‹ Les enfants assistés de la SeineChapitre 57 sur 116 · SEINE · texte numérisé non relu

SEINE

sions, les rapports lus devant le Sénat, l’enquête solennelle faite en 1878, par le Ministère de l’Intérieur, les réponses des Conseils généraux au Ministre, l’exposé de leurs vues, le détail de leurs vœux, l’irrégularité d’un certain nombre de services départementaux, l’évidence du danger de la recherche du domicile de secours qui est, par ses indiscrétions fatales, une excitation constante à l’infanticide et à l’avortement, rien de toutes ces initiatives rien de toutes ces misères n’a fait faire un pas à la question, la loi ne se fait pas, et cependant les services souffrent, et les enfants meurent.

Depuis 1871, le Conseil général de la Seine a fait tous ses efforts pour réformer et améliorer ce service dans la limite de son pouvoir.

Les layettes et les vêtures ont été graduellement augmentées.

La fortune de nos pupilles a été reconstituée, ce qui, disons-le en passant, n’apporte, d’après la jurisprudence ministérielle actuelle, aucune amélioration au sort des enfants eux-mêmes et ne profite en réalité qu’à l’État et au Département qui se trouvent dégrevés de frais qu’ils devraient payer en entier si cette fortune n’existait pas.

Le séjour à l’Hospice, mortel pour les enfants, a été réduit au strict nécessaire sur nos demandes pressantes et réitérées, grâce à l’activité de l’administration de l’Hospice, et à la meilleure répartition des convois de nourrices.

Les nourrices sèches et les billets jaunes qui étaient l’organisation de la mortalité de nos petits pupilles, ont été supprimés.

On fait sur place l’immatriculation des enfants lorsqu’on les abandonne alors qu’ils sont déjà placés dans nos services de province à titre d’enfants secourus; autrefois on les ramenait à l’Hospice pour accomplir cette formalité, beaucoup mouraient du double voyage ou de leur court séjour dans nos salles d’hospice.

Les secours aux mères nécessiteuses pour leur permettre l’allaitement de leurs enfants ont été sérieusement et méthodiquement organisés.

Le chiffre des secours pour prévenir l’abandon s’est graduellement élevé de 232,000 francs, somme inscrite au budget de 1871, à 772, 000 francs, somme inscrite au budget de 1880.

On a institué un service de Dames visiteuses ayant pour mission de surveiller l’allaitement des enfants secourus, et de conseiller les mères dans les soins à donner aux petits enfants.

Une expérience sérieuse et scientifiquement conduite d’allaitement artificiel au profit des enfants syphilitiques, auxquels on ne peut naturellement donner des mamelles de femme, va être faite à notre Hospice par le savant professeur Parrot; les bâtiments spéciaux et appropriés à cette expérience sont à peu près terminés.

Une somme de 750,000 francs a été votée parle Conseil général pour la reconstruction de certains bâtiments de l’Hospice et l’amélioration des autres.

Un Inspectorat a été obtenu par le Conseil général qui veut être exactement renseigné sur la gestion du service des Enfants Assistés, en dehors du Directeur de l’Assistance publique qui dirige ce service au nom du Département, soit comme tuteur légal, soit comme délégué du Préfet.

Les dépenses prévues en 1871 qui étaient de 3,440,000 francs ont été graduellement portées à la somme de 4,321,000 francs prévue par le budget de 1881, etc., ete.

Le Conseil général a fait tout ce qu’il lui était possible de faire ; mais il ne peut atteindre et réformer certaines dispositions des plus graves et des plus dangereuses de la loi actuelle, celles qui contribuent à allonger la longue liste de mortalité de la première enfance.

Parmi les plus mauvaises dispositions de la loi, la recherche du domicile de secours est la pire ; voilà ce qu’il faut supprimer au plus vite, voilà ce qui rend la situation actuelle fuueste et intolérable, et c’est surtout pour l’abolir que nous demandons une réforme immédiate.

