SCÈNE III
MuLRAY, ALFRED, ROBERT, P#is ARCHIBALD ET WILSON.
Robert et Alfred se présentent à la grille du parc que Mulray va ouvrir.
RoBERT.—Lord Glenarvan. s’il vous plaît ?
MuLRAY.—Sa Seigneurie n’est pas ici, mais on: attend son retour d'un moment à l’autre.
ROBERT.—Alors, restons et attendons. (27 v« se camper sur une chaise les bras croisés.)
MuLray.—Eh bien, :l est sans gêne et pas mal décidé, ce petit bonhomme |
ALFRED:— Non, Robert. Nousreviendrons dansune heure, monsteur.
MuLravy. - Vous pouvez demeurer ici. D’ailleurs voici lord Archibald, l'oncle de lord Glenarvan. (Zord Archibald paraît avec Wilson.)
‘ ARCHIBALD —(/es apercevant). —Des étrangers ?”
ALFRED.—Pardonnez-nous, milord, mais ayant lu un avis inséré dans un journal, relatif au navire le ‘“ Britannia ”.…
ARCHIBALD.—Feriez-vous partie de la famille de l’infortuné ?.…
ROBERT (a//ant à lut).—Nous sommes les enfants du capitaine Grant, milord.
ARCHIBALD —Ah ! mon Dieu! Les... les enfants.. du... du cap... les enfants du pauvre cap. Eh bien, nous l’avons trouvé.
ALFRED ET ROBERT.— Trouvé ! !..
ARCHIBALD.—Dans le ventre d’un requin !..…
ROBERT.—Comment ?.…
ARCHIBALD.—La bouteille !.…
ALFRED.—Milord... expliquez-vous, je vous er eonjure |
| — 23 — | ARCHIBALD.— Wilson, expliquez, je vous prie, expliquez.
WIiLsON. — À l'instant, milord (4 Æobert.) Vous dites donc que vous êtes.…
ROBERT (d’un ton décidé).—Alfred Grant, mon frére, et moi, Robert Grant, fils du brave capitaine de ce nom. Et voilà dix-huit mois que nous sommes sans nouvelles de notre père et de notre frère James, embarqués sur le “ Britannia ” ! Maintenant, à votre tour, monsieur, dites-nous vite ce que vous savez.
| ALFRED.—Veuillez excuser la vivacité de mon
frère! Il n’a que quatorze ans.
RoBEerT.—Eh bien! Quatorze ans! Ce n'est donc rien ?.. Les trois quarts d’un homme.
Wizson.—Sachez donc qu’il y a quelques jours, nous avons repêché dans la Manche une bou- | teille dans laquelle se trouvait un document, concernant le sort du ‘“ Britannia ”.
RoBERT.— Ecrit de la main de mon père?
WiLsoN.—Oui.
RoBERT —Je veux le voir, monsieur! (4 4r-
«chibald.\ Milord, donnez-le moi, milord ! Que je
puisse au moins baiser son écriture | !
ARCHIBALD.-—Mais je ne l'ai pas ! je ne l'ai pas. Wizson.—Lord Glenarvan à emporté ce docu-
ent pour le communiquer au lord de l’Amirauté, ALFRED.—Et que dit ce papier, monsieur ?
, Wizson.—Il dit que le ‘“ Britannia ” à fait nauage et que.
: RoBERT.— Maïs mon père... mon frère James ?.…
- Wizson.—Le peu de mots, restés lisibles, nous
jermettent d'affirmer que le capitaine Grant et
on fils ont échappé à la mort ! Jetés sur un point
es mers du Sud... ils demandent secours.
: ROBERT.— Et ce point, quel est-il?
Wizson La situation en est malheureusement indéterminée... Mais quelques indications per mettront de tenter des recherches.
RoBERT (remonte avec Alfredi.—Alors il faut partir, partir au plus vite, n’est-ce pas, milord.
ARCHIBALD.—Il est charmant, ce cher petit diable | -__ ALFRED.—Et que peut-on espérer, monsieur P*
WiLson.—Que VAmirauté ne se refusera pas à envoyer un bâtiment dans les parages indiqués.
ALFPED (allant à Wäilson) —Mais si mon père, si mon frère, depuis un an déjà, sont abandon: nés. dans cette île déserte, sans vivres... sans vêtements |...
WiLsoN.—Ayez bon espoir. Lord Genarvarn est influent. L’Amirauté ne laissera Das périr sans secours de braves sujets de la reine, qui lu demandent assistance !
Depuis guelques instants lord Glenarvan a paru au fond ; il a entendu les dernières paroles de Wilson.