I.A BUNiNli DK.MA.NTS
côlé de la niaisoiiiielle de son père, deux ou liois arpenls de terre que ses frères cullivent à leur profit, et améliorenl tous les jours. C'est là qu'elle ira finir ses jours dans la paix et dans une petite aisance. Tant qu'elle pourra travailler, elle restera dans la famille où elle est entrée bonne d'enfants; elle s'y rendra propre à une multitude de services: elle sera tour à tour cuisinière et femme de chambre, et si un jour sa maîtresse devient grand' mère, elle bercera encore avec bonheur ses pelits-enfants, se rappellera pour eux ses premières occupations, et les aimera connne elle a aimé leur mèie. Voilà la bonne d'enfants que j'ai voulu vous faire connaître, et j'en sais plusieurs qui cadreraient très-bien dans le tableau que j'ai tâché de vous en tracer. Quant aux autres , vous les reconnaîtrez facilement à leur allure dégagée et pimpante, à leurs façons prétentieuses , à leur mise coquette, où abondent les rubans de toute couleur et de toute espèce; vous les verrez, à la promenade, jaser des heures entières avec les payses, sans s'inquiéter du pauvre petit, qui tombe à quelques pas d'elles, faute d'avoir été surveillé ou soutenu, et qu'elles vont relever brusquement , avec des paroles de colère. En effet, il est bien coupable, il a interrompu les graves confidences de ces demoiselles , ou les médisances qu'elles se permettaient réciproquement sur le compte de leurs maîtresses! Celles-là suivent la route fleurie, et vous savez où elle les conduira; nous ne les suivrons pas plus loin. Si , pendant votre enfance, vous ne vous êtes pas cassé de dent en toml)anl; si vous ne vous êtes pas brûlé dangereusement les mains et la figure; si, enfin, vous n'avez éprouvé aucun de ces accidents trop communs dans les premières années de la vie, accidents qui défigurent pour toujours , ou dont on porte au moins toujours les traces , rendez grâces aux soins de votre bonne mère d'abord, à la circonspection qu'elle a apporlée dans le choix de voire bonne; soyez reconnais-