Nous avons recommandé aux intelligents fonctionnaires qui dirigent nos services de pallier autant que possible les inconvénients de cette mauvaise loi; ils le font du mieux qu’ils peuvent, aux dépens de nos finances départementales, bien entendu, mais ils sont souvent impuissants à empêcher le mal, et dans mon rapport de l’année dernière j’ai cité quelques faits déplorables qui devraient cependant ouvrir les yeux de nos législateurs et activer une organisation nouvelle de ces services si intéressants et qui se trouvent actuellement dans une situation si misérable. Oui, je le répète sans cesse, les enquêtes et contre-enquêtes, les indiscrétions qui les accompagnent, l’esprit d’économie budgétaire qui fait envoyer de département à département un malheureux petit être que tout le monde repousse, le refus en certains endroits de se charger du petit enfant que la mère ne veut ou ne peut pas garder, la moralisa-

tion des filles-mères par le retrait des secours d’ailleurs presque toujours insuffisants, sont une des causes de l’effroyable mortalité des enfants du premier âge, et des pratiques criminelles chez les femmes qui veulent garder le secret d’une faute.

Nous ne pouvons porter remède à ces honteuses misères ; nous ne pourrions que faire des vœux qui resteraient aussi stériles que ceux que nous avons faits régulièrement tous les ans.

Au 31 décembre 1879 notre service comptait 26,225 enfants assistés.

Ce chiffre se décompose comme suit :

Restant à l’hospice . 44

Placés à la campagne

de 1 jour à 12 ans.

de 12 ans à 21 ans.

Au 31 décembre 1878 le service comptait 25,935 enfants, ce qui donne pour 1879 une augmentation de 290.

En ne comptant ni les sorties ni les décès de 1879, et en défalquant de la catégorie de 12 ans à 21 ans, les enfants ayant atteint leur 13° année, qui en réalité ne font que passer d’une classe dans une autre, l’Administration a eu sous sa surveillance à Paris et à la campagne 28,615 élèves.

Si à ce chiffre on ajoute, conformément aux statistiques du Ministère de l’Intérieur, les enfants secourus en 1879, soit 11,354, on constate que notre service départemental a assisté l’année dernière 39,969 enfants.

SERVICE INTÉRIEUR

1“ Frais de séjour à l'Hospice

En 1879, les frais de séjour à l’Hospice se sont élevés à la somme de 29,859 francs, qui se décomposent ainsi :

1“ Enfants à l’Hospice, 13,286 journées à 1 fr. 91 . . 25,376 26

2® 4,483 fr. 31 remboursés à des hospices de province pour enfants appartenant au département de la Seine.

D’accord avec l’Administration, votre Commission vous propose d’in-

scrire au Budget de 1881, pour frais de séjour à l’Hospice, la somme de 30,000 francs.

En 1878, le chiffre des abandons s’était élevé à 2,760, il n’était que de 2,320 en 1877. On avait attribué cette augmentation à l’Exposition universelle, et cette aggravation avait même été prévue et annoncée à l’avance par l’Administration. En 1879, non-seulement le chiffre des abandons s’est maintenu, quoiqu’il n’y ait pas eu d’exposition, mais encore il a été dépassé de 14. C’est la rigueur extrême de la fin de l’année 1879 qui est considérée comme ayant amené cette différence en plus ; mais il est vrai de dire qu’il y a dans les abandons des périodes de décroissance et des périodes d’augmentation dont on ne connaît pas la cause réelle.

En 1879, le chiffre des abandons s’est élevé à 2,774,

Voici comment ce chiffre se décompose :

Abandons à Paris

Trouves . . .

Abandonnés .

Orphelins . .

Abandons en province

Abandonnés .

Orphelins . .

Total. . . .

Malgré cette légère augmentation de 14 abandons, ce chiffre est loin d’atteindre celui de la période qui a précédé les dix dernières années ; la moyenne du chiffre des abandons a été :

De 1860 à 1864, de.

Voici le chiffre des abandons pendant la dernière période décennale :

La durée moyenne du séjour à l’Hospice a encore diminué cette année ; nous ne pouvons qu’en féliciter l’Administration ; moins l’enfant restera dans nos services, moins il courra de chances de mort.

Le chiffre moyen de la mortalité s’est aussi abaissé à l’Hospice. Mortalité à l’Hospice

ANNÉES

NOMBRE

DES ENFANTS

ayant séjourné

à l'hospice

DÉCÉS

pendant

l’année

PROPORTION

pour 100

NOMBRE

do

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