‹ Les enfants assistés de la SeineChapitre 22 sur 116 · FRANCS · texte numérisé non relu

FRANCS

Dans son rapport, M. le Directeur de l’Assistance, publique, prévoit pour 1877, 17,000 journées à 3 fr. 36, soit 57, 120 francs, et en chiffres ronds, 57,000 francs.

Pour 1876, le prix de journée était de 2 fr. 74, il y aurait donc une augmentation de 52 centimes par journée d’Enfant assisté à l’Hospice dépositaire. Cette augmentation du prix de journée serait, d’après le rapport du Directeur de l’Assistance, la conséquence nécessaire des améliorations introduites dans le service. En effet, les frais généraux restant les mêmes, et la durée de séjour ayant diminué, le prix de journée doit naturellement augmenter d’autant ; en un mot, moins l’enfant reste longtemps à l’Ho-spice, plus il coûte cher.

Vous savez. Messieurs, que l’Hospice de la rue Denfert-Rochereau, reçoit à la fois les Enfants assistés qui sont à la charge du Département, et les enfants en dépôt, qui sont à la charge de l’Assistance.

Le bureau central établit le prix de journée de chaque catégorie d’enfants, de la façon suivante :

En premier lieu, on répartit entré les Enfants assistés et les enfants en dépôt, au prorata du nombre des journées qu’ils ont passées dans les diverses parties de l’établissement (crèches, nourrices sédentaires, division, séparés, salles de médecine et de chirurgie), les dépenses qui, par leur nature, ont un caractère général, et s’appliquent aux uns et aux autres.

En second lieu, on porte intégralement à chaque catégorie d’enfants, les dépenses qui lui sont propres.

De cette manière, on obtient le total des charges occasionnées par les Enfants assistés et les enfants en dépôt. En déduisant de ces totaux, toujours au prorata du nombre des journées, les recettes diverses de l’établissement, on arrive à connaître les deux chiffres réels de dépenses.

87,007 fr. 14 pour les Enfants assistés.

244,379 fr. 11 pour les enfants en dépôt.

Ces sommes, divisées par le nombre de journées, 23,006 d’une part et 75,637 de l’autre, font ressortir le prix de journée à 3 fr. 78 pour les premiers; à 3 fr. 23 pour les seconds.

Soit en moyenne 3 fr. 36 réclamés pour 1877 par l’Assistance publique, pour prix de journée à l’Hospice dépositaire.

Mais cette répartition n’est pas faite selon l’esprit de la loi, et selon les instructions ministérielles d’après lesquelles le Préfet, dans chaque département, a le droit de désigner l’Hospice dépositaire, lequel est tenu de prendre à sa charge les dépenses d’entretien, de personnel, d’appropriation, et souvent môme de création de certains locaux, le Département ne devant payer à l’Hospice que le prix de pension le plus élevé qu’on aurait donné au nourricier du dehors.

Il en résulte que la plupart des chapitres sur lesquels l’Assistance publique répartit les frais occasionnés par le séjour des enfants îi l’Hospice doivent être éliminés; ainsi doivent disparaître les chapitres suivants :

Frais de personnel . 15,166 85

Frais de bureau . 702 84

Entretien des bâtiments . 5,523 40

Combustible . 7,239 31

Coucher, linge, habillement . 12,673 36

Mobilier . 1,940 41

Frais du culte . 866 63

Locations et indemnités (logement de l’interne

hors de l’Hospice) . 354 71

Eaux, salubrité . 1,870 61

Total . 46,338 12

Mais les chapitres qui devraient au contraire rester à la charge du

Département sont :

• Médicaments, orthopédie, pharmacie . 3,333 52

Nourriture . 34,873 83

Transports d’enfants . 2,943 48

Médecin (environ) . 3,000 »

Total . 44,150 83

En divisant le chiffre de 44,150 fr. 83 par le nombre des journées en 1875, soit 23,006, on obtient pour prix de journée 1 fr. 91 prix qui reste encore supérieur au taux d’une journée d’enfant placé à la campagne.

Ce prix étant ainsi fixé, les 17,000 journées prévues pour l’année 1877, la dépense pour frais de séjour des enfants à l’Hospice dépositaire s’élèvera à 32,470 francs au lieu de 57,000 francs que proposait le Directeur de l’Assistance publique, d’où une économie de 24,530 francs.

Cette économie pourra servir, comme nous le verrons plus loin, à la création de commis pour les agents de surveillance qui en manquent encore.

