LES MÊMES, GLENARVAN
GLENARVAN.—L’Amirauté a refusé !.….
ROBERT ET ALFRED.—Refusé ! |
GLENARVAN.—Eue a parlé de millions vamement dépensés à la recherche du ‘“ Franklin ” ! Elle a déclaré le document obscur, inintelligible ! Elle à dit que la perte de ces malheureux remontait à une date si lointaine déjà, qu'il n’y avait plus aucune chance de les sauver.
ROBERT. —Plus d’espoir.
ALFRED. Mon père, mon pauvre père !..
GLENARVAN.— Votre père !.…
Wizson.—Oui, mlord ! Alfred et Robert Grant, les deux enfants du capitaine abandonné !
GLkNARVAN.—Pardon !.. Si j'avais su qui vous étiez... j'aurais.
ALrreD.—Nous vous remercions, milord, de ce que vous avez bien voulu faire. Mais je ne renonce pas, moi, à sauver mon père et mon frère. : Si les gens de l’Amirauté sunt sa s eœur et sans entrailles, la reine est bonne, elle me eompren: dra !.. j'irai trouver la reine !
GLENARVAN. —On ne vous permettra pas d’arri- ” ver jusqu’à Sa Majesté !
ROBERT.—-Eh bien, moi, j'irai l’attendre au passage, je me jetterai sous les pieds de ses chevaux, et si meurtri que je sois, lorsqu'on me relè vera, Dieu me laissera assez de force pour crier à la reine : Sauvez mon père et mon frère !
ARCHIBALD.—-Maïs c'est un ange que ce petit diable-là !
ALFRED.— Viens, Robert, partons.
GLENARVAN.—Mes enfants.
RoBErr.—Milord, permettez-moi de voir, avant de nous éloigner, ce document tombé entre vos mains... cet écrit.
GLENARVAN (/#i remettant le papier). — Le voici...
ROBERT. — Mon frère ! regarde ces lignes à demi effacées ! Oui ! c’est bien l'écriture de notre père. Vois, vois ! Sa main n’a pas tremblé en les traçant !.…
ALFRED.—Oui, oui! Je les reconnais ! Oh!
chère et dernière lettre du naufragé, que je te couvre de es baïsers !.…..
ROBERT (D/eurant). - Prends garde d’en rien
ses OÙ
effacer, Alfred! Hélas! quelques mots à peine en sont encore lisibles !
ARCHIBALD.— Savez-vous bien, mon neveu, que ce lord de l’Amirauté est un homme sans cœur ?… oui, sans cœur, et je vais lui écrire ce que je pense de ses procédés inhumains ! Ces pauvres enfants, que vont-ils devenir?
GLENARVAN.—Avez-vous encore une famille à Glasgow, mes enfants.
ALFRED.—Notre mère n'est plus depuis longtemps. Hélas ! nous sommes seuls au monde, milord !
GLENARVAN.— Ecoutez ce que je vais vous dire. En écrivant ce document et en le jetant à la mer, le capitaine Grant le confiait à Dieu lui-même... et si Dieu l’a fait tomber entre nos mains, c’est qu'il voulait nous charger du salut de ces malheureux naufragés !
ALFRED.—Milord... que voulez-vous dire ?.…
GLENARVAN.-Mon bâtiment est un yacht à vapeur de huit cents tonneaux. Christophe Colomb et Magellan n'avaient pas de si bons navires, quand ils couraient les mers! Avec le ‘ Duncan ”, je peux faire le tour du monde! Eh bien, j'irai À la recherche du capitaine Grant !
ALFRED (/ombant aux pieds de Glenarvan).— Ah ! milord !
GLENARVAN.—Mes ht l.. je ne fais que remplir un devoir dont le ciel m’a chargé.
RoBrrT.—Merci, vous êtes un brave et digne homme !
ARCHIBALD.—Bien ! très bien! Glenarvan !
ROBERT. — Mais où chercherez vous mon père et mon frère?
GLENARVAN.—C'est sur le trente-septième parallèle, dit ce document, que le naufrage s’est ac-
Des PT ie
compli. Eh bien, nous ferons s’il le faut, le tour de ce parallèle jusqu’au point où nous retrouverons votre père !.. N'est-ce pas, Wilson ?
WiLsoN.—Oùi ! Votre Seigneurie a raison |
ROBERT.—Milord, emmenez-nous !
GLENARVAN.—Vous emmener P
ROBERT.—Oui, milord! Oui! Prenez-nous à votre bord, comme mousses, n'importe... Emmenez-nous |... je sens que nous retrouverons nos chers naufragés.
GLENARVAN.—Eh: bien, soit. Le ‘“ Duncan ” est un bon navire, bien équipé, et bien commandé. Vous y aurez tout le confort nécessaire, même à une longue traversée.
ALFRED.—Milord... votre générosité.
ARCHIBALD.—Eh bien. eh bien, j'en serai ausst moi, du voyage !.… | GLENARVAN (4 Wäson)— Le “ Duncan ” est armé, Wilson, son équipage est au complet !
Faites-le approvisionner pour une longue campagne, et dans huit jours nous aurons pris la mer. Wilson.—Ce sera fait, milord.