NATURALISATION RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
N» 59864. Liberté, Egalité, Fraternité.
« Au nom du Peuple français,
« La Commission du Pouvoir exécutif;
« Vu le décret du 2 mars 1848;
« Vu la pétition et les pièces à l'appui présentées par le sieur Georges -Granville Brown, tendant à obtenir d'être admis à jouir des droits de citoyen fmnçais;
« Vu le décret du 18 mars 1848;
200 LES lîNl-ANTS DU DUC Dli UEKKY.
« Arrête ce qui suit :
Articlic premier.
« Le sieur Georges-Grauville Brown, i\6. le 20 février 1805, à Londres (Angleterre), demeurant ù Mantes (Seine-et-Oise),
« Est admis àjouir des droits de citoyen français.
Art. 2.
« Cet arrêté sera publié et inséré au Bulletin des Lois.
« Fait à Paris, le 13 juin 1848.
(( Le Ministre de la Justice, délégué, (( Signé : Bethmont.
« Pour ampliation :
« Le Di)'ecteur des Araires civiles,^ « A. Dalmas.
c( Le Secrétaire du ministère de la Justice, (( A. Tallandier.
« Droits :
« Sceau 100 fr.
« Enregistrement 22 fr.
« Référendaire. 172 fr. »
LES ENFANTS DU DUf DE nEHRY. 201
Il est curieux de rcmiirciurr que co décret qui «levrait être inséré au IhiUctin des Lois ne s'y trouve nulle part. Je l'y ai cherché vainement, tant au nom de Brown qu'à celui de Granville^ mais il m'a été fourni par M. Grave, et je ne puis douter, par conséquent, de son exactitude.
Fût-ce son louable désir de servir dans la garde nationale ou sa prétention de descendre du duc de Herry qui le décida à demander la naturalisation française? En tout cas, cette ambitieuse prétention ne lui serait venue que tardivement, puisque nous l'avons vu, sur son acte de mariage, accepter, en 1838, la paternité de Georges-Gran ville Brown. S'il avait déjà cru, à cette époque, être d'origine bourbonienne, il se serait plutôt résigné à être inscrit comme né d'un père inconnu que d'en avouer un qui ne rappelait aucunement celui dont il se targuait, et dont l'existence même détruisait d'un seul coup le laborieux échafaudage de sa naissance royale.
Il est fort possible, du reste, que ce ne soit que fort tard que cette conviction, ou cette prétention, ait pris chez lui réellement naissance. M"'^ Tertre, qui croit naturellement à la paternité du duc de Berry, s'imagine que c'est seulement à la mort de sa mère, lorsqu'il prit connaissance des papiers conservés dans cette chambre de Mantes qu'on