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sur ce sujet. Vous pouvez le lui denmuder, si cela vous iuléresse beaucoup, « avail-elle ajouté en riaul. Cléuience n'avait cependant pas suivi le conseil ironique de son amie , et cela en était resté là. Mais revenue à sa pension, elle ne manqua pas de rapporter à Mme Bréval les éloges réitérés de Mlle Yillabelle. L'institutrice en parut singulièrement étonnée. « Je dois au moins une visite de remerciement à celte personne si obligeante pour moi ; mais, ne la connaissant pas, je serais ])eut-êlre un peu embarrassée dans les pi'emiers instants. C'est vous, chère en- Tant, qui me servirez d introductrice ; vous le voulez bien, n'est ce pas? — Oh ! certainement. Madame; Mlle de Yillabelle est fort aimable; et d'ailleurs je l'aimerais, ne lut-ce que pour le bien qu'elle vous veut. »
Le même joui", Mme Bréval et son élève se dirigèrent chez Mlle de Yillabelle. On entre. Bathilde était encore avec elle. Mme Bréval s'avance; mais au uioment où elle ouvre la bouche pour prononcer les premiers compliments : « iMiss Anna ! s'écrie-t-elle en pâlissant. — .Miss Anna! reprend Clémence avec une surprise qui n'était
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pas sans quolcjue iiuligiuition. — Oui , miss Anna , dii en .lonil)ant h genoux Mlle deVillabelle; miss Anna qui lui bien coupable envers vous, et qui, maigre son repentir, n'ose espérer son pai'don ! » Mme Bréval, étourdie, troublée, anéantie, la laissait h ses pieds sans prononcer un mot. (]e fut encore Bathilde qui vint vers elle, et, lui donnant la main pour l'aider à se relever : « N'est-ce pas , Madame , (|u'il n'y a plus ici de miss Anna , et que vous ne voyez <iue Mlle de Villabelle? — Oui, oui, vous avez raison, chère Bathilde; oui, Mademoiselle, vous avez bien réparé vos torts , et noblement agi pour les faire oublier. Mais comment?...— Avec du travail, de l'intelligence, interrompit Bathilde... — Et vos secours et ceux de votre excellente mère, avec ses bons conseils ; car vous avez été toutes deux la source de mon bonheur; et vous, surtout, n'avez-vous pas été , depuis un an , mon bon ange? Oh ! n'essayez pas d'imposer silence à ma reconnaissance , vous ne le pourliez..., et ne rougissez pas ainsi... Oui, Madame, quelque temps après être sortie de chez vous , je tombai dans la gène la plus cruelle... Ce fut alors que je me hasardai à m'adresser à Mme de Sauhr... Bathilde était présente à cette entrevue. Touchée, sans doute, de mon repentir et de ma souffrance , elle plaida ma cause... Elle avait besoin, dit-elle, d'achever son éducation... Mme de Sauhr eut la générosité de m'avancei* les premiers fonds nécessaires à mon établissement... Grâce à la bienveillance de la fille , à la générosité de la mère, j'ai prospéré; mais non sans pleurer cent fois ma faute , et sans appeler bien souvent votre pardon. — .le vous pardonne, Mademoiselle, je vous pardonne de tout mon cœur et suis heuieuse de vos succès, heureuse surtout de votre retour à des sentiments dignes de vous. Clémence, vous voyez que je n'avais pas flatté le portrait que je vous avais fait de Bathilde; vous la connaissez intimement depuis trois mois, et je suis