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Il iaut cependant montrer les deux faces de la question

Montaigne regrettait que dans les collèges de son temps on ne dressât pas des statues de la Joie, de Flore et des Grâces pour entretenir les jeunes gens dans l'image de la beauté. Et un professeur moderne, frappé de cette idée, ajoute : « Je partage les regrets de Montaigne, et je voudrais voir s'élever sous les arbres de nos lycées un peuple de statues, copiées sur les plus parfaits modèles de la sculpture antique ^ »

Ces statues, s'adressant à la fois à la vue et à l'esprit des élèves, rendraient plus palet ne pas s'en rapporter absolument aux froissements d'un être sensitif, qui, en raison de la délicatesse de ses organes, est naturellement disposé à appuyer sur la contrainte des premières années et à la forger plus dure qu'elle ne l'est en réalité.

Le souvenir des années d'étude n'est pas teint de si sombres couleurs pour tous les élèves ; on en a la preuve dans ces banquets où prennent place chaque année les anciens élèves des collèges parisiens qui veulent se retrouver, ayant au milieu d'eux leurs anciens directeurs ; n'est-ce pas le meilleur témoignage de la valeur de l'enseignement et des fruits qu'ils en ont recueillis dans leur vie ?

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