L'EGOÏSME
Ce défaut est suffisamment analysé, dans le portrait type que nous avcus esquissé de l'enfant mal élevé, à trois ans.
C'est le penchant capital à combattre dès les premières exigences.
Aussi, pour éviter des redites fastidieuses, ne nommons-nous ici Tégoïsme que pour mémoire, nous proposant d'examiner de préférence d'autres défauts dont il n'a point encore été parlé.
Contentons-nous de rappeler quelques lignes de M. Alphonse Karr : « On s'attache, écrit-il, à cac cher soigneusement à l'enfant en bas-âge, etsafai- « blesse et sa dépendance. On s'opiniàtre à det viner ce qu'il veut. On lui présente tour à c tour ce qui se trouve dans la partie de la chambre, t vers laquelle il a paru tendre ses petites mains,
« peut-être par hasard! On lui enseigne qu'il n'aqu'à « pousser quelques vagissements, pour que choses « et gens se hâtent d'accourir à ses ordres. Eh bient « c'est une indigne tromperie : on l'abuse ! Mais ce a n'est pas tout : on feint d'avoir peur de lui ; on lui « persuade qu'il est fort, que tout est esclave de sa « volonté. Ah ! je comprends combien il serait doux « de prévenir chaque désir de l'enfant ; d'émailler « toutes les routes de fleurs, toutes les heures de « plaisirs ! Mais restera-t-il toujours enfant, et res- « terez-vous toujours là pour le protéger?... Vous « deviendrez vieux et vous disparaîtrez. Avant cela e même, il s'élancera dans la vie avec des idées faus- « ses, rencontrant à la traverse les hommes et les « choses : ici se cassant la tête, là se brisantle cœur, t
Ces réflexions ne sont point joyeuses, certes 1 par malheur, elles n'ont rien d'exagéré.
L'égoïsme dessèche toutes les tendances généreuses; vampire insatiable, il se nourrit de la subs tance des autres, en les épuisant et en les absorbant.
Ainsi, il y a des enfants qui prétendent obliger leur mère (fût-elle brisée de fatigue et accablée de sommeil), à passer la nuit au chevet de leur lit, la main
dans la main Et l'illusion maternelle y voit une
preuve d'amour!
Comment appellerait-on alors cette touchante sollicitude d'une petite malade de six ans nous disant un jour : « Je ne me plains pas, afin que maman dorme bien trannuillo .