ADMISSIONS
Il existait au 1" janvier 1884, 1,999 enfants placés par groupes, isolément, ou à l’Hospice dépositaire, ci . . . 1 ,999
Il a été immatriculé dans l’année 790 enfants, ci . . . 790
Total.
Sur ce nombre de .
Ont été rendus à leutfamille, soitaoant. soit après leur sortie d’apprentissage . • • •
rso“s. sans ,u'il. ait été'possible'de les
réintégrer sous le patronage de
Ont dù, pour causes diverses, passer aua Entants
assistés . '
Restants au 31 décembre 1884 . • • •
Voici comment était répartie cette population au 31
décembre 1884.
32 enfants
Aiguilles (fabrique) .
Agriculture .
Bijouterie .
Bonneterie .
Boulangerie .
Broderie .
Carreaux mosaïques .
Cartonnage
Couture, modes, blanchissage .
Chapellerie .
Cordonnerie .
Dentellerie .
Ébénisterie . ■ ■ .
Menuiserie .
Faïencerie .
Ferblanterie . .
Filature, tissage, magnanerie ••■•••• Fleurs artificielles .
A reporter ■ ■ ■
, -Report .... 1,602 enfants
rIorticu.ltur6 .
Jardiniers . .
Maréchalerie . 25
Pâtes alimentaires . /
Passementerie . g
Serrurerie . 28
Tourneurs, fondeurs . 5 —
Trétîlerie . ^ .
Métiers divers (ajusteurs, bouchers, charpentiers, pâtissiers, graveurs, horlogers, peintres, tailleurs, domestiques, etc.) . .^29
Verrerie, gobletterie . 210 —
Pour mémoire, enfants en observation à l’Hospice et en traitement . 165 i
Total. . . 2,549 enfants
sauver et instruire trois mille enfants en 1886.
Les recettes à inscrire au Budget du Service des Enfants Moralement Abandonnés, exercice 1886, sont les suivantes :
1“ Location d’un four à chaux dépendant de l’École de Montévrain . . ^ qqq
2® Produits industriels de l’École d’ébénisterie de Montévrain . qqq „
Ces recettes sont employées au profit des enfants au moyen d’un crédit d’égale somme porte au sous-chapitre VIII ;
3" Produits industriels de l’École d’horticulture de Villepreux . ^0 qqq „
Ces recettes, qui sont appelées à augmenter encore pendant plusieurs années, sont employées à solder les
A reporter. . . 58,000 »
Report. . . . 58,000 »
dépenses de nourriture des élèves au moyen d’un crédit d’égale somme ouvert au sous-chapitre VIII, de la dépense;
5° Subvention de la ville de Paris . 250,000 »
Les dépenses sont évaluées à 500,000 francs. La moitié, soit 250,000 francs est à la charge de la Ville,
6“ Prélèvement sur les fonds de l’enseignement primaire pour indemniser le budget ordinaire de ses charges concernant l’instruction des enfants Moralement Aban¬
donnés . 100,000 »
T Remboursement par les familles de partie des frais d’entretien des enfants repris ou rendus . 3,500 »
8® Remboursement par les départements des dépenses des enfants à leur charge . 1,000 »
9® Remboursements divers . 1,500 »
Total .... 414,000 »
Les recettes de Montévrain et de Villepreux, soit 57,000 francs, étant employées à solder les dépenses de nourriture des élèves, le total des recettes s’élève à 357,000 francs. Pour couvrir le Budget des dépenses, soit 500,000 francs, le département de la Seine n’a donc à fournir à cet intéressant service que la somme de 143,000 francs. C’est peu, en vérité, mais il est impossible au Département de mieux faire, et sans les libéralités privées il n’aurait pu mener aussi loin cette belle et courageuse entreprise. Mais lorsque l’on fait tant avec si peu, lorsque de toute évidence on épargne à l’Ëtat des frais de prison et de chiourmes en donnant aux enfants de la moralité, de l’instruction et un métier, n’estil pas navrant de constater l’indifférence des pouvoirs publics qui préfèrent payer le gendarme que l’instituteur.
Sur le rapport de l’honorable M. Curé, le Conseil général a voté l’agrandissement de l’école de Montévrain. C’est le legs fait par M'"°Dagnan à l’œuvre des Moralement abandonnés qui fera face à ces dépenses nouvelles, achat de terrains environ 14,000 francs et constructions 73,500
francs, le surcroît de la dépense devrait être imputé sur le pauvre Budget de 500,000 francs voté pour l’exercice de 1886. On espère que le bon sens public viendra au secours du Budget.
Une école d’imprimerie fonctionne déjà à Montévrain; ce sont les élèves qui ont imprimé le rapport présenté par le Directeur de l’Assissistancc au Préfet de la Seine. Le Conseil général a autorisé l’Administration à en fonder une à Alençon, création pour laquelle le Conseil municipal de cette ville a voté une première subvention de mille francs.
En voyant ce que l’on a fait avec d’aussi faibles ressources, on peut être assuré de pouvoir, avec l’aide de quelques libéralités, arracher à la misère et à la corruption tous les enfants dont le cerveau, par un triste héritage, n’est pas irrémédiablement déformé.
Voilà de la sociologie expérimentale telle que la réclame le philosophe Donnât (1). L’œuvre du département de la Seine est en effet un modèle à suivre et un exemple à copier.
On comprend que l’Administration de l’Assistance publique soit Hère de cette création si habilement combinée et si prestement mise en œuvre.
Toutefois, en est-elle assez jalouse pour avoir été offusquée par les illusions de M. Quentin, son ancien Directeur? Ces illusions étaient partagées d’ailleurs par M. Béquet dans son livre intitulé : Régime et législation de l’Assistance publique en France; et par MM. Napias et A. J. Martin dans leur livre sur l’hygiène hospitalière.
Le 30 avril 1885, M. Quentin adressait à M. Francisque Sarcey une lettre (2) bien faite pour les entretenir. Voici comment elle débutait : « Mon cher ami, je n’ai pas besoin de vous dire avec quel intérêt paternel je suis les articles que vous consacrez à l’école de Montévrain et combien je vous remercie de la sollicitude que vous témoignez à l’œuvre des enfants Moralement abandonnés.
« Montévrain et Villepreux, — l’école d’ébénisterie et l’école d’horticulture, — ne sont que des exceptions dans l’ensemble de l’organisation telle que je l’ai conçue et réalisée... »
M. Quentin aimait ardemment cette œuvre. Il l’avait faite sienne