CHAPITRE XXX Le comte de La Roche
Bien qu'il eût une profonde affection pour sa femme, dont il avait été très sincèrement amoureux, et qu'il rendait en somme fort heureuse, le ■duc de Berry ne se piquait guère de fidélité conjugale et se passait souvent des fantaisies dont la princesse, si elle les eût connues, aurait eu grandement lieu de se plaindre. L'indépendance précoce dont il avait joui dès-ses jeunes années, jointe aux flatteries des courtisans de son père, avaient accru «ncore la fougue de son tempérament et l'emportement de son caractère, qui ne connaissait pas d'obstacles dans la réalisation de ses désirs. Il était aussi galant que l'avait été le comte d'Artois, mais il n'en avait ni les séductions, ni les grâces, et ce n'était pas, comme lui, aux grandes dames qu'il portait généralement ses hommages; les milieux les plus modestes ne le rebutaient pas lorsqu'il s'agissait de satisfaire un caprice ; au
312 LES ENFANTS MU HUC HK HEItlîY.
reste, il dissimulait soigncust'inciil à la princesse ses courses aventureuses et elle ignorait la plupart du temps ses galanteries et ses dissipations, qu'il considt^rait comme des délassements sans importance. Le public, qui l'aimait pour la rondeur de ses faç;ons et la franchise de son caractère, lui témoignait une indulgence qui peut paraître étrange, à cette époque un peu compassée et rigide de la Restauration. A chacune de ses frasques nouvelles, on invoquait l'exemple d'Henri IV, en concluant avec un sourire que bon sang ne peut mentir et que son descendant, lui aussi, était un vert-galant.
Il ne semble pas que la duchesse de Berry ellemême, forcément mise au courant, après sa mort,, de la plupart de ses légèretés, se soit montrée bien sévère pour ses nombreuses escapades. On raconte que, quelques mois après l'assassinat du malheureux prince, une vingtaine de femmes, toutes originaires de la même province, vinrent se jeter ensemble aux pieds de la duchesse, se déclarant toutes enceintes de ses œuvres. Marie-Caroline, qui, depuis quelques semaines, ne s'illusionnait plus sur la fidélité de son mari, si tant est qu'elle eût pu jamais le faire, demeura pourtant surprise et montra d'abord quelque incrédulité. •Cependant elle rappela ses souvenirs, rapprocha
LES ENFANTS DU DUC DE HEUnY, .W.)
les dates, et il demouru prouvé que, quelques mois auparavant, le duc de Berry avait lait un voyage dans la province qui lui envoyait cette députation singulière. Après réflexion, elle se contenta de sourire, en ajoutant avec philosophie : « Somme toute, la chose est possible ; le duc avait traversé la province, et son séjour à N... avait duré un peu plus d'une semaine! »
11 est permis de ne pas ajouter une foi entière à l'anecdote, mais il est bien certain que les solliciteuses, jeunes et jolies, le trouvaient généralement enclin à l'indulgence et avaient auprès de lui l'accès le plus facile. Une note de police du 24 septembre 1814 nous édifie sur ses habitudes :
« On cite la nomination dans les consulats d'un sieur Jourdot, qui a dissipé les fonds d'une recette qu'il avait. Cette nomination a été faite sur la recommandation par écrit de M. le duc de Berry. Ce prince termine sa lettre par cette phrase : « Son « épouse est charmante, elle a les plus beaux yeux: « du monde. » La lettre a été lue par tous les employés du ministère de M. de Talleyrand. »
Il est probable que la mère de M. le comte de La Roche avait, elle aussi, « les plus beaux yeux, du monde », car c'est en recevant d'elle un placet qu'il fut charmé par sa grâce et séduit par sa beauté, et qu'il réussit à se faire aimer d'elle.
<5li LES RNFANTS OU DUC DK lUCllK^ .
