‹ Les enfants peints par eux-mêmesChapitre 11 sur 58 · U BATHILDE · texte numérisé non relu

U BATHILDE

naissance , mais il est dit que j'arrivei'ai toujours troj) lard ! ... »

Bathilde était retournée à Paris.

Tout devait donc faire penser h Clémence qu'elle n'aurait jamais occasion de se rencontrer avec Bathilde. Le onzième mois depuis son entrée en pension était sur le point de finir, lorsqu'elle tomba malade : Mme dExpilly , dans sa tendresse maternelle, désira garder sa fille auprès d'elle, et pour ne point interrompre le cours de son éducation, Clémence suivait trois fois par semaine les cours de Mlle de Villabelle, alors fort en vogue. C'était M"'*" Bréval qui avait indiqué et en quelque sorte recommandé elle-même cette demoiselle à Mme d'Expilly. Mme Bréval connaissait donc cette maîtresse? pensez-vous sans doute. Nullement, elle ne la connaissait que par sa réputation , alors fort étendue ; mais depuis quelques mois , un nombre assez considérable de jeunes personnes étaient entrées chez elle, en pension, à la recommandation de Mlle de Villabelle; Mme Bréval n'avait donc fait qu'obéir à un mouvement naturel de reconnaissance en cherchant à lui être agréable h son tour , et il suffisait de la recommandation de la digne institutrice de sa lille pour fixer le choix de Mme d'Expilly.

Depuis quelques jours , Clémence suivait les cours de sa nouvelle maîtresse; elle avait entendu souvent ses jeunes compagnes prononcer le nom de Bathilde , ce nom qui réveillait en elle un vif souvenir du récit de Mme Bréval ; elle aurait bien voulu faire quelques questions , mais elle n'osait; on ne se lie pas aussi vite h un cours que dans une pension : là, les jeunes personnes ne se trouvent réunies que pour une heure ou deux ; la leçon commence presque aussitôt, on n'a donc guère le temps de causer. Un jour elle était allée avec sa mère faire une visite à Mlle de Villabelle; elle entre dans le salon; une jeune personne causait avec la maîtresse; Clémence la regarde avec attention.

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