‹ Les enfants du Duc de BerryChapitre 51 sur 57 · I.F.S KNKANTS DU DUC 1)1', MKUKY · texte numérisé non relu

I.F.S KNKANTS DU DUC 1)1', MKUKY

dcMix piMMiiicrs ; ç.Wo a lorl bien connu Diilicl (Je KcM'iKilcn , (jui iissisla à soa mariage et qu'elle vit souvent venir à Brunns6e,chez M""' la duchesse de Berry, et c'est là aussi qu'elle rencontra de Mothes de Blanche, qui s'y était rendu également à plusieurs reprises, pour solliciter la protection de la princesse.

Tous deux avaient servi dans l'armée autrichienne, en môme temps que le comte de La Roche. Celui-ci les a connus, mais ne croit nullement à leur origine bourbonienne. Il a servi avec Dufief de Kerbalen, alors caporal, et ne lui a jamais entendu émettre semblable prétention. C'était un beau garçon, gai et jovial, buvant sec et parlant haut, peu raffiné de façons et de manières. Il était peu difficile sur le choix de ses relations, et son instruction était fort sommaire. Jamais il n'oublia, paraît-il, ce que Madame avait fait pour lui, et il ne manquait pas de lui écrire au Jour de l'An et à sa fête. Quant à de Mothes de Blanche, il appartenait à une vieille famille de Saintonge qui porte : « d'or, à deux mottes de terre de sinople, mouvantes de la pointe de l'écu, surmontées chacune d'une rose de sable, au chef de sable, chargé de trois étoiles d'or ». Il était;, d'après M"" Harson, vraisemblablement le neveu de M"^ Coralie de Mothes de Blanche, qui habitait

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Yilleneuvo-d'Agon cl qui se montra amie résolue de la duchesse de Herry, lors des événements de Vendée et de la captivité de Blaye. Son père était colonel et il aimait à vanter sa fidélité à la cause des Bourbons. Caporal comme Dulief, c'était aussi un coureur de cabarets et de ruelles qui n'avait aucune chance de devenir officier; épais de tournure, avec des cheveux blonds si pâles qu'ils semblaient presque blancs, il n'avait de Kerbalen ni l'élégance, ni la gaîté.

En 1863, âgé d'environ quarante-huit ans, il demanda à la duchesse de Berry de le recommander à l'empereur Maximilien, sous lequel il désirait servir au Mexique ; mais la princesse ne put exaucer son désir. Pas plus que pour Dufief, M. de La Roche ne croit à son origine princière, et jamais, à sa connaissance, il n'a eu l'idée de s'en targuer.

Quant au D' Giraldès, dont le nom était prononcé dernièrement par un journal de médecine qui parlait de sa descendance du duc de Berry, je n'ai pu me procurer aucun renseignement sur l'origine à lui attribuée, vraisemblablement parce qu'elle ne repose sur rien. M. de La Roche seulement se rappelle avoir vu en Autriche, vers 1851 ou 1852, un individu porteur du même nom, qui est mort depuis de longues années, après avoir

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fait un long séjour en Chine. 11 n'a jamais ouï dire qu'il eût rien de commun avec le duc de Berry.

C'est M. Grave qui m'a révélé le P^^e Edmond, dont il avait appris l'existence par une lettre de M. de Monteyer, qui habite Manosque, dans les Basses-Alpes :

(( ... Il est à ma connaissance un Bourbon qui est mort il y a vingt-cinq ou trente ans^ qui était connu de toute la Provence et du Comtat-Venaissin. 11 s'appelait le Père Edmond; il était supérieur des Prémontrés, abbé crosse, mitre. Personne n'aurait osé contester son origine, tant il avait le type des Bourbons. Il passait pour le frère du comte de Chambord, qui le recevait d'ailleurs chez lui dans l'intimité et lui servait une pension. On disait qu'il allait aussi dans la famille de Charette. Ce qui est certain, c'est qu'on le regardait comme un grand personnage^, il était reçu dans toutes les familles aristocratiques du pays. Il recevait beaucoup de dons pour son église de Frigolet, où il officiait dimanche [sic] et fêtes avec le plus grand apparat. Je suis entré dans sa chapelle, tous les objets qui lui appartenaient étaient aux armes des Bourbons (avec une barre, je suppose!).

« Dans les rues d'Avignon, bien des étrangers

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avaient rillusion, on voyant ses vêtements blancs, de voir quelque pape revenu dans son ancienne résidence. Vous savez que, dans le Midi, Timagination joue un grand rôle. »

L'aulour de la leltre a donné, je crois, la conclusion naturelle à sa communication en parlant du grand rùle que joue l'imagination chez les populations du Midi; je n'ai pu découvrir rien d'autre sur le Père Edmond, et les questions que j'ai adressées à M. de Monteyer sont restées sans réponse. Une seule chose me paraît certaine dans cette histoire, c'est que le nom du Père Edmond est inconnu des anciens familiers de Frohsdorff et que jamais son nom n'a figuré sur la liste des nombreuses pensions servies par Mgr le comte de Ghambord.

La galanterie du duc de Berry a donné lieu à d'autres légendes. Pendant les Cent-Jours, nous l'avons vu, il s'était cantonné à Alost avec sa petite armée de fidèles. C'est de là qu'il venait faire de fréquentes visites à la belle Virginie, installée à Gand, où sa présence devait moins attirer l'attention. Mais les heures étaient parfois longues au camp d' Alost, et le prince avait cherché dans la petite ville quelques distractions qu'il avait trouvées sans peine.

« A son retour à Paris, dit M. Edouard Ramberg

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dans Louis XVIII cl les Cenl-Jours (Ij, h; duc d(.- Berry s'employa avec succès à faire restituer à la ville d'Alost le tableau célèbre de Riibens, La Peste, qui avait été enlevé de l'église Saint-Martin prn dant la Révolution française. On prétend qu'elle^ avait conservé de lui un souvenir d'un autre genre dans les rejetons d'une faiblesse ancillaire, dont le masque bourbonien trahirait l'origine. »

Nous n'en savons pas davantage, et il est permis de douter de l'authenticité de ce renseignement,, que M. Ramberg ne nous donne, du reste, que sous réserves. Le prince, sans aucun doute^, s'était passé de nombreuses fantaisies, mais il serait peu vraisemblable de supposer sans aucune preuve qu'elles aient laissé de si nombreuses traces.

(1) Louis XVIII et les Cent-Jours à Gand, par Edouard Ramberg et A. Malet. Paris, Picard, 1898.

CIIAPITHE XXXII

M"" DE Beaumont.

Peu après la publication des divers articles que j'avais consacrés, l'an dernier, au duc de Berry et à Amy Brown, j'ai reçu de nombreuses lettres de félicitations,, parmi lesquelles il en est une qui m'avait frappé d'une façon toute particulière.

« Vous avez d'autant plus raison, y était-il dit en substance, de douter du mariage Brown, qu'il y a, pour que ce mariage n'ait jamais eu lieu, une raison péremptoire : c'est que le duc de Berry était déjà marié;, et c'est mon arrière-grand'mère qu'il avait épousée. » La lettre était signée d'un nom qu'on m'a demandé de ne pas reproduire.

La communication me sembla si curieuse, que je me mis sans tarder en rapports avec mon correspondant. Il a bien voulu me raconter cette singulière histoire, et les recherches que j'ai pu faire de différents côtés m'ont permis de reconstituer dans son entier cette étonnante aventure.

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Ce dcsccmiant du duc de Berry est pasleur de rKgliseaiiglicane; ilestdc tradiliondanssaftimille que son arrière-grand'mère du côté maternel avait épousé secrètement le duc de Berry. M"' de Beaumonl était fille du comte de Gibaud, émigré avec tous les siens au temps de la Révolution, et c'est vers 1798 ou 1791) qu'elle se rencontra en Allemagne avec le duc de Berry. Le prince, à cette époque, était âgé de vingt ans, il était à l'armée de Condo et commandait un régiment de cavalerie noble. Les malheurs des temps rapprochaient les distances et affranchissaient des règles habituelles de l'étiquette. Les deux jeunes gens se virent, se plurent et peut-être se le dirent. Mais un départ subit, causé par les exigences de la guerre, vint interrompre l'idylle qui venait de s'ébaucher, et tous deux brusquement se trouvèrent séparés. Ce fut deux ou trois ans plus tard qu'une nouvelle rencontre eut lieu en Ecosse où le prince était venu passer quelques mois ou quelques semaines.

