‹ Les enfants mal élevésChapitre 61 sur 125 · LA JOIE. D'APRÈS LES TEMPÉRAMENTS · texte numérisé non relu

LA JOIE. D'APRÈS LES TEMPÉRAMENTS

Le tempérament, remarque le docteur Belouino, influe beaucoup sur la joie.

Ainsi, les enfants sanguins, doués d'une excessive mobilité d'impressions et prompts à saisir les événements, se livrent volontiers et sans réserve à la joie ; mais ils ne l'éprouvent pas très vivement. Tout est superficiel chez eux.

Les bilieux, poursuit J'auteur du traité des Passions, plus défiants que les sanguins, plus scrutateurs et s'excitant en général moins facilement, demandent pour se réjouir des raisons plus puissantes ; ils ont une joie vive et durable.

Les nerveux, sont excessifs. Leur joie déborde impétueuse, comme leur douleur. Les motifs, les plus légers, les plus bizarres, les moins fondés, engendrent la gaieté capricieuse des enfants de cette constitution.

Les lymphatiques ressentent-ils ce sentiment ? Souvent il est difficile de lire à travers l'épaisse enveloppe de *~v.r cœur; et s'ils sont satisfaits, il est rare que la félicité intérieure illumine de clartés bien vives leur physionomie impassible.

Ils ont des contentements, mais non précisément de la joie.

Les mélancoliques, éprouvent cette émotion quand ils y sont en quelque sorte forcés : il faut qu'elle prenne pour ainsi dire leur âme d'assaut. Ils semblent faits pour vivre dans la tristesse, comme le hibou dansles ténèbres; et quand ils sont heureux, ils sont toujours un peu mécontents d'eux-mêmes.

La joie est chez eux un phénomène insolite, qui ne se montre qu'à de très rares intervalles.

Telles sont les appréciations de ce docteur, qui, au point de vue médical, fait ainsi l'apologie du sentiment dont nous parlons :

« La joie entretient la santé de l'enfant, facilite f la digestion, fortifie le corps et l'empêche de rest sentir la fatigue. Quand naît la joie, la nutrition « se fait mieux, les vaisseaux sont plus remplis ; « sous l'excitation d'un sang fortement hématose t par une respiration puissante, les exhalants fonct tionnent avec aisance, et il est constant que les t absorptions sont plus riches et plus faciles. Dans t ces conditions, le sang ne séjourne pas dans les « grands organes, et les affections qu'on nomme en « pathologie obstruction et congestion, ont moins t de prise sur l'organisme. »

Mais la gaieté est surtout la santé morale as l'âme enfantine : elle la maintient dans une douce sérénité «tdans une auiétude bienfaisante.

Plus un cœur est dilaté parlajoie,p£im7 y a place pour la bonté et la tendresse.

Un observateur, qui est peut-être un philosophe, a posé des règles qui permettraient, d'après lui, de reconnaître le caractère des enfants par leur rire.

Autant de rires que de voyelles :

« Les enfants qui rient en A, sont francs et bruyants.

« Le rire en E, est propre aux mélancoliques.

« L'I, est le rire habituel des personnes naïves, « serviables, timides, irrésolues : d'après l'auteur, « c'est le rire des blondes (?)

« L'O, indique la générosité et la hardiesse.

« Évitez comme la peste, ajoute-t-il, ceux qui rient « en U ; c'est la note des avares et des hypocrites. »

11 y a une part de vérité dans les règles précédentes, curieuses en dépit de leur exagération.

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