‹ Les enfants mal élevésChapitre 54 sur 125 · LA PHYSIONOMIE CHEZ L'ENFANT · texte numérisé non relu

LA PHYSIONOMIE CHEZ L'ENFANT

Le système suranné du célèbre médecin allemand Gall, ne mérite guère mieux qu'un souvenir : nous voulons parler de la phrénologie.

Supposer en effet que les affections et les penchants de l'âme développent certaines parties correspondantes du cerveau, et se traduisent en bosses dès le premier âge, sur la boîte osseuse du crâne, était une idée curieuse, intéressante au premier chef.

Mais l'expérience n'a pas confirmé les hypothèses complaisantes de l'inventeur, ni celles de ses disciples.

La tête humaine était comparable aune carte géographique, avec ses localisations spéciales, ses « départements » déterminés, comme on disait. « Ama-

vite, combattivité, acquisi vite, etc.. » se reconnaissaient d'après ces auteurs, aux saillies ou protubérances de la tête. En un quart d'heure, toujours d'après eux, on était à même de connaître, par une seule inspection, lestendances de chaque enfant.

Ce serait merveilleux !

Seulement, les phrénologistes ne disaient point pourquoi les affections de l'âme se trouvaient groupées, (sans doute pour la plus grande commodité du système), précisément aux points extérieurs du cerveau, toute la partie intérieure en étant déshéritée.

Cette remarque des adversaires, était de nature à mettre en garde contre l'exactitude des observations consignées.

C'est ce qui est arrivé.

Mais si la phrénologie basée sur les «bosses » n'est pas scientifique, on ne saurait en dire autant de la physionomie, qui révèle par l'inspection des traits du visage, les inclinations ordinaires de l'enfant. « La dépendance mutuelle dans laquelle sont l'âme a et le corps, dit un auteur, fait que, tout ce qui agit o sur l'un, réagit sur l'autre. Et c'est surtout sur le « visage, que s'épanouissent les modifications de la c pensée. »

En effet, c'est sur la face, la plus noble partie de l'être, que s'affirment, se nuancent et se concentrent

LA PHYSIONOMIE ET LE CARACTÈRE Mi

les impressions de la vue, de l'odorat, de l'ouïe, et du goût. Les nerfs nombreux qui s'y ramifient lui donnent une exquise sensibilité, et les vaisseaux qui s'y distribuent, une énergie vitale extraordinaire.

La face, est la seule partie de l'être qui soit spiritualisée par la pensée !

Est-il vrai, comme on le voit dans certains ouvrages, que les sourcils mobiles et réguliers indiquent l'enfant vif et nerveux ; et que, si ce dernier est d'un tempérament calme et froid, ils offrent des caractères opposés? Est-il vrai que les cheveux blonds dénotent la sensibilité, et les noirs l'indépendance? Est-il vrai que le nez aquilin marque la puissance de la volonté? que petit et maigre, il annonce le penchant à la moquerie; gros et charnu, les tendances lymphatiques...?

Est-il vrai que la bouche fasse présumer l'intelligence quand la lèvre inférieure déborde, et la lourdeur d'esprit dans le cas inverse...?

Est-il exact que le menton saillant et pointu accuse la malice? que retiré en arrière, il soit au contraire le partage des enfants doux et tranquilles; que le cou épais soit le propre des coléreux, et le cou mince celui des gens timides...?

Nous ne savons.

Et il serait téméraire, croyons-nous, de formuler des principes absolus dans cet ordre d'idées.

Mais il y a une fenêtre , grande ouverte sur l'âme

de l'enfant, miroir merveilleux de clarté et de précision, où les parents peuvent voir dans toute son intensité et dans un jour éclatant le tréfonds de leur enfant...

J'ai nommé : les yeux.

Arrêtons-nous; et anaJysons-les quelque temps

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