LE RIRE : SON ROLE DANS L'ÉDUCATION
Modifiant quelque peu un mot connu, nous dirons, qu'vn enfant triste, est un triste enfant !
En effet, à moins que la souffrance ne l'étreigne, la jeunesse doit aimer à rire.
Les caractères sombres et concentrés ont absolument besoin d'être distraits, la tristesse étant un prodrome inquiétant qu'il faut surveiller de fort près.
C'est une anomalie qui décèle une maladie, soit physique, soit morale.
Un enfant qui ne rit pas, n'est ni ouvert, ni confiant. Forcément il est grognon, impatient et revêche ; en sorte qu'à la moindre contrariété, au moindre reproche, il deviendra boudeur et hargneux.
Et comme les avertissements ou les gronderies — nous l'wons dit déjà, — se chiffrent par centaines dans le courant d'un mois ; comme l'enfant doit être souvent contristé par ses parents ou par ses maîtres dans son propre intérêt, s'il n'a pas un grand fonds de gaieté de réserve, il passera
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une jeunesse morose : ce qui est pour lui îa chose la plus nêia^te qui se puisse imaginer.
Se représente-t-on un enfant aimable, ne riant •jamais .. ?
On ne concevrait pas davantage, en dehors de l'expression joyeuse, une figure d'ange reflétant à la fois l'aménité de l'esprit et les puretés d*e l'âme.
Au dire de Mme de Genlis, le rire vaut souvent mieux que les médicaments.
Et en tant que facteur dans une bonne éducation, il est vraiment nécessaire : rien ne le peut remplacer.
Il dilate le cœur, détend l'esprit, distend l'organisme, prédispose à la souplesse du caractère et à la discipline des organes serviteurs.
La passivité physique au contraire, encourage la passivité morale : « Voyez f il reste là comme un wiwr, comme une bûche! » s'écrie-t-on dans un mouvement d'emportement, alors que l'attitude négative du boudeur exaspère encore davantage.
Ces mots font image, et prouvent bien' notre thèse.
Quand l'enfant, ainsi gourmande, s'isole et se renferme en lui-même, il se place en face d'une mauvaiso compagnie : il ronge le frein, médite des projets
ic vengeance, et préparn sournoisement des représailles.
Une heure de bouderie lui fait plus de mal, que ne lui feraient de bien les bons exemples d'une femaine entière.