‹ Les enfantsChapitre 52 sur 66 · Voirie Traité de ph ysiogiiomomic, m-i'*. GGnè\e · texte numérisé non relu

Voirie Traité de ph ysiogiiomomic, m-i'*. GGnè\e

En dessinant un profil, comme le recommandait Lavater, alors il est possible de se rendre compte des parties harmoniques de la figure humaine, pourquoi la bouche, le nez, le menton se -sont prolongés, fendus, agrandis démesurément. Grâce à ces études, on retrouverait le coup d'ébauchoir primitif de la nature envisagée comme sculpteur, cette nature qui a une telle horreur du laid qu'elle envoie le plus souvent l'enfant beau pour reprendre plus tard au lit de mort le vieillard grave.

Ce n'est qu'exceptionnellement que la nature crée un visage inharmonieux. L'antagonisme des hommes entre eux, les vices, les passions, l'amour de l'argent, l'égoïsme, autant de gouttes de liqueurs frelatées qui injectent le masque humain et y font tache. Pour l'observateur, les agglomérations successives des vices sont visibles comme les repeints d'un barbouilleur sur un chef-d'oeuvre. Ceux qui ont assisté à la toilette de l'acteur se faisant une tête à l'aide de postiches^ c'est-à-dire de morceaux de carton et de ficelles, peuvent regarder l'homme se pro-

mener de trente à soixante ans sur le théâtre de la vie, la physionomie couverte de semblables adjonctions.

C'est par la pratique du dessin qu'on apprendrait quel degré de confiance il faut apporter aux divers masques dont l'homme se couvre le visage dans un carnaval qui dure toute la vie.

Celui-ci est-il né vicieux ou faut-il en accuser la société ? Sa nature était-elle foncièrement mauvaise? Doit-on s'en défier dans le commerce habituel? Celui-là qui a passé une couche de froideur sur sa physionomie ne cache-t-il pas à l'intérieur des qualités qui tendaient à s'épanouir et qu'il a rentrées soigneusement pour ne pas les salir au contact des êtres vicieux? Faut-il aller à lui et s'en faire un ami ?

Déjà la pratique du dessin, ne fut-elle utile que pour faire comprendre les lois du Beau et leur parfaite harmonie, procure de pures jouissances; mais si l'œil habitué à scruter le masque humain apprend à se mettre en garde contre ceux-là, à demander aide à ceux-ci, on voit de quelle importance est

l'étude du dessin et pourquoi il est utile de s'escrimer jeune avec le crayon.

C'est d'ailleurs la langue universelle qui fait qu'il n'existe i^as de peuples étrangers, que l'homme peut communiquer avec eux à tout instant et pénétrer plus vivement que par les livres au fond de leur civilisation, de leurs mœurs et de leurs coutumes.

Ces précieuses connaissances, le dessin les procure.

Et quand je vois un enfant qui, en revenant de l'école, charbonne de naïfs profils

sur un mur, je songe quelles facultés latentes pourraient être développées, que néglige l'enseignement pédagogique actuel.

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