La séparation avait été longue et l'absence avait été cruelle; la jeune fille était fort belle et le prince fort entreprenant, elle céda à ses galantes entreprises; mais, fort pieuse et fort honnête, elle exigea qu'un mariage vînt régulariser leur union. Il se fit aux environs d'Edimbourg.

Le petit-fils de M"* de Beau mont qui, avant de

se consacrer au protcslanlismc, a été père jésuite à l'Université catholique de Dublin, puis prêtre séculier jusqu'en 1890, possède une compétence toute spéciale en ces questions de mariages religieux :

« L'Ecosse, plus encore qu'aujourd'hui, m'écrivait-il, était fameuse pour ses facilités en matières matrimoniales ; il y avait plusieurs façons de se marier, plus faciles les unes que les autres. Le mariage de la jeune femme et du duc fut légal, mais non catholique. Les églises catholiques étaient fort rares en Ecosse alors, mais cela n'empêchait pas le mariage d'être valide aux yeux de l'Eglise, les décrets du Concile de Trente n'ayant pas été officiellement promulgués dans la Grande-Bretagne. La même situation existe encore aujourd'hui. »

« Mais ce qui est surtout regrettable en cette circonstance, ajoutait le descendant de M"" de Beaumont, c'est qu'elle rend presque sans espoir toute recherche sur le mariage. » Du moins, toutes les recherches faites dans ce but ont-elles échoué jusqu'ici.

C'est du mariage susdit que serait né, mais plus tard, en 1807, Robert-Charles-Ferdinand de Beaumont, qui fut amené par sa mère en France à la fin de cette même année, âgé seulement de quelques

346 LES ENFANTS DU DUC DE HKHllV.

mois. 11 c'pousa liés jeune une demuisellc liriiyer de Lorme, d'Auvergne. De ce mariage na(juil, en 1832, Marie-Antoinette de Heaumonl, (jui lui mariée à un oflicier, anif're-neveu d'un générai français Alsacien, comte de l'Kmpire, qu'il ne m'est pas permis de nommer. D'où le représentant actuel, qui, après avoir fait la campagne de 1870 fort bravement, dans l'armée française, s'est marié lui-même à la fille aînée d'un lord chancelier d'Irlande.

Robert-Gharles-Ferdinand de Beaumont aurait montré à sa fille « un papier moitié imprimé, moitié écrit, en anglais, qui était le certificat du mariage du duc de Berry et de M"° de Beaumont, qu'il gardait précieusement, comme l'honneur de sa mère. Elle n'y avait pas pu lire grand'chose naturellement, mais était absolument sûre de ce que la pièce représentait ». Malheureusement, comme pour le certificat de mariage Brown, cet acte a disparu sans qu'on en ait pu trouver trace. Le fils du duc de Berry et de M'"" de Beaumont était d'humeur voyageuse, aimant le mouvement, la chasse, la vie active. Sa situation était difficile et délicate en France; il faisait donc de fréquents voyages, surtout en Italie, et particulièrement à Naples et en Sicile, oii, au dire de sa fille, il aurait eu des relations avec les Bourbons. Un jour,

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après un de ses dc'parts pour Naples, on penlil tout à coup sa trace et l'on n'eut plus de ses nouvelles. S'était-il aventuré dans quelque expédition et un malheur lui était-il arrivé? On croit qui) périt en Sicile, près de Castrogiovanni, sans qu'on ait jamais su de quelle façon. Avec lui disparurent les papiers ayant rapport à sa situation de famille, et notamment le fameux certificat de mariage de sa mère dont il ne se séparait jamais.

Mon correspondant connut tous ces détails vers 1861, alors qa'il avait une douzaine d'années. Sa mère crut devoir alors lui révéler son origine, parce que, jadis, en compensation de ce que le mariage du duc de Berry en Ecosse ne pouvait être reconnu, le roi Charles X avait promis à Robert-Gharles-Ferdinand de Beaumont et à sa descendance le titre de comte de Gibaud, au cas où ce titre viendrait à s'éteindre, et c'était ce qui venait de se produire par la mort de Léon de Beaumont, dernier comté de Gibaud.

Je me suis mis aussitôt en quête d'une généalogie de la famille de Beaumont-Gibaud, et voici ce que j'ai trouvé :

Léon de Beaumont, comte de Gibaud, épousa :

1° M"* de Saint-Mathieu des Tousches;

2° Le 8 août 1780, Jeanne de Lafaurie de Monbadon.

Du preniior lil iiaqiiirenl :

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