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COMMENT SE CONQUIERT L'AUTORITÉ

Deux systèmes sont en présence :

On a le choix entre un conflit quotidien, se prolongeant pendant de longues années pour n'obtenir aucun résultat; ou au contraire, quelques rudes combats, très rares, mais décisifs, d'où les parents sortent armés de la plénitude de leur autorité, et franchement maîtres de l'enfant.

Ce point a une importance capitale.

Êtudions-le attentivement.

Une guerre d'escarmouches, des engagements de tirailleurs, ne peuvent point obliger l'ennemi à rendre les armes.

Ces luttes de détail affaiblissent d'un côté, sans amener d'autre part la soumission .

Il y a des victoires ; et point de vaincu

Par contre, après une grande bataille, la paix s'impose.

De même, les parents qui font preuve de faiblesse durant la première jeunesse de l'enfant, sont assurés de subir dans leur autorité plusieurs échecs va? jour, et de s'affaiblir peu à peu jusqu'à l'impuissance, L'ENFANT s'ëNHARDISSANT, DANS LA MESURE MEME DES CONCESSIONS QU'lL ARRACHE.

Avec semblable procédé, F hostilité est à Vétai chronique.

Mais bridez Fenfant dès le début ; refrénez-le résolument deux ou trois fois ; et vous aurez ensuite la grande joie de pouvoir « rendre les guides » sans imprudence. Car sachant que vous avez la force et la volonté de le discipliner, il hésitera devant une révolte inutile : l'expérience lui ayant appris qu'il doit avoir le dessous...

La paix au foyer, sera donc en ce cas le régime normal ; et la lutte, l'exception.

Au moins les menaces, quand elles seront nécessaires, auront-elles un sens positif.

Rien de plus vrai : punir mollement , redisons* le, cyest punir continuellement.

Si Ton avait recours à la démonstration graphique, les deux signes suivants représenteraient assez bien l'histoire des premières années de l'enfance :

. crci m » • i

Dans le système d'autorité figuré par le tracé supérieur, après quelques écarts violents, réprimés comme il convient, on arrive à la ligne droite, à l'obéissance régulière...

Dans le régime des concessions que traduit la seconde ligne, l'inégalité du caractère et le nombre des observations, suivent au contraire un crescendo de plus en plus désordonné... Pas une surface plane ! pas une heure de calme !

Il importe pour engager la grande bataille qui peut être décisive, de choisir une circonstance, où la sagesse de l'ordre intimé est indiscutable, et manifeste.

Puis, l'obéissance doit être exigée jusqu'au bout.

Si en pareil cas on cède en quoi que ce soit, tout est à recommencer !

Tandis que, si la soumission est absolue, entière, il y aura pour l'avenir un précédent d'autorité, équivalant à une situation conquise.

En troisième lieu, que la faute une fois expiée, soit vite pardonnée, oubliée; qu'on n'y revienne sous aucun prétexte.

Que tout soit bien fini ; qu'on le dise ; et surtout qu'on le prouve à V instant même.

Après la pluie, le beau temps au plus tôt ?

En un mot, que la punition soit courte et sévère et le pardou immédiat et définitif.

Les observations nécessaires pendant le premier âge sont si nombreuses, (même en les réduisant

beaucoup), que l'on ne saurait trop redouter d'alté» rer longtemps l'heureux enjouement de la jeunesse

En créant un contraste complet et rapide, entre les chagrins de l'indiscipline et la paix qu'amène Pobéissancs, on aide le petit coupable à recouvrer sa précieuse gaieté, avec son cortège de ris et de jeux.

Il va sans dire, qu'avant de sceller cette paix, il faudra laisser passer quelques minutes, pour qu'un calme relatif se produise au moral et au physique chez le coupable.

L'amendement est presque impossible, sous l'empire d'une première émotion.

Un peu d'expérience apprendra le moment opportun.

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