‹ Les enfants peints par eux-mêmesChapitre 23 sur 58 · CAPKICK · texte numérisé non relu

CAPKICK

aussi , avait mis ilaiis le cœur de la j<'uue lille uue exquise seusil)!lil(\Ellesavai( aimei'; el la crainte de désobliger ceux qu elle aimait , de leur causer quelque chagrin, tempérait ses plus violents caprices. Son cœur servait souvent de contre-poids à son imagination; mais, bien plus souvent encore, celle-ci emportait la balance, et alors il n'y avait plus moyen de lui faire entendi'e raison. Si l'on eût refouh^ ses petites volontés, elle eût pu tomber malade. — Malade d'un caprice rentré ! direz-vous? — Cela n'est pas ordinaire, je le sais bien, et l'on peut habituellement comprimer ainsi nos caprices sans danger; mais ce qui n'eût eu aucune conséquence fâcheuse pour mille autres, en eût pu avoir poui* Caroline. Cependant, à l'époque où se passe celte histoire, le mal avait fait tant de progrès, qu'il fallait songer sérieusement h y remédier. C'était l'objet des préoccupations maternelles deMme de Gernancé. Elle attendait avec impatience le retour de son mari pour pi-endre un parti déhnitif. Néanmoins elle avait commencé dès ce jour même à combattre suluilement l'ennemi ; eten laissant sa fdle maîtresse de sortir ou de rester, elle n'avait pas cédé à son caprice, comme vous pourriez le penser; elle en avait profité, au contraire, pour lui donner une leçon qui devait laisser des traces dans son esprit.

Emma el son amie étaient donc fort occupées. Vous ne devineriez pas h quoi?... de grandes demoiselles de douze ans?... Elles changeaient pour la dixième fois la toilette de MlleZéphyriue. . . Or, il faut que vous sachiez que Mlle Zéphyrine était une charmante poupée presque aussi grande que sa maîtresse, et qui sortait des magasins de Milard... C'était une superbe beauté; sa garde-robe était bien montée, je vous assure, et elle ne manquait ni de châles, ni de chapeaux, ni de tout ce que comporte la toilette d'une demoiselle élégante, et celle d'une paysanne coquette, puis celle encore d'une odalisque : enfin, c'était une chose digne de

Page 1