LA BONNE D'ENFANTS
soulève un instant, mais quand il faut le tenir pendant plusieurs heures sur le bras, cela ne laisse pas que d'èlre fatigant. «Petit fardeau pèse à la longue. » S'il peut déjà courir, elle jouera avec lui, et, le soutenant, le guidei'a après la balle qu'elle aura lancée devant elle. Elle excelle à faire cesser ses cris et ses pleurs par mille petites ruses. Tantôt elle appelle son attention sur le cheval qui passe <lans la rue; une autre fois elle lui fait oublier le sujet de son petit chagrin par une friandise donnée à propos. Les enfants se désolent et pleurent facilement; elle a donc besoin d'employer souvent ces petits moyens-là, et ils lui sont plus utiles qu'on ne pense. Une nière s'effraie facilement des pleurs de son enfant; elle craint sans cesse que l'on ne manque de complaisance pour lui. Son premier mouvement est de s'en prendre à la bonne , et de s'écrier avec vivacité : « Madeleine, vous faites pleurer le petit! » Si l'enfant se déplaît avec sa bonne, la mère prétend qu'elle lui a fait quelque méchanceté, ou qu'elle le ludoie en arrière; et de là à renvoyer la jeune domestique, il n'y a qu'un pas. Vous voyez donc que ses petites ruses lui sont importantes , puisqu'elles lui conservent sa place.
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A la maison, elle invente mille moyens pour l'amuser: