‹ Les enfants mal élevésChapitre 112 sur 125 · V. — LES DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

V. — LES DOMESTIQUES

La maîtresse de la maison a les meilleures raisons pour suspecter la régularité de conduite de sa femme de chambre : mais celle-ci coud si bien et coiffe avec tant de goût 1 Le cocher, d'habitude sacre comme un charretier, et de plus, fête quelquefois à l'excès la dive bouteille. Sous Fempire de l'ivresse, il perd conscience de lui-même, et tient des propos à faire dresser les cheveux à la tête.

Certes, depuis longtemps on voudrait s'en défaire : de pareils domestiques étant comme l'on dit une t vraie plaie » : mais il est le mari de la cuisinière, artiste émérite en son genre, que l'on ne veut à aucun prix éconduire...

Cependant la petite fille de la maison devient grande fillette, observe, remarque et dénonce les fugues de la camériste.

De son côté, le petit garçon s'est oublié, (ou plutôt s'est souvenu), au point de répéter les jurons les plus vibrants du maudit cocher.

Alors, les parents ne pensant plus ni à l'jurs aises ni à leurs goûts, s'empresseront de faire maison nette avant un mois. Ils chasseront les serviteurs

indignes, et les remplaceront par de braves gens qui peut-être manquaient de pain.

Le foyer y gagnera en respectabilité/, selon l'expression d'Outre-Manche, et Ton encouragera dans leur honnêteté, des pauvres qui s'étaient résignés à végéter tristement, au lieu de réussir en se montrant vils flatteurs ou fripons.

N'est-ce pas encore à l'enfant, que sera due cette bonne œuvre et cette très utile réforme ?

Page 1