‹ Les enfantsChapitre 55 sur 66 · NÉCESSAIRES A LA JEUNESSE · texte numérisé non relu

NÉCESSAIRES A LA JEUNESSE

« Je ne conserve pas de souvenir plus mélancolique^ m'écrit un ami, que celui d'une certaine grande porte au-dessus de laquelle était écrit en gros caractères Colle- (jium. Les casernes et les hôpitaux peuvent aller de pair avec ces grands murs tristes, ces cours sans verdure, dans l'intérieur desquelles nous prenions nos récréations. Ce n'était qu'avec anxiété qu'au petit jour je me levai pour me rendre à ce coUegium qui n'avait qu'une rime : pensum.

« Tous les matins j'en prenais le chemin comme le condamné va à la prison.

« Je vois encore la salle d'études avec ses quinquets graisseux et un non moins graisseux maître d'études en chaire. Des mains du maître d'études nous passions à celles de professeurs vieux et désagréables dont l'enseignement ne parvenait pas à pénétrer dans mes oreilles.

« Aussi n'ai-je rien appris pendant le temps que je restai dans ce maudit endroit ; tout m'était gêne, appré-

hension, torture, et c'est la tête basse qu'aujourd'hui encore je passe sous les murs de l'ancien collège. »

Je dois dire tout de suite que mon aini n'est pas un esprit chagrin; il n'est resté ni paresseux ni ignorant ; il a fait plus tard son éducation lui-même dans des circonstances difficiles, et il est arrivé après de longs efforts à conquérir une place honorable dans la société.

Faut-il accuser les professeurs ou lui de cette indiscipline, de cet esprit rétif qui empêchèrent mon ami de goûter aux fruits d'unc^ instruction qu'il regrette sans cesse?

Tel que je connais l'homme, j'attribue cette éducation manquée à l'enseignement de son temps, à celui de ses professeurs, aux professeurs eux-mêmes.

L'organisation du travail dans certains collèges départementaux manquait de charme à cette époque, et la triste analogie avec l'hôpital et la caserne est encore applicable à plus d'un établissement de la même nature \

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