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L'ATHÉISME SOCIAL: LA RELIGION

Tous les âges, et tous les peuples ont jugé téméraire cette entreprise contemporaine, à savoir : Tindifférence religieuse, socialement affirmée?

Écoutez les anciens eux-mêmes :

« L'ignorance du vrai Dieu est pour un Etat la pire c des calamités, » disait Platon.

Et Aristote: « Il est plus difficile de créer une soit ciété sans croyances, que d'édifier une cité dans les t airs. »

Puis Cicéron: « Il n'est pas de peuple assez barc bare, pour croire possible de se passer de l'idée de t la Divinité. x>

Sénêque, à son tour, voudra que l'enseignement suggère aux jeunes âmes la justice et la piété :jus~ ticiam ao pietatem.

Quintilien est plus explicite encore, quand il demande pour les maîtres, les hautes vertus: sanctitatern docmtis : le mot est remarquable.

Ce sont des païens qui parlent ainsi (1).

(1) Voirie Dictionnaire desscit'int- philosophiques par M. Franck, et les savantes recherches de M Martha sur les Moralistes an* tiens.

Consultez aussi les philosophes modernes. Voltaire, parlant de l'action divine dans le monde, s'exprime ainsi :

C'est le sacré lien de la société,

Le premier fondement de la sainte équité.

Autre part il s'écrie : « Un peuple athée serait une horde de brigands. »

« Sans Dieu, pas de vraie probité, » affirmera aussi

Rousseau.

« En dehors des notions religieuses, poini a'éduca- € tion morale possible, » répète de son côté M. Jouffroy.

« L'instruction populaire doit être religieuse, t c'est-à-dire chrétienne, » déclare encore M. Cousin.

Et il ajoute : « L'instruction répand Terreur ou la « vérité, la vraie ou la fausse lumière... On voit des gens très instruits et très immoraux. »

Pour être utile, l'instruction primaire doit être profondément religieuse, » conclut aussi M. Guizot... Si l'instituteur n'est pas l'auxiliaire du prêtre, la morale de l'école est en danger. » « Quel avantage, s'écriait Robespierre, (interpelc lant ainsi l'athéisme social de son temps), que! € avantage trouves-tu donc à persuader aux homc mes qu'une force aveugle préside à leur destinée, c et frappe au hasard le crime ou la vertu, et que « son àuie n'est qu'un souffle léger qui s'éteint aux « portes du tombeau t.... L'idée de son néant lui

c inspirera-t-elle des sentiments plus purs et plus « élevés que celle de son immortalité? »

Ne croyez-vous pas que de nos jours, Robespierre lui-même serait taxé de cléricalisme, et vilipendé comme réactionnaire...? N'a-t-il pas obtenu de la Convention cette profession de foi : «Le peuple « français croit à l'existence de l'Être Suprême, et « à l'immortalité del'âme. » (8 juin 1794.)

Notons enfin cette parole de Bonaparte : «L'homme sans Dieu, ah! je l'ai vu à l'œuvre en 93... î De cet homme-là, j'en ai assez! Pour former l'homme il faut mettre Dieu avec soi... Nulle société ne peut exister sans morale, et la morale implique des croyances. »

Nous ne combattons pas ici des théories, nous signalons des faits : l'éducation négative qu'on s'efforce d'imposer à la France.

Ainsi, au moment où les passions s'éveillent, où le besoin de l'indépendance se fait sentir, on ne prémunit pas l'enfant contre les attraits du mal qui l'entoure, ni contre les séductions d'une imagination ardente !

La provocation est certaine, la lutte inévitable... Et on l'envoie combattre sans armes pour se défendre, sans bouclier pour se protéger!

Pendant plusieurs années, il n'y aura plus pour lui de vie morale, mais une froide instruction... On développera ses facultés sans lui indiquer la direction qu'elles doivent prendre; on fera le vide autour de lui ; on ne donnera rien à cette âme avide de

vérité; on laissa" ce cœur se dessécher dans l'égoïsme et l'indimVtmce, et s'avilir quelquefois jusqu'à la dégradation.

Sa mère aura éveillé en lui des notions religieuses, alors qu'il n'en pouvait pas encore bien comprendre la signification; et, du jour où l'intelligence de l'élève saura chercher la pensée dans la formule qui l'enveloppe, le maître taira ces choses comme si l'on redoutait d'en rappeler le souvenir.

En un mot, l'éducation, indispensable à tout homme dans toutes les carrières; l'éducation qui survit à la mémoire des formules et des réminiscences classiques, sera mise en quelque sorte au ban des programmes scolaires, durant cette évolution décisive qui substitue l'homme à l'enfant, la liberté à la dépendance, la curiosité à la confiance, la passion ardente à l'ingénuité et à la candeur du jeune âge.

Tel est l'avenir qu'on prépare!

En une seule année, il y a eu, de l'aveu de M. le Garde des Sceaux, 398 suicides de mineurs, dont 67 de jeunes enfants.

C'est tristement significatif I

Ceux-là, qui se constituent les apôtres de l'incrédulité méritent bien qu'on leur applique le mot de Platon : « Quiconque attaque les Croyances n'aime c pas son Pays, car l'athéisme est la ruine même de € l'Éta>. »

Écoutez, en terminant, ces paroles dont l'importance s'accroît encore de l'autorité du nom qui les a signées .

Victor Hugo a écrit les lignes suivantes : « Quand la France saura lire, ne laissez pas sans € direction cette intelligence que vous aurez déve- « loppée : l'ignorance vaut mieux que la mauvaise

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