Parmi loiilcs les avonlurcs haiialcs ou viilj^aires «|iii oui o('(U|)('' lit jciiiu'sso du duc de lierry, il <'on\ icnl de faire une place à [)aii à celle liaison, ii'un loul aulre ordre que les précédentes, el qui ne saurait élre coulondue avec les caprices passagers et les fanlaisies nombreuses dont les héroïnes appartenaient pour la plupart à une condition peu relevée. M"" de La Roche était une jeune fille irréprochable, d'excellente famille, dont les parents, émigrés au moment de la Révolution, s'étaient retirés à Bruxelles, où elle-même avait vu le jour. Ruiné par les événements, M. de La Roche, lorsque vint la Restauration, se rendit en France avec sa fille, dans l'espoir de rentrer dans quelques-uns de ses biens ou d'obtenir un dédommagement. Un placet fut présenté; le prince vit la jeune fille qui était fort belle, et s'éprit de ses yeux bleus et de ses boucles blondes. Sous le couvert des affaires, il sut multiplier les rendez-vous et les réunions, pour se rapprocher de l'objet de sa flamme, et mériter sa gratitude pour le zèle qu'il apportait à la défense des intérêts de sa famille. M"° de La Roche était jeune et sans expérience, elle ne s'aperçut du danger que lorsqu'il était trop
tard Elle ne reprit point la route de Bruxelles,
et le prince la décida à demeurer en France el à rester définitivement auprès de lui. C'est de ce
I,i:s ICNI'ANIS DU l)t;c l)K HICItKV. .'{l.">
soiiliiiu'ul, où l'amour s'unissail ù la reconnaissance, quo naquit, en 4817, celui qui est aujourd'iuii le comte Charles-Ferdinand de La Roche, le seul fils encore vivant du duc de IJcrry.
Je sais combien ce dernier a le désir extrême de se tenir à l'écart et de se cantonner dans le silence; je ne prononcerais donc même pas son nom, s'il n'était pas nécessaire de le faire figurer dans le cadre de cet ouvrage et de le citer en première ligne parmi les enfants du prince ; l'obscurité voulue dans laquelle il a vécu a duré quatrevingt-sept années, et, durant cette période longue de près d'un siècle, le secret de son illustre origine était resté ignoré du public. 11 a fallu le bruit fait il y a deux ans autour de la postérité du duc de Betry pour amener la révélation de son existence. La curiosité s'est éveillée, les visites se sont multipliées, et le comte de La Roche, malgré sa répugnance, s'est vu contraint de subir les interviews •et de répondre aux questions des journalistes. En parlant de lui maintenant, je ne commets donc aucune indiscrétion et je ne viole aucune confidence, puisqu'il a eu déjà de nombreux biographes. Mais la sympathie et l'amitié dont il m'honore me font un devoir d'user de la discrétion la plus absolue, et, tout en rectifiant les erreurs qu'on a commises à son sujet, je ne parlerai de lui et de sa
,'{10 LES IvNFANTS DU Dl'C 1>K HKKKV.
iiitTO qu'avec hi plus grande brièvclé et la plus oxtrèmc r(5serve.
Disons d'abord que M"* de La Roche, dont certains auteurs ont voulu faire une sociétaire de la f.omédie-Fran(;aise, n'a jamais fait partie d'aucun Ihéiitre, où elle ne se rendait même pas en spectatrice, tant sa vie s'écoulait solitaire, loin de tout bruit et de tout éclat.
Du vivant du prince, qu'elle aimait, sa situation un peu délicate lui faisait rechercher l'obscurité et le silence, et après la mort tragique du père de ses enfants, sa douleur inconsolable l'éloigna du monde pour toujours. Le deuil dans lequel elle s'ensevelit à partir de ce moment devait durer toute son existence. Toute sa vie, elle a tenu ainsi à rester volontairement dans une retraite rigoureuse, s'efforçant en toute circonstance de passer inaperçue et de n'attirer jamais l'attention sur elle.
