L'ÉLÈVE JUGÉ PAR SES PAIRS
Goldsmith,daiis ses Essais cVéducatlon^^vopose qu'un enfant qui a commis une faute au collège soit jugé par un tribunal compo^>é d'élèves de la classe supérieure : la septième par la sixième, la sixième par la cinquième, ainsi de suite jusqu'en philosophie.
Il pense que ce système développerait chez les enfants des idées de justice.
Si, par exemple, un élève a insulté son professeur, il est à craindre, en effet, que dans sa colère celui-ci n'inflige une punition trop rigoureuse et ne s'aliène à jamais le cœur de l'enfant qui doit rester sous sa direction pendant un an.
L'idée de Goldsmith me semble ingénieuse, d'une exécution facile, et je ne crois pas qu'aucun directeur de lycée ait tenté de l'appliquer.
Peut-être les enfants des basses classes n'auraient-ils pas le jugement et la raison nécessaires pour appliquer certaines peines au coupable ; mais c'est à partir de la cinquième que ces sortes de tribunaux feraient naître dans le cœur des élèves des idées de loyauté et de justice si nécessaires dans la vie.
Ces jeunes gens se sentiraient relevés par la dignité de jurés : une peine qui les atteindrait entraînerait leur déchéance de cette fonction; ils prendraient garde à leurs actes, et cette magistrature, ils en seraient fiers, tour-à-tour jugeant et pouvant être jugés par leurs pairs.