L'ESPRIT CRITIQUE ET L'ESPRIT CAUSTIQUE LES INTOLÉRANTS
1. — Que de fois n'a-t-on point répété que l'huma* lité est aveugle !
Ne serait-il pas aussi juste de dire qu'elle est borgnef... Expliquons le mot.
Il n'y a personne qui ne soit un assemblage de bien et de mal en proportions inégales : la différence dans ce rapport constitue l'individualité.
En effet, l'être le plus vertueux est sujet aux défaillances; et le plus grand criminel peut éprouver, à son heure, un sentiment louable, honorable, ne fûtce que le repentir..., cette vertu des coupables !
Or s'il en est ainsi, l'humanité apparaîtra à l'en-
fant, ou intéressante et sympathique, ou repoussante et méprisable, selon qu'on la lui présentera sous i un ou l'autre profil.
Pour donner à cette observation le relief qu'il convient, nous allons supposer les mêmes personnages dépeints par deux esprits, dont l'un s'attache de préférence aux vilains côtés ; et dont l'autre au contraire, se complaît dans l'indulgence et l'aménité.