‹ Les enfants du capitaine Grant [microforme]Chapitre 8 sur 37 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

MuLray, BOB, en matelot.

Bob entre précipitamment par la droite, comme un homme qui fuit et veut.éviter d'être vu.

Bo8 (frappant sur l'épaule de Mulray). — Mulray.

MuLRAY (se retournant).—Hein ! qui va là?

Bos. Moi, cousin!

MuLray.—Bob Brown! | Bo8.—Oui ! c'est moi, mais dans quelques instants ce ne sera plus moi, si on me trouve | parce que sion me trouve on me prend ! et si on me prend .… on me pend | : MuLray.—On te pend?

Bos.—Et je ne l’aurai pas volé, cousin!

MuLRAY.—Qu'as-tu donc fait P »: Bog.—Ce que j'ai fait ! J'ai... j'ai eu une violente querelle avec ma femme... et... (avec douleur) et L j'ai fait boire la malheureuse !

Murrav.—Eh bien, mais... il n'y a pas grand al à cela.

. Bo8.—C'est que... je lui ai fait boire... de l’eau “de mer !.… » Murray.—Ah!

Bos.—Beaucoup d’eau de mer ! MuLray.—Et elle en a été incommodée?

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BoB.—Très incommodée !.... Si incommodée, cousin, que l’infortunée est restée au fond de la tasse |

MuLray (effrayé).—Le tasse ! Quelle tasse ?

Bo8.—-La grande |... l'Océan !.…

MuLray.—Malheureux !... Tu as noyé ta femme |

BoB—C'est à mon corps défendant, cousin.

Voilà l’histoire : Nous étions allés faire une promenade en canot, ma femme et moi, et mon épouse, suivant son habitude, tout en navi émis me querellait. Je cherchais à la calmér, i rsque tout à coup elle se monte, elle s'empore, pm, saisit à la gorge et se met à me secouer, au Mont de faire chavirer le canot. Elle me repouss®. je la repousse |. Elle se cramponne à moi, je me cramponne à elle, et nous roulons ensemble dans les flots. Quelques instants après, je me trouvais sur la grève, mais je m'y trouvais seul, Je regarde de tous côtés, je cherche, j'appelle,,, Ma femme n'avait pas reparu ! Rempli d'épouvante et trempé jusqu'aux os, je me suis mis alors à fuir, croyant entendre une voix terrible qui me criait: Caïn qu’as-tu fait de ta femme |

MuLray.—Et ce qui t’'amène ici, c’est le remords ? |

Bos.——Oui, le remords, l’affreux remords !.,, et la peur de la police !...

MuLray.—Enfin, que viens-tu faire ici, malheureux ?

Bo8.—J’ai pensé que tu ne voudrais pas être le cousin d’un pendu, et que tu me ferais admettre à ! bord du “ Duncan,” qui appartient à lord Glenar- | van, et qui doit bientôt partir. |

MuLray.—L'équipage est au complet, mon pauvre Bob!

Bo8.—Alors, puisque personne ne me connaît

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dans cette maison, tâche qu'on m'y prenne comme domestique... pour tout faire... même ce que je ne sais pas |

MuLRAY.—On n'a besion ici que d’un valet de chambre, et c’est notre cousin Bnb Riggles, qui va occuper la place.

Bos.—Le cousin Bob Riggles? Mais non! Ilne viendra pas ! Ilest parti aujourd’hui pour Glasgow. Il s’est trouvé une autre place. Il avait appris que lord Archibald est très capricieux.

MuLRrAY.— Eh bien, lord Archibald va être content !

Bos.—Tu t'inquiètes de lord Archibald, lorsque moi !... Qu'est-ce que je vais devenir, grand Dieu !

Muzray.—Va à Glasgow ! Tu trouveras quelque bâtiment en partance ! Tiens, si tu manques d’argent, en voilà. (Z7 /ui en donne.) | Bo8 (empochant l'argent).—De l'argent. Ce n'est pas cela qui me consolera. (Zexdant la main.) En as-tu encore ?

MuLray.—Oui, mais celui-là j’en ai besoin pour moi. Je le garde.

. Bos (à part). —Egoïste ! (ZZaur.) Non, décidé- , ment, je n’irai pas à Glasgow... Il faut que je . trouve un moyen... Ah1 je crois que j'en tiens un! Ecoute, cousin, voilà ce que je vais faire... (On : sonne.) Je. , quelqu'un !...

r MuLray.-—Sauve toi, cousin!

: BoB.--Je me sauve, mais j'ai idée que nous nous reverrons tantôt. (77 sort à droite.)

MuLrAY.— Pauvre Bob! que veut-il ?,,, Qui nous arrive là?..,

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