On a raconté qu'elle s'était mariée sous la Restauration^ et qu'elle avait épousé un amiral français; c'est une profonde erreur. M"^ de La Roche s'est consacrée uniquement à ses enfants et est morte fidèle au souvenir du prince auquel elle s'était sacrifiée. Après la mort du duc de Berry, elle fut l'objet de l'attention bienveillante de la famille royale, qui ne pouvait se désintéresser du sort de ses deux fils, el le comte d'Artois, devenu.
LES ENFANI'S 1)1 l)i;c KE ItKlUO . ."{IT
Charles X, n'abandonna pas non plus la joune mère. La coninuinication suivante, émanant du cabinet du Roi, en est la preuve :
« Le secrétaire du Cabinet a l'honneur dinl'ornier M""* la comtesse de La Roche que sa demande, après avoir passé sous les yeux du Roi, a été transmise, ainsi que les trois pièces communiquées, à M. le Préfet de la Seine.
« Les Tuileries, le 12 février 1825. »
On m'a conté, bien que je n'en ai pas eu la preuve, qu'elle mourut à A^ersailles , où elle occupait un appartement au château. On sait, en effet, qu'à la Restauration, un certain nombre de .personnages de marque et d'émigrés peu fortunés y avaient obtenu un logement en 1814. Ce ne fut qu'en 1828 que le château fut délivré de cette charge; mais M°'° de La Roche fut exceptionnellement autorisée à rester au château, et c'est là^ dit-on, qu'elle est morte à un âge avancé. L'aîné -et le seul vivant des fils de M"* de La Roche, né ■en 1817, est par conséquent âgé aujourd'hui de quatre-vingt-sept ans. C'est un vieillard alerte et aimable qui justifie pleinement son illustre origine, tant par la dignité de sa vie que par ses grandes façons et sa distinction native. Son étonnante mémoire a gardé fidèlement le souvenir de ses
.'J18 LES KNiANis iju nue iiK MEiun-.
années do jciuiosse; il se rappelle la messe des luilerios, où il assistait avec M""" do La -lioche, dans la sall<' dos Travées, ol le salon on il allendail avec les invités la soi'lio dos prine(*s a[)rès la cérémonie religieuse. Parfois, le Hoi s'arrêtait, lui caressai! la joue en souriant, et passait après quelques mots aimables adressés à la mère et à l'enfant. Il se rappelle tous ceux qu'il avait fréquentés : le duc d'Esclignac et le duc d'Almazan, le Dauphin et la duchesse d'Angouléme, et aussi M""" Récamier, chez laquelle le conduisait M. de Chateaubriand.
La disposition exacte de son appartement à l'Abbaye-au-Bois est restée présente encore à son esprit. En allant faire dernièrement un pèlerinage à cette célèbre demeure, avant Fenlèvement de la cheminée et des boiseries du salon qui viennent d'être achetées par un collectionneur, j'ai pu m'assurer que ses souvenirs étaient rigoureusement exacts et j'ai retrouvé ces lieux désormais historiques tels encore qu'il me les avait décrits : l'escalier à rampe de chêne et la salle à manger lambrissée, avec ses quatre dessertes dans les angles, pièce qu'il fallait traverser pour gagner le salon, et où il lui était permis de jouer tout à son aise. Puis le salon avec sa petite terrasse à balustres de pierre^ oii quelquefois s'accoudait Chateaubriand, et enfin
LES KNKANTS DU HUC DE BEIUIY. '.i\'.>
lu clianibrc à couclior qui vonail à la suito. Il a gardé le souvenir de la hcaul6 d(^ cette femme célèbre, qui souriait de son babillage enfantin, le prenait familièrement sur ses genoux et lui prodiguait les gâteries. Il se rappelle ses promenades au jardin des Tuileries, où il marchait près d'elle en la tenant par la main, et il n'a oublié ni ses naïfs étonnements devant l'admiration soulevée par sa grande amie sur son passage, ni sa stupéfaction croissante en voyant les passants qui retournaient la tète pour la contempler plus longtemps. Des souvenirs plus anciens, mais aussi plus vagues, lui restent sur ses visites à l'Elysée et sur ses entrevues avec son père. Il a reconnu encore cependant, en visitant le palais, il y a quelques années, la chambre écartée où on l'amenait secrètement quelques instants, de temps à autre, pour y voir le prince, qui l'embrassait avec tendresse, puis le congédiait hâtivement... Lorsqu'il quitta le collège de Versailles, où il avait fait son éducation,, le comte de La Roche trouva dans M""^ la duchesse de Berry une dévouée protectrice. La princesse, en effet, ne veilla pas seulement sur ceux des enfants de son mari qu'il avait avoués durant la nuit tragique, mais elle s'appliqua avec une admirable abnégation à remplacer le prince disparu auprès de ceux dont il avait été trop tôt séparé.