Cet abaissement du prix de journée aura pour résultat, outre celui de l’économie si nécessaire dans ce service coûteux, de mettre fin aux réclamations des départements qui avaient à rembourser à la Seine les frais de séjour des enfants leur appartenant et recueillis par l’hospice de

la rue Denfert-Rochereau. Le prix de 2 fr. 74 leur paraissait trop élevé, qu’auraient-ils pu dire du prix de 3 fr. 36 si peu en rapport avec ceux qu’ils inscrivent à leurs budgets respectifs.

La loi du 5 mai 1869, qui n’a pas encore été appliquée dans le département de la Seine, prescrit de fixer pour cinq ans le prix de journée à l’Hospice dépositaire ; nous vous proposons. Messieurs, de vous conformer à cette prescription et d’arrêter le prix de journée à 1 fr. 91 pour la période quinquennale de 1877 à 1881.

Il serait à désirer, comme vous le voyez. Messieurs, qu’on séparât complètement les services des Enfants assistés et des enfants en dépôt, et cela, non-seulement pour obtenir une plus grande facilité au point de vue administratif et budgétaire, mais encore pour arriver à de meilleurs résultats au point de vue plus important de la santé des enfants en dépôt qui sont à la charge de l’Assistance municipale.

Il est une mesure, disait votre Rapporteur l’année dernière, que nous n’avons cessé de réclamer, qui aurait infailliblement pour effet, en diminuant l’encombrement des salles de l’hospice, d’abaisser le chiffre de la mortalité : nous voulons parler de l’envoi à la campagne de tous les enfants en dépôt, sans distinction d’âge. Cette mesure est depuis deux ans acceptée en principe par l’Assistance publique. Mais, sur ce point, comme sur la question de l’envoi des nourrices isolées, cette Administration, malgré de bonnes intentions évidentes, n’a pas encore su prendre un parti. Toutefois, M. le Directeur de l’Assistance publique nous parle aujourd’hui d’un projet qui nous paraît excellent et qui consisterait, dit-il, « à organiser, dans les vastes terrains de l’hospice de Bicêtre, un asile où ces enfants seraient reçus et installés dans des bâtiments légers et d’un aspect agréable, disposés au milieu de préaux et de jardins. Une organisation réfléchie avec division par sexe et par âge, devrait donner des résultats'satisfaisants au point de vue de l’hygiène et de l’économie ; le nouvel établissement, profitant de tous les services généraux de l’hospice de Bicêtre. » Au point de vue de l’hygiène, le plateau de Bicêtre nous paraît bien choisi pour cette installation, en même temps que sa proximité de Paris facilitera les visites des parents et permettra de faire revenir les enfants à Paris lorsqu’il en sera besoin.

Cette proposition ne peut donc qu’obtenir notre assentiment, et nous croyons pouvoir affirmer à M. le Directeur de l’Assistance publique, que

son projet ne rencontrera pas d’opposition de la part du Conseil municipal de Paris. Nous engageons très vivement M. le Directeur à faire dresser au plus vite, comme il en annonce l’intention, des plans et des devis qui devront être soumis à qui de droit. Des constructions, conçues d’après le système américain, auraient peut-être l’avantage d’être à la fois moins coûteuses et plus saines.

Mais nous n’avons rien vu venir, ni projet, ni plan, ni devis. Et cependant il est urgent de remédier à l’insuffisance de l’hospice dont les conditions hygiéniques sont actuellement aussi mauvaises que possible ; les infirmeries sont insuffisantes, n’ont pas de chambres d’isolement et surtout le quartier des enfants sevrés est dans une situation qui n’est pas tolérable et qui explique la mortalité efi'royable qui frappe cette catégorie d’enfants.

3,748 enfants ont été gardés en dépôt en 1875; 2,166 ont été rendus à leurs parents ou à la Préfecture de Police qui les avait confiés à l’Assistance publique; 319 sont sortis pour des causes diverses; enfin 1,263 ont été immatriculés.

Le chiffi-e des décès a été pour ces enfants de 260; le nombre des décès, calculé d’après le nombre des 75,631 journées passées à l’hospice, s’élève à 0, 34 0/0. Mais la plus grande partie de ces décès frappe sur la catégorie des enfants sevrés. 11 est donc de toute importance d’en finir avec cette question des enfants en dépôt : c’est aux dépens de leur existence que l’on recule d’année en année la solution de cette question. Si la translation à la campagne ne se fait pas, il est indispensable de remanier complètement l’hospice et de le mettre dans des conditions hygiéniques acceptables.

En admettant même que cette amélioration soit décidée il faut de toute nécessité modifier la division des enfants sevrés qui est une honte pour notre service hospitalier.

Un progrès considérable s’est fait pour les immatriculations des enfants en dépôt; ils ne reviennent plus, comme autrefois, <à l’ho.spico dépositaire, ce qui était une cause trop fréquente de maladie et de décès; ils sont immatriculés sur place.

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