‹ Les enfants d'Édouard, ou, Le cinquième commandement de DieuChapitre 5 sur 31 · CHAPITRE TUOISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TUOISIÈME

i^e preniiep fruit île la bonne semeuce.

Une heure et demie s'était à peine écoulée depuis le tumulte de Ludlow, dont nous avons parlé, lorsqu'un nouveau rassemblement se fit dans la petite ville. Cette fois il fut occasionné par une tioupc à cheval assez considérable qui s'approcha au galop , ayant à sa tête un homme dont l'cxléiieur n'était rien moins qu'imposant. Le petit manteau de velours qui couvrait Iq^ épaules du nouveau venu, no pouvait dissimuler une bosse

CIlAlMil;!. III. S!»

dus appareille ; pas plus ([ue le talon liant d'une (le ses bottes ne pouvait caclicr l'inégale longueur lie ses deux janijjes. La figuie du ehétif personnage était des plus sinistres, et le duc de Glocester, car c'était lui, n'avait point travaillé à racheter par les qualités de l'ànie lea défauts de son extérieur si disgracieux. Usant de fourberie et de paroles hypocrites, lorsque la force ouverte lui était impossible ou devait lui être nuisible, il n'avait à sa dévotion que des âmes viles et étroites. De ce nombre était le shérif de Shropshire, que le désagrément d'avoir subi l'intervention de Warwick portait à demander la protection du duc de Glocester arrivé dans le comté. Le shérif s'empiessa de se présenter au duc avec la plus respectueuse obséquiosité.

— Monsieur, dit le duc après avoir entendu ce magistrat, le gouvernement vous est très reconnaissant de votre patriotisme ; je vais vous recommander aux faveurs du roi. Mais évidemment c'est une erreur do croire que le comte Hivers ail laissé partir le jeune aventurier. (]'eùt

W LES EiNFAMS DEDULAIiD.

été un acte aussi insensé que coupable. En tout cas, il l'aura fait mettre en lieu de sûreté, et il ne l'a accompagné avec cette grande escorte qu'afin d'empêcher sa délivrance par le peuple.

A ces mots, le duc quitta le shérif pour entrer dans la citadelle; il embrassa avec eiïusion le comte Rivers et baisa respectueusement la main du prince. Après avoir fait de grands compliments à ce dernier sur son application aux sciences, il s'adressa au comte Rivers avec une feinte aflabilité : — Le but de ma visite est double, dit-il; j'ai voulu voir mon royal neveu, sur qui l'Angleterre fonde tant d'espérance , et puis vous féliciter de grand cœur, monsieur le comte, de la capture, que vous avez faite ce malin. Cette agréable nouvelle m'est parvenue à Spl•ing^vord, et dès ce moment je n'ai eu rien de plus pressé que de hâter mon départ pour venir ici. Dans quel lieu sur, s'il est permis de le demander, avez-vous mis le jeune rebelle?

— i.c jeune rebelle? demanda Rivers étonné ;

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