, l’hydrocé-

go Les enfants anormaux au point de vue mental .

phalie, le type mongol qui sont plus prononcés dans les cas d’imbécillité, tandis que la scrofule, le nervosisme et nous pouvons ajouter les affections rachitiques, sont à noter chez un grand nombre d’enfants dont l’état mental est simplement faible. Ces signes combinés avec les données de l’hérédité sont d’une grande valeur dans le diagnostic d’un défaut constitutionnel de l’intelligence, chez le jeune enfant ; ils servent aussi à établir le pronostic.

Malheureusement, on trouve souvent associée à la défectuosité mentale, surtout quand elle n’a pas été soumise de bonne heure à une éducation appropriée, de la faiblesse morale , capable de provoquer plus tard bien des ennuis. Comme le Dr Blandford l’a bien établi dans son Lurnleian Lectures at the Royal College of Physicians :

« Et d’abord, parlons de ceux qui, par suite d’un défaut congénital ou par suite de maladie dans l’adolescence, sont anormaux de l’esprit — non pas idiots, mais imbéciles, faibles d’esprit — . Ils se présentent de plusieurs manières. Quoique enfants comme intelligence, ils sont souvent homme et femme en immoralité et en vice, et il peut être nécessaire de les placer sous contrainte, de protéger leur avoir contre la dissipation, ou d’empêcher qu’ils soient volés, je ne connais pas de classe d’individus sur laquelle plus de controverses peuvent s’élever, ou sur laquelle nous pouvons avoir plus de difficultés à poser un diagnostic. Ils ne

Étiologie , Diagnostic et Pronostic.

sont pas idiots ; beaucoup d’entre eux ont acquis une certaine culture, savent traduire une pièce grecque et venir à bout d’une proposition d’Euclide. Leur mémoire est excellente et nous ne pouvons pas comparer leur condition à une précédente : ils n’ont jamais été meilleurs, et par conséquent ce caractère nous manque, ils n’ont ni illusions, ni hallucinations et ne sont pas fous dans le sens ordinaire du mot. Quand un homme ou une femme de quarante ans consent à être traité comme un enfant de dix, à être promené et amusé, à avoir 6 pence d’argent de poche par semaine, nous n’avons pas grande difficulté à nous former une opinion sur son compte. Mais ceux dont nous nous occupons sont bien différemment, bien mieux développés. Cependant ils sont défectueux en raison et en jugement et souvent en conduite. Ils ont une tendance à des habitudes basses et vicieuses, à des plaisirs brutaux et sensuels, à la fréquentation d’une société dépravée parmi laquelle ils font montre d’une grande, importance ; s’ils sont réprimandés, ils affichent un mépris absolu de la vérité et de la bonne conduite.

» Les hommes de loi veulent défendre ces malades et disent qu’ils ne sont pas fous, et le célèbre cas Wyndham montre ce qui peut être fait grâce à eux. En examinant un tel individu, nous devons envisager sa conduite eu égard à son entourage et à son éducation ; ce qui peut être pardonné dans les plus basses classes de la société est, dans de plus

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élevées, un signe évident d’état mental dégradé. Chaque cas doit être jugé isolément et la question doit être posée : Cette personne est-elle capable de prendre soin d’elle-même et de ses affaires? Mais signer un certificat est souvent très difficile et nous ne pouvons pas témoigner nous-mêmes d’une mauvaise conduite, tout ce que nous savons n’étant que des ouï-dire. On ne doit pas oublier cependant que les imbéciles sont très enclins à avoir des explosions nerveuses violentes et dangereuses pour leur entourage ; ceci se produit souvent quand ils passent de la puberté à l’adolescence (i). »

Le rapport entre la criminalité et la défectuosité mentale est un sujet de grande importance sociale, mais ces problèmes d’une difficulté pratique inouïe sont trop étendus pour être traités ici. A ceux que ce sujet intéresse, nous recommandons les ouvrages de W. D. Morrison, Letchworth, Talbot et d’autres, et les rapports de Macdonald au United States Bureau of Education . Beaucoup d’écrits de valeur — un notamment du Dr Barr — se trouvent dans les Proceedings of the A merican State Committees on Charities and Corrections .

(i) Lancet , 6 avril 1895, p. 857.

T y alternent .

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