‹ Les enfants peints par eux-mêmesChapitre 21 sur 58 · LA «UN M-: DE.MAMS · texte numérisé non relu

LA «UN M-: DE.MAMS

sanle aussi à celle-ci de ses alleiilioiis dévouées, et demeurez assurée qu'elle ne niellait point de rubans à ses bonnets, qu'elle portait des robes de toile, et ne connaissait pas le tablier de soie; soyez certaine surtout qu'elle n'avait pas de payses avec lesquelles elle passât des heures entières à bavarder quand elle vous menait à la piomenadc sans votre mère.

Je veux, en terminant ce sujet, vous prouver que, dans tous les états, et particulièrement dans celui des domestiques, on peut rencontrer des cœurs reconnaissants et des âmes élevées. C'est une petite histoire qui s'est passée en partie sous mes yeux, et qui ne peut être que bien placée en cet endroit.

Louis Gheure eût pu vivre dans l'aisance s'il n'eût pas été chargé d'une très-nombreuse famille. 11 exploitait une petite ferme aux environs d'Orléans; un travail assidu joint à une extrême économie ne pouvait qu'à grand'peine le mener sans dette d'une année à l'autre, d'autant que ses enfants grandissaient tous les ans, et, partant, augmentaient les dépenses sans accroître les revenus. Au train dont allaient les choses, Louis Gheure pouvait calculer le moment prochain où il lui serait impossible de suffire aux besoins de sa famille. Il voyait avec effroi s'approcher la gène, suivie de près par la misère. Mais il ne faisait pas seul ces tristes réflexions, et maintes fois déjà Catherine, sa fille aînée, s'était demandé si elle ne pourrait pas venir au secours de son pauvre père; mais elle se trouvait bien impuissante devant une si grande obligation , et la conscience de sa nullité augmcnlait encore ses chagrins. Dans le voisinage de la famille Gheure, vivait retirée une veuve que chacun estimait, et dont tous les habitants faisaient l'éloge. Son bonheur était de soulager tous ceux qui soufflaient , et , si sa forlune eût été plus considérable, il n'y eût })as eu de nécessiteux autour (l'exile. Mme de Verly employait quelque-

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