‹ Les enfants mal élevésChapitre 53 sur 125 · PÉNITENCES ET PENSUMS · texte numérisé non relu

PÉNITENCES ET PENSUMS

Il n'y a point d'autorité possible à défaut de sanction. Ce point n'est pas à discuter.

Il importe donc de savoir punir, si l'on veut ètr# obéi.

A l'égard des jeunes enfants la correction corpo relie n'est pas à dédaigner, car elle est des plus efficaces, à condition avons-nous dit, qu'elle soit énergique : et rare ces deux mots résumant pour nous tout le système précédemment exposé.

Ce qui revient à dire, qu'un seul déjeuner au pain sec, vaut mieux que vingt privations de dessert; et qu'une seule fustigation « bien placée », préserve l'enfant de vingt « claques » insuffisantes..., de cent menaces. .., et de mille admonestations.

Dès lors, on comprendra combien, dans la famille, le piquet, la retenue et les pensums sembl ent regrettables, à cause même de leur durée.

D'abord ces pénitences, en privant l'enfant de l'exercice nécessaire à la digestion, et à l'activité générale, ne sont point sa»s inconvénients nour la santé.

ÎEn second lieu, le cabinet noir et le piquet ne ressemblent à une peine, qu'autant qu'ils sont prolongés : il faut plusieurs heures de « retenue » pour constituer un châtiment médiocre. Ce n'est qu'en augmentant, en accumulant l'ennui, qu'on obtient l'équivalent d'une pénalité.

S'imagine-t-on alors ce que « rumine » le petit coupable pendant tout ce temps... ! Voilà qui est déplorable à n'en point douter!

Il est constant que l'enfant s'aigrit le caractère, pendant qu'il boude, ou reste morose et sombre.

De là, notre antipathie résolue pour les longs sermons, et notre franche préférence pour les corrections lestes.

Et les pensums !

Obliger un élève à copier cinq cents lignes, c'est lui gâter la main; ne rien lui apprendre; et l'abrutir.

Autant il est bon de faire écrire dix fois, vingt fois, les mots dont l'enfant ignore l'orthographe, afin de les lui graver dans la mémoire; autant il est détestable de l'obliger à noircir, trois heures durant, un cahier de papier en manière de châtiment.

Ne vaudrait-il pas mieux lui imposer d'écrire une page calligraphique, dût-il la recommencer plusieurs fois s'il la néglige en rien.

Au moins, le travail présenterait quelque utilité.

*** Nous savons à merveille que, dans les pensions,

et dans les lycées, les modes vicieux de répression que nous signalons, sont à peu près inévitables, quel que soit l'âge.

Voilà précisément pourquoi, l'internat est un milieu très défavorable à la formation des caractères. L'enfant y vit dans une aigreur continuelle. Faire des niches, imaginer de mauvais tours, est sa seule attraction.

Défalquez de sa vie, les quarts d'heure de réprimandes, les heures de punition et les journées de rancune..., et voyez s'il y a place pour beaucoup de minutes de sérénité et de joiel

Étant donné que les remontrances ennuient sans grand profit, il semble expédient de les remplacer par de petites amendes, pour chaque omission ou faute légère.

Du moins, nombre de parents ont recours avec succès à ce procédé, dès que l'enfant est devenu grand.

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