‹ Les enfants du Duc de BerryChapitre 43 sur 57 · CHAPITRE XXVI Les dernières années de Georges Brown · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI Les dernières années de Georges Brown

Georges Brown était âgé de soixante-dix-sept ans lorsqu'il mourut à Mantes, le 2 juillet 1882. Ses neveux de Lucinge et de Charette étaient là lors de son décès, et on a vu qu'eux-mêmes apposèrent leur signature sur l'acte mortuaire. La princesse de Lucinge avait accompagné son fils et était venue assister son frère à ses derniers moments; elle ne rentra à la Vigne-Faucigny que quelques jours plus tard, après le règlement des affaires.

Par son testament, M*. Brown laissait toute sa fortune, un peu plus de 200,000 francs, en nue propriété à ses deux sœurs, et l'usufruit à sa femme, avec une somme de 4,000 francs en propre. Il faisait, en outre, un legs d'une rente viagère de 400 francs à M"'' Tertre, née Louise Lebeau, et une autre rente de 700 francs à M""* Haigh,

née Emma Marschall, dcmoui anl K(»a<l Pockaii, à Londres. Cette renie ncHail que la continuation iVnno autre déjà servie. Aucune indication n'était <lonii('>e, comme je l'ai dit déjà, pour expliquer à quel titre ces générosités étaient faites, mais nous avons déjà vu qu'elles s'appliquaient à sa sœur et à sa fille. M. Brown, on ne l'a pas oublié, était un homme fort pieux, membredu conseil de fabrique de sa paroisse, président de la Société de Saint- A^incent-de-Paul et secrétaire de la Société de l*atronage des jeunes détenus; il laissait donc une somme suffisante pour aider à soutenir quelques bonnes œuvres qu'il dirigeait pendant sa vie. Enfin, il faisait don de quelques livres au prince de Lucinge, son beau-frère, dont un Rabelais (celui de Gustave Doré, si je ne me trompe). Quant à son mobilier, il le léguait également à sa femme, avec la jouissance de la maison. Les époux Brown ayant été mariés sans contrat, la liquidation fui très simplifiée ; en raison de sa qualité d'étranger, les hommes d'affaires et la famille avaient intérêt à ne pas soulever de difficultés, et personne ne se préoccupa des origines de propriété. Partant, il ne fut jamais question des acquêts et aucune indication ne fut donnée sur l'héritage que M. Brown avait dû recueillir de sa mère en 1876.

Dans un premier testament fait à une époque

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unlrriciirc, les deux opoux s'élaicnl loul doiiiir au (Iciiiior suivi vaut; mais, plus tard, M. lirowti so sentant malade et gravement atteint, avait pris d'autres dispositions et modifie cette donation comme nous venons de le dire.

Les deux Freemann, i'rères de Georges Brown, ne paraissaient pas dans ce testament, puisque tous deux étaient décédés depuis plusieurs années. Ce ne fut que quelques jours après l'événement que M""" Tertre fut avisée du décès, et elle ne fut même pas prévenue de la date de la sépulture. Tout était terminé lorsqu'elle se rendit à la convocation du notaire de Mantes, qui lui apprit le chiffre de la libéralité qui lui était faite. Louise Lebeau était attristée autant que blessée de n'avoir été prévenue par personne; elle refusa fièrement la rente qu'on lui proposait^ disant simplement que sa position, quelque modeste qu'elle fût, lui permettait de refuser cette aumône; puis, sur les représentations du notaire qui lui faisait valoir les intérêts de ses enfants, elle déclara qu'elle accepterait le capital de la rente qui lui était offerte. Dès le lendemain, le notaire lui faisait savoir que les héritiers consultés faisaient droit à sa demande et lui adressaient la somme de 8,000 francs, représentant le capital de 400 francs de rente. Mais, détail qui lui est encore sensible, aucun souvenir de son

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pôro no lui fui doniK'', et malgré son acte de naissance où elle est (lualifir-e d'enfant légitime, ce n'est qu'à litre d'enfant naturel qu'elle intervint dans la succession.

Les dispositions laissées à sa mort, qui survint en 18ÎM, par M"" Clranville Brown n'olfraient rien de particulier qu'un legs à la vieille bonne qui l'avait servie jusqu'à la fin de sa vie. Usufruitière, tout revenait à la famille de son mari, et M°*°* de Lucinge et de Charotte qui n'avaient aucune raisoa de conserver la maison de leur frère, la mirent en vente, ainsi que le mobilier, après qu'on en eût retiré les souvenirs qui pouvaient offrir quelque intérêt.

Le fils de l'unique bonne de M"" Granville Brown a assuré à M. Grave, à diverses reprises, qu'il avait brûlé, avec les neveux du défunt, de nombreux papiers, alors qu'on allait vendre tout le mobilier qui garnissait la maison. Une volumineuse correspondance existait, paraît-il, entre Brown et les tilles de son premier mariage ; toutes ces lettres furent soigneusement détruites.

Il est une pièce qui nous eût apporté sans doute des révélations bien piquantes et qu'il eût été bien curieux de pouvoir consulter : c'était un cahier de notes de jeunesse écrites par M. Brown, quand il habitait Naples. Le fils de cette ancienne servante pré-

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