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LES DESSINS D'ENFANTS

Je ne suis pas le premier à faire remarquer l'importance du dessin et la facilité avec laquelle on apprendrait cet art à l'enfant, car le dessin offre la particularité d'être tout de suite attrayant.

Un enfant dessine poussé par son instinct ; il ne lui viendra jamais à l'idée d'imiter par des jambages les caractères qu'il a vus dans des livres. Le dessin est une récréation; récriture semble une leçon géométrique.

Dans les contours maladroits qu'il trace, déjà l'enfant se sent créateur. Il reproduit quelque chose qu'il a constamment sous les yeux, le masque humain; par une faculté mystérieuse qu'il ne soupçonnait |)as en lui, il en trace le profil sur un mur. On ne lui a

pas appris et il sait : le contour qu'il vient de créer spontanément Tégaye.

Un professeur qui s'inquiéterait de ces aspirations aurait peu de chose à faire pour pousser son élève dans la voie de dessins plus réguliers. En joignant renseignement des deux arts, l'initiation à l'écriture deviendrait plus amusante et plus facile : le professeur, sans trop appuyer sur les principes, démontrerait la valeur des lignes droites, des courbes, des angles, des écartements et rapprochements des diverses parties du visa'ge de l'homme.

Je cherche en France un homme qui ait pensé à ce sujet et je ne vois trace d'une semblable méthode que chez Topffer, l'ingénieux dessinateur ^ : s'amusant lui-même des caprices de son propre crayon, il enseigna sans doute aux élèves de son institution cette précieuse faculté tant prônée cinquante ans auparavant par Lavater, de disséquer l'homme à fond en se servant du trait graphique comme bistouri.

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