I.A Fl ITK EN EGYPTE D'jildi's riii liois du XV<' siècle
C'est pourquoi la femme est plus chrétienne que rh()mm(\ Sa croyance particuliè-
ment vient de cette pr(3tection divine accordée à l'e.ifance, et rien ne saurait la ruiner.
Le hasard m'a mis en possession d'une petite image du quinzième siècle représentant la fuite en Egypte, qui a peut-être été taillée par quelque berg r avec son couteau. Cette naïveté d'exécution n'empêche pas qu'un profond amour maternel ne soit inscrit dans chaque taille de l'image ! Comnn^ Marie serre contre elle le petit Jésus, qu'il faut dérober aux poursuites d'Hérode !
Aucune religion non plus n'offre une figure comparable à celle de la Vierge.
Qui n'a été ému à la vue d'un bas-relief de Lucas délia Robbia, représentant l'Enfant- Jésus dans les bras de la Viergr» ? Ce n'est pas seuhnnent l'art, quoiqu'il soit considérable, qui fait le prix du bas-relief et l'a conservé moderne après deux siècles.
Au fond de la sculpture est caché ce quel- ({ue chose d'immatériel si rare, qui fait les grands artistes. Un souffle do croyance traversait l'âme de Lucas délia Robbia quand il modelait ses terre.>. Aussi toutes les mères se retrouv-^it dans cotte Vierge; leurs en-
LES EMWMTS.
faiits revivent dans le petit Jésus alerte et gai.
Une femme mère se regarde comme sanctifiée ; elle sent en elle des trésors de tendresse et d'amour qu'elle ne soupçonnait pas.
Elle était faible ; elle trouve des forces inconnues pour porter son fardeau. Jadis vive et tournée vers les plaisirs du monde, elh? devient patiente, reste à la maison et ne rêve pas de plus beau spectacle qu'un mouvement, un regard de son enfant,
S'il souffre : Mon Jésus! s'écrie la mère, ne trouvant pas de mot plus doux pour rendre l'affection qu'elle lui porte.
Elle est puissante une religion basée sur la tendresse maternelle ; et c'est pourquoi Chateaubriand inscrivit en tête de son livre ce beau titre : Le Génie du CJiristiantsnu'.
i.A vikik; k
D'après une terre cuite de Luc;is (lell;i l'.oltliia.