‹ Les enfants assistés de la SeineChapitre 96 sur 116 · YVES GUYOT · texte numérisé non relu

YVES GUYOT

La branche de Blidah arriva à bon port, les fleurs d’oranger eu mauvais état comme c’était prévu, et les fruits encore moins amers que mes regrets de n’avoir pu être de ce voyage si rempli par le travail, et si attachant par le but poursuivi.

A son retour, la délégation adressa à la Commission un rapport extrêmement remarquable sur l’exploration faite, sur les renseignements pris ; elle y décrivit aussi bien les propriétés privées que le Département pourrait acheter, que les terres domaniales favorables à une colonisation et dont on se proposait de demander la concession à l’État. Elle analysa avec le plus grand soin les conditions de culture, les appropriations de terrains, les moyens de communication, la salubrité, la situation physique et météorologique, la composition chimique du sol, elle mentionna les prix d’achat des terres cultivées ou incultes, les frais de mise en exploitation, les prix de revient des différents pays, etc, etc..., avec cartes et chiffres à l’appui.

Je ne puis résister au désir de reproduire intégralement les premières pages de ce premier rapport dans lesquelles le programme de la Commission se trouvait très nettement et très brillamment défini.

« Messieuks,

« Vous nous avez chargés d’aller étudier, en Algérie, le projet que M. le docteur Thulié a proposé au Conseil général dans sa dernière session, et qui a pour but la fondation, dans notre colonie algérienne, d’écoles pour les pupilles du département de la Seine.

« Nous venons vous exposer les résultats de notre mission. Nous avons parcouru ensemble ou séparément les provinces d’Alger, d’Oran et de Con.stantine; nous avons visité, conformément au plan d’itinéraire et d’étude que vous aviez adopté, les orphelinats et colonies de jeunes détenus, les exploitations agricoles les plus justement réputées, en un mot, tous les établissements dans lesquels nous pouvions trouver un modèle ou un enseignement utile. Nous avons aussi fait appel à l’expérience, aux lumières des hommes les plus versés dans les questions algériennes. Partout, nous avons rencontré auprès du Gouverneur général et des fonctionnaires, comme aussi auprès des personnes éminentes avec lesquelles nous avons été en relations, l’accueil le plus sympathique et le désir le plus sincère de voir réussir notre projet. Vous en verrez la preuve dans la suite de ce rapport. Les pièces de l’enquête vont être mises sous vos yeux. Notre mandat n’allait pas plus loin. C’est à la Commission qu’il appartiendra quand, à son tour, elle se rendra on Algérie, de dire si ses délégués ont rempli consciencieusement leur mission; il lui appartiendra surtout de tirer la conclusion de notre travail et de décider s’il convient, malgré les difScultés du projet, d’en poursuivre la réalisation et de demander aux pouvoirs compétents les moyens financiers et administratifs nécessaires pour atteindre ce but. »

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