‹ Les enfants du Duc de BerryChapitre 12 sur 57 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

La Chapelle de Kings Street.

Le premier des actes de baptême que nous venons de citer ne donne, on a pu le voir, que la date de l'ondoiement et non celle de la naissance, qui nous sera fournie seulement par l'acte de mariage. C'est dans les pièces annexées à cet acte de mariage, à la mairie du T" arrondissementde Paris, que Berryer en trouva le texte et dont il se servit pour sa plaidoirie dans l'affaire Paterson- Bonaparte. Ce n est pas là cependant que M. Nauroy, qui le publie, a pu le prendre, puisqu'il a été brûlé en 1871, mais sans doute à l'ambassade de France à Londres, qui en possède une copie, €omme nous allons le voir tout à l'heure.

Quant au deuxième de ces actes, bien que sa forme soit identique au premier et qu'il émane des registres de la même chapelle, il n'avait été publié

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oncoro par personiu', ol je suis le })rcmior^ je crois, à en avoir entre les mains le texte intégral.

Toutes les recherches, en elTet, jusqu'ici sont demeurées vaines pour trouver les originaux de ces deux actes, et c'est inutilement qu'on a dépouillé tous les registres des chapelles de Londres : La découverte de ces deux pièces n'aurait eu assurément qu'une importance bien relative et ne nous aurait rien appris de nouveau, puisque nous avons des copies dont personne ne songe à attaquer Tauthenticité (1) ; mais on pouvait espérer que les mêmes registres qui contenaient les baptêmes porteraient également trace du soi-disant mariage du duc de Berry et d'Amy. — M. Nauroy, M. de Rorch'Yantel et tous les partisans du mariage ont déclaré tour à tour, les uns en 1805, les autres en 4806, que c'était dans la chapelle catholique de Kings Street, à Londres, qu'avait eu lieu la cérémonie (2). Or, dès 1861 , Berryer avait élucidé cette question importante. Dans sa brillante plaidoirie contre IVP Allou, qui voulait assimiler le mariage Bonaparte -Paterson au pseudo- mariage Berry- Brown, il s'élevait avec force contre cette légende mensongère, et donnait lecture au tribunal de la

(1) Ch. Nauroy, Les Secrets des Bourbojis, p. 12.

(2) Ibid., p. 52.

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lelLrc suivante, émanant du chapelain de la chapelle française de Londres, qui réduisait à néant les déclarations de son adversaire (1) :

« Cher Monsieur Berryer, nos livres ont été parcourus avec le soin le plus scrupuleux, par le chancelier de l'ambassade française; il a été impossible d'y découvrir la moindre trace d'un acte de mariage ou de baptême Ferdinand ou Brown.

« L'ambassade a en main une copie d'un acte de baptême Ferdinand-Brown, qu'elle s'est procurée en France, je ne sais où. Les noms des abbés qui ont baptisé et ondoyé cet enfant, en 1809, se trouvent dans nos registres et rien ne prouve qu'il y ait jamais été inscrit et qu'il en ait jamais été détaché. »

M. Albert Renard, directeur du journal La Légitimité, organe de la survivance de Louis XYII, a fait, en 1903, une nouvelle tentative et n'a pas été plus heureux. Sur sa demande, le docteur Charles Ewart^ de Londres, a parcouru vainement les registres, aujourd'hui déposés à l'ambassade de France; il y a trouvé maintes fois les signatures des abbés Chesné et Massot, mais nulle part il n'a vu d'actes de mariage ou de baptême se rappor-

(1) Gazette des Tribunaux, 2 février 1861.

tant à Charles-Ferdinand, duc de Berry, à Amy Brown on à leurs enfants.

J'ai moi-mi'me reçu communication, par l'entremise do riiistorien de la duchesse de Berry, M. Thyrria, d'une lettre écrite le 4 octobre 1902, par M. labbé Tourzel, curé actuel de la French Chapel de Kings Street, où il est dit : « Je suis allé aujourd'hui à l'ambassade française, le chancelier a bien voulu m'aider dans la recherche de nos registres, nous n'y avons pas trouvé le mariage du duc de Berry avec Amy Brown. Il y a donc une erreur, que Le Figaro peut-être éclaircira (1). »

Pour plus de sûreté et de précision, je n'ai pas voulu m'en tenir Là, j'ai fait personnellement un nouvel appel à l'amabilité de M. l'abbé Tourzel, qu'il ne faut pas confondre avec son oncle et prédécesseur, correspondant de Berryer, et il a bien voulu me répondre la lettre suivante :

« Freuch Chapel Saint-Louis-de-France, « Little George Street, Portman Square W. Ce 11 avril 1904.

« Cher Monsieur,

« Vous me pardonnerez ce retard, mais votre lettre est venue me trouver en France.

« Je suis rentré samedi soir, et aujourd'hui je suis allé à l'ambassade consulter nos registres :

(1) Inlerinédiaire des Chercheurs et des Curieux, 30 avril 1903.

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« i" J'ai constate que dans chacun des actes de baptême de rannée 1806 il y a toujours comme libellé :

« Avons baptisé un garçon, ou une fille, né du « légitime mariage... »;

« 2° Si ce mariage avait été célébré dans une autre chapelle que celle de la chapelle française, ce ne pourrait être qu'à la chapelle de Spanisch Place, tout proche de la nôtre et qui est devenue chapelle anglaise.

« Je crois que l'on a fait en vain des recherches dans les registres de cette église;

« 3° Nos registres de Kings Street ne portent point de trace de tnutilation et les feuillets sont numérotés; une soustraction me paraît invraisemblable.

« Voilà, cher Monsieur, les réponses aux trois questions posées.

« Veuillez croire à mon entier dévouement en

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