‹ Les enfants du Duc de BerryChapitre 44 sur 57 · I.ICS KNFANIS DU l>ir Dli HKICltV. lil · texte numérisé non relu

I.ICS KNFANIS DU l>ir Dli HKICltV. lil

leiulait l avoir en sa possession; mais cel iiomnie, journalier de son état, n'avait guère de domicile stable, et il a disparu avec son cahier sans qu'il ail été possible de le retrouver.

L'avant-dernier Jîourbon, comme l'appelait jadis M. Grave, jouissait d'un revenu de 20,000 livres de rentes, et, sur cette somme, 10,000 à 12,000 livres étaient en viager. Cette rente lui fut servie régulièrement jusqu'à sa mort, 11 dépensait tout son revenu et ne faisait aucune économie ; mais comme il vivait très petitement, il en consacrait tout au plus six à son tfain de maison. Le reste passait donc en bonnes œuvres ou en dépenses secrètes.

Avait-il, à l'insu de tous, des goûts dispendieux, auxquels il sacrifiait en cachette? c'est ce que l'on ne saurait dire avec précision; on peut prétendre avec certitude cependant que, malgré les égards qu'il témoigna toujours à sa femme, il ne fut pas un mari fidèle. C'était un homme plutôt borné, et le fait d'avoir été tous les jours aider la marchande de journaux de la ville de Mantes à vendre sa marchandise, la remplaçant même au besoin dans sa boutique, ne cadre guère avec ses prétentions bourboniennes. M™* Granville Brown, née Brown, était petite, un peu forte, et très ordinaire sous tous les rapports, sans pourtant être vulgaire. Mais elle et son mari vivaient bourgeoisement dans

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toute racceptiondu Icrnio, cl se conlontaienlii'iiue unique servante, (lette dernière en usait envers sa maîtresse avec la plus grande familiarité, raccompagnant chaque jour à la messe, s'asseyant à ses côtés à l'église, et causant amicalement avec elle à l'aller et au retour. Le mari semblait dans les meilleurs termes avec sa femme, mais celle-ci, un peu sauvage, vivait le plus souvent dans sa chambre et s'occupait presque exclusivement de& soins du ménage. Ce sont ces habitudes un peu terre à terre qui avaient laissé croire à M. Grave que le terme de « spinster », qui lui est attribué comme qualification dans son acte de mariage, pouvait être traduit par le mot fileuse, qui semblait lui convenir, tandis qu'il veut dire tout simplement «jeune lille » ou célibataire. Jamais elle ne quittait Mantes et elle n'accompagna non plus jamais son mari à la Gontrie. Gar, quoi qu'en dise l'article du C(irnet de septembre 1902, intitulé : « Georges Brown «^ et signé : Trois Etoiles, il se rendait tous les ans dans la famille de Gharette et y passait un mois à l'époque des chasses. 11 est donc absolument inexact de dire que son existence aurait pu rester ignorée des amis les plus intimes de la famille, puisqu'il s'y réunissait à ses neveux, à son frère JohnFreemann, et à d'autres invités qui se rappellent sa présence et me l'ont assurée de la manière la plus

loimclle. iM. IJiown scmhlaitcn bons termes avec tous ses parents, et ses neveux ne l'appelaient que l'oncle Granville et non l'oncle Brown. Tous ceux qui l'ont vu à la Contrie ne lui ont jamais entendu donner un autre nom, et nous avons vu précédemment que c'est le seul sous lequel il est désigné dans un certain nombre de pièces officielles au ministère de la Guerre. La petite maison habitée par ce singulier descendant des rois de France existe encore à Mantes, au n" 7 de l'avenue de la République, autrefois la rue Saint-Pierre. « A travers les barreaux de la porte en fer, on aperçoit la façade endormie de cette banale maison du siècle dernier. Une petite pelouse plantée de quatre pins la précède, et l'herbe pousse dans les allées et entre chaque pierre. » Elle a été vendue 42,300 francs^ et c'est un habitant de Mantes qui en devint l'acquéreur. Des réparations nombreuses étaient nécessaires, et, au cours des travaux, les ouvriers lirent une trouvaille singulière. Derrière la boiserie de la chambre jadis réservée à Amy Brown,. les menuisiers découvrirent un placard qui avait échappé aux recherches et dont ils s'empressèrent de forcer la porte. Il contenait un coffret de citronnier garni d'angles et de filets de cuivre, soigneusement fermé à clef. Ce coffret, d'origine anglaise, semblait remonter aux premières années

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du siècle (i). Il renfermait des papieis et des bijoux d'or sans grande valeur apparente, (|ui paraissaient eux aussi fabriqués en Angleterre. Après y avoir jeté un rapide coup d'œil, le menuisier déclara qu'il allait le refermer et le remettre au nouveau propriétaire. Qu'advint-il du contenu? c'est ce qu'il est bien difficile de tirer au clair. A en croire le propriétaire, on avisa aussitôt de la trouvaille MM. de Lucinge, qui prirent possession des bijoux et des papiers et autorisèrent l'acquéreur de la maison lirown à garder le coflVet en souvenir de sa trouvaille. Mais le prince René de Lucinge, interrogé à ce sujet, répond n'avoir gardé nul souvenir de cette histoire. C'est donc encore un mystère qui ne sera pas éclairci, et c'est la troisième des cassettes, qui abondent dans cette histoire, qui gardera une fois encore jalousement son secret.

(1) Ce coffret avait exactement 32 centimètres de longueur sur 21 de largeur et 12 de hauteur.

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