CHAPITRE QUATRIÈME
Un service «l'ami.
Les voyageurs, c'est-à-dire Warwick et sa suite, s'étaient à peine engagés dans les détours de la forêt , lorsqu'une magnifique pelouse s'offrit à leurs yeux : elle était éclairée par les rayons du soleil du matin , et des gouttes de rosée scintillaient sur riierbe tendi'e comme autant de diamants. L'écho répétait par intervalles les concerts des oiseaux qui cachaient leur retraite et leurs jeux dans le feuillage d'uu vert somhre
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des vieux chênes. Parfois aussi les buissons s'agitaient, quand un sanglier ou un chevreuil s'ouvraient un passage à travers les haliiers touffus.
Warwick mit pied à terre en cet endroit. Ratcliff et le domestique suivirent son exemple. Le brouillard s'était dissipé et le soleil éclairait maintenant toute la forêt. Edouard et ses deux compagnons s'étaient assis sous un chêne, et tous les trois se laissaient réchauffer par les bienfaisants rayons. Se servant de sa toque comme d'un vase , le jeune comte puisa de l'eau fraîche et limpide à une source voisine. Puis il donna l'ordre à un de ses écuyers de lui apporter de la venaison et du pain qui se trouvaient dans l'une des poches de son manteau. Ce déjeuner sans cérémonie lui paraissait infiniment préférable à celui de Ludiow.
— Maintenant, se disait-il en lui-même, je n'envie plus ton sort, cousin Edouard; ah! comme ce lieu est plus agréable que les grosses murailles de ton château! comme cette eau est
im LES KNFAXTS U'ÉDOUAUI).
bonne (et il frissonnait en pensant au malvoisie) ! Toi, tu es forcé de te soumettre aux volontés capricieuses de ton oncle, tandis que moi je suis mon maître. Toi, tu es prisonnier des Gallois, et moi , seigneur libre, tout le pays m'est ouvert. Il coupa un morceau d'un cuissot de cerf.
— Où ce coquin de Jones est-il resté? dit-il (out à coup; sa précipitation l'aura fait tomber dans les mains du détestable Glocester. Ratcliff, tu lui as donné un mauvais conseil; tu mériterais de voir retomber sur toi tous les malheurs qui lui arriveront.
Dans ce moment les buissons s'agitèrent.
— C'est toi, Jones, dit WaiAvick tout joyeux, en reconnaissant celui qu'il croyait perdu. ]Mais son \ isage s'assombrit tout à coup
— Que vois-je! s'écria-t-il ; ah ! le traître! Glocester est avec lui! L'infâme! il tire son épée
Quoi! il rit maintenant et il la laisse retomber dans le fourreau ! jMais quel est donc celui qui l'accompagne?
Jones s'appi'ocha en soin laut.
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— Tl•alHjuillist'z-^ous, miloid, dil-il ; sans doute mon guide est la parfaite image de votre bossu d'oncle, avec cette dilTérence toutefois qu'il ne boite pas, et que c'est le plus vaillant et le plus hîibi le coureur de toute l'Angleterre; sa légèreté est telle qu'il ne laisse aucune trace de ses pas sur le sable. Son œil cligne comme celui de sa seigneurie votre vénérable oncle, sa bosse est au moins aussi grosse; mais ce poids ne le gène nullement et il franchit les broussailles avec autant de facilité que l'aiguille du tailleur traverse le drap ; aussi ai-je pu à peine le suivre. Par égard pour une ressemblance si parfaite avec lui-même, votre oncle Glocester devrait bien l'attacher à sa personne. Il m'a dit qu'il était âgé de seize ans. Si sa laideur se développe avec les années, que deviendra-t-elle? Alors sans doute les veuves, les enfants et même quelques citoyens poltrons prendront la fuite à sa simple apparition?
— Où l'as-tu rencontré et qu'as-tu fait de ton cheval? dit Edouard.
— .Je vais vous le dire, myiord. Ratclilf m'a