‹ Les enfantsChapitre 24 sur 66 · LE PLUS SOLIDE HÉRITAGE · texte numérisé non relu

LE PLUS SOLIDE HÉRITAGE

Combien de pères ne laissent d'autre héritage à leurs enfants que le souvenir d'une vie de labeur obstiné ! Un tel legs semble peu de chose : il est plus considérable que les trésors accumulés par un avare et dont a la jouissance un fils qui deviendra fatalement prodigue.

Les sympathies qu'engendre le spectacle d'une vie honnête consacrée tout entière au travail prennent le dessus sur l'égoïsme habituel ; elles enveloppent du manteau de la bienfaisance une famille honorable qui semblait vouée à la misère, et c'est sans regrets qu'un tel père meurt pauvre : il a fait tous

les jours des efforts pour veiller à la subsistance de sa famille ; il a accompli sa tâche et ferme les yeux en paix, sachant que sa veuve et ses enfants bénéflcieront de sa vie laborieuse.

C'est pourquoi la société manque rarement de témoigner sa générosité pour les descendants de l'homme de talent qui, ayant à cœur de développer son intelligence, n'a pu frapper à la fois à la porte de la fortune et à celle de la science.

Que survive le nom d'un écrivain, d'un savant, d'un inventeur; qu'il ait marqué quelque peu, et il se trouvera dans les générations qui suivront un écho qui parlera en faveur des descendants de cet homme.

Mais c'est surtout dans les classes moyennes qu'éclatent particulièrement d'honorables témoignages en faveur des pères qui ont dignement élevé leurs enfants.

Il n'est pas de médiocres conditions où l'homme ne puisse se faire remarquer; et c'est la meilleure éducation pour un enfant que de voir honorer son père et d'entendre le cas qu'on fait de sa personne.

Le fils qui peut regarder son père comme le plus digne du pays, celui qui a le plus travaillé, celui qui est le plus estimé et respecté, possède un héritage qu'aucun revers de fortune ne peut enlever. Et ce trésor, dont il a la garde, un fils sera jaloux de l'augmenter.

Page 1