""3:20 l.FS KNl'ANTS DU DUC DE IlKItItV.
Tmilé paleiiu'llcnieiil pur le roi (^liarles X, il ii'avait pas voulu ciilrer à Saint-Cyr soits le gouvernemcnl do .hiillcl, cl, sur les conseils de Chateaubriaud cl du duc de Gramonl, il se rendit à Gral/, où la duchesse de Berry le reçut avec une bonté touchante. « Comme il lui ressemble! » s'était écriée la princesse en l'apercevant, lorsqu'il se présenta devant elle. Et le fait est qu'à cette époque, sa ressemblance avec le duc de Berry était frappante. La mode du moment proscrivait les moustaches, et le jeune homme ne portait, comme son père, que de courts favoris. Son portrait, à cet âge, placé à côté de celui du duc de Berry, donne l'illusion de voir le prince à l'époque de sa prime jeunesse.
La duchesse de Berry voulut traiter Charles- Ferdinand de La Roche de la même façon que la princesse de Lucinge et la baronne de Charette. Voici une lettre adressée par elle au chancelier de Pastoret M), qui prouve tout l'intérêt qu'elle lui témoignait :
« Païenne, 20 juillet 1836.
(( J'ai reçu, mon cher Pastoret, votre dernière lettre; je profite du départ du prince de Bauffremont pour vous répondre. Je savais déjà que le
(1) Intermédiaire du 20 juin 1903.
jeune La Roche avait quitté (Irai/ pondant mon absence; on m'a écrit de cette ville qu'il ne s'y est pas très bien conduit et qu'il a laissé plusieurs dettes, mais il faut mettre cela sur le compte de la jeunesse et ne pas faire voir que j'en suis informée. Je m'occupais de le placer, soit en Allemagne, soit en Italie, mais son départ de Gratz rend la chose impossible en Allemagne, et il y a bien peu de chance pour le placer avantageusement en Italie. Je trouve donc une excellente idée de l'envoyer servir en Espagne, et je vous envoyé cijointe une recommandation pour lui, que j'adresse au roi Charles Y.
« Je trouve que pour attirer sur ce jeune homme l'intérêt du Roi, il faudrait que Sa Majesté fût informée de sa naissance, mais d'une manière réservée et convenable, et sans que le jeune homme en fasse parade vis-à-vis de tout le monde. Dans ma lettre au Roi, je ne puis pas lui dire ouvertement la chose, je dis seulement que la naissance et la position de ce jeune homme m'inspirent le plus haut intérêt; il faudrait donc faire parvenir la vérité au Roi par l'entremise d'une des personnes qui l'approchent, à qui on pourrait, de Paris, recommander ce jeune homme.
(( Je n'ai pas reçu l'ouvrage de M. de Villeneuve, je l'attends avec impatience; dès que je l'aurai
.122 LES ENFANTS DU DUC DK HRRRY.
reçu, je lui répondrai. Dites bien des choses de ma part à votre bon père et à votre lentme et fille, et croyez, mon cbcr Pasloret, à toute mon amitié. »
Cette lettre n'est signée que des initiales de la duchesse.
Ce fut par son entremise qu'il fut placé dans uu régiment d'infanterie commaudé par son neveu, wS. A. R, l'archiduc Albert, dans une garnison voisine de Brunnsée, pour l'avoir plus près d'elle, et plus tard dans le célèbre régiment de cavalerie des dragons de la Reine, dont les officiers appartenaient pour la plupart aux plus grandes familles d'Autriche et aussi à celles de France qui ne voulaient pas servir sous Louis-Philippe. Voici ce qu'écrivait, le 18 janvier 18'^8, le, comte de Ghazelles :
«... Ces témoignages en faveur du jeune de La Roche ajoutent à l'intérêt que, dès les premiers moments, il a inspiré à M"" la duchesse de Berry. Son Altesse Royale est très disposée à lui en donner des preuves, mais elle ne le peut que dans la proportion de ses moyens, tous les jours plus restreints par les bienfaits qu'elle répand. Actuellement, les deux frères sont placés dans la seule carrière qui leur convient; l'essentiel est que le plus jeune ne tarde point à rejoindre son aîné. »
LES ENFANTS DU DUC DE DEHUY. li'i'.i
Le comte de La Koche a toujours conservY" lu plus vive gratitude à sa protectrice, dans l'intimité de laquelle il vécut même longtemps, après (ju'il eût quitté l'armée. Depuis 1850 jusqu'à la moit de la duchesse de Berry, il a passé de longs mois à Brunnsée, lui servant de chambellan et de secrétaire. La princesse, dont la correspondance était si étendue, se reposait sur lui pour toutes les lettres qui n'étaient pas adressées aux intimes et auxquelles elle se contentait d'ajouter un mot aimable et d'apposer sa signature. 11 n'a cessée depuis comme avant, de garder les meilleures relations avec la famille des Bourbons et, à Frohsdorff, était traité de la façon la plus affable par le comte de Chambord. Il a connu beaucoup de choses qui se passaient dans la demeure de l'illustre exilé, il a vu ceux qui y étaient reçus et de quelle manière ils étaient accueillis, et c'est à lui que je dois un grand nombre de détails nouveaux que j'ai recueillis dans ce livre.
Aujourd'hui, le comte de La Roche habite, à Gratz, un fort beau palais sur la Carmeliten Platz, où il termine une belle existence dans les souvenirs du passé. Il s'est entouré pieusement de précieuses reliques : la croix de Saint-Louis et le cordon du Saint-Esprit portés par le duc de Berry, son père, pendant la nuit fatale, et encore tachés de son sang;
324 LES ENFANTS DU DUC DE BEimV.
uno nu'^clio de ses cheveux et sou livre de chasse où, à l'iiislar de Louis XVI, il relatait jour par jour ses prouesses cynégétiques; puis le livre de dépenses de la comtesse d'Artois, sa grand'mère, et enfin d'intéressants portraits de tous les princes. Aux murs et dans des albums, d'innombrables croquis et dessins faits par lui avec une précision étonnante, et qui rappellent, à l'instar de son père, les événements multiples auxquels il a été mêlé durant sa longue existence. Car, héritier du goût qu'avait pour les arts le duc de Berry, il s'est livré à la peinture avec un véritable succès, et son habitation de Grat/ abrite des œuvres magistrales qui révèlent un talent qui sort tout à fait de l'ordinaire. Il est honoré de l'affection de Mgr le duc de Parme^ de tous les princes de la Maison de Bourbon et de M. le duc délia Grazia qui, dès son enfance, l'avait connu près de sa mère, à Brunnsée. Il est veuf de M"^ de Mézinac de Bachet, dont les ancêtres s'étaient distingués à la Cour des ducs de Savoie. L'un d'eux fut bailli de la noblesse et chargé de porter à Henri IV les actes de soumission de la province de Bresse. Cette famille portait le nom de Bachet de la Garde, qu'elle tenait d'une seigneurie située près de Bourg, qui fut vendue, à la Révolution, comme bien national. De son mariage, M. de La Roche n'a pas eu d